metal Métal > South Impact

Biographie > Tolosa HxCassoulet

A priori, du côté de Toulouse, il doit se produire un épiphénomène comme on peut en trouver dans la région de Besançon, mais au rayon HxC qui tabasse cette fois. Et pour cause, à l'instar de ses voisins d'Alea Jacta Est, de Hate Me Tender ou de Plebeian Grandstand, les South Impact font honneur au mouvement hardcore du sud-ouest dont ils défendent fièrement les couleurs, ce, avec une ferveur peu commune. Depuis 1995, South Impact crache ainsi son venin hardcore non sans déboîter quelques épaules au passage, mais connaît pas mal de soubresauts dans son histoire. Ce qui a pour incidence de ne voir le groupe sortir son premier album, intitulé Codex, que fin 2008 avec l'appui de la structure ariégeoise Deadlight Entertainment (Alea Jacta Est, Danforth, Drawers...), non sans avoir commis auparavant une démo et un EP (Initiate, 2007).

South Impact / Chronique LP > Codex

South Impact - Codex Avant même de commencer à rentrer dans le gras du sujet, on va commencer par un petit exercice de style, à savoir se frapper un top 5 des trucs qu'il ne faut absolument pas mettre dans une chronique d'un disque de hardcore afin de ne pas jouer avec les poncifs et les redites du genre. Donc déjà, comme éviter de dire qu'un groupe "déboîte une épaule", ou qu'il "martyrise nos rotules en concassant du riff qui dépouille". On se passera aussi du traditionnel "ça enterre mamie" ou du très facile "les voisins apprécieront forcément la décharge musicale à haute teneur éthylique" pour échapper à l'écueil d'un "monolithe infranchissable essuyant des assauts métalliques répétés portés par une rage brute qui suinte par tous les pores de cet album". Voilà, ça fait au moins cinq. Maintenant on peu se lâcher.
Sinon, on peut dire aussi que Codex aurait fait office de bande-son idéale à un épisode de Oui-Oui ou Père Castor, mais ce serait peut-être pousser la provocation un peu loin. De là à dire que le groupe s'offre une petite séance de désossage auditif en règle, il n'y a qu'un pas que l'on va s'autoriser à franchir, n'en déplaise aux esprits chagrins. Ou aux tympans sensibles. South Impact ne fait donc pas spécialement dans le raffinement feutré d'instrumentations polies et soigneusement orchestrées dans son coin, mais dans le règlement de compte musclé. Il développe ici un metal hardcore aux riffs injectés de sang, une musique dopée à la testostérone qui fait grimper la pression artérielle. "Another turn of the crank" s'annonce avec un sample qui fusille la foule (littéralement...), une mise en route qui nous plonge dans un sentiment d'urgence et de danger permanent accentué par la capacité qu'à le groupe à faire reculer l'échéance du déballage de riffs lequel se contracte uniquement sur la deuxième partie de ce morceau inaugural. Un chant en permanence sur la brèche qui semble chercher à tout prix le point de rupture, comme un hommage à un célèbre penseur politicien français actuellement en exercice.
Le résultat est ici inversement proportionnel et emplâtre brutalement la concurrence. Le groupe se retrousse effectivement les manches et n'hésite pas à se mettre dans le rouge pour obtenir le seul et unique résultat qui lui convient : carboniser des amplis. Une seule solution pour cela : "A cure for disease". Groove metal en mode hardcore "cassoulet", du gros son qui sait assouvir les appétits auditifs les plus aiguisés et une propension certaine à provoquer le choc frontal. Pour égayer l'ensemble, South Impact balance quelques répliques de films de circonstance : "Le monde se divise en deux catégories, ceux qui tiennent un pistolet chargé, et ceux qui creusent. Toi, tu creuses..." (Le Bon, la Brute et le truand), un légèreté d'esprit qui contraste avec le HxC qui bastonne que les Toulousains nous envoient dans les tuyaux ("So far away from me"). "Don't loose hold", s'avance sur le ring, toise son adversaire et engage directement les hostilités. Féroce. 2 minutes 39 secondes plus tard, l'ennemi est sonné. Le K.O technique n'est plus très loin alors South Impact relance la machine à uppercuts, se met en mode "thrash metal" et arrose les tympans de son distillat musical sauvagement burné ("The rebirth", "Switch off face"). Pas forcément révolutionnaire, parfois même un peu prévisible ("We share the flame") mais foutrement bien carrossé.