metal Métal > Sonny Red

Biographie > Quand Sonny voit rouge...

Natif de la cité phocéenne, Sonny Red voit le jour courant novembre 1999, sous l'impulsion de Jean-Laurent Ysern (chant), Julien & Thomas Tibéri (guitare et batterie) et d'un bassiste qui sera rapidement remplacé par Maxime Segovia. Axé fusion-metal, le groupe cherche d'abord à se forger une expérience scénique et déboisant à coup de tronçonneuse les salles de la région. Avec des retours plutôt positifs. Evoluant au fil des mois vers un hardcore des familles plus proche de ses influences musicales (Nostromo et Meshuggah notamment), le son du groupe cherche à s'affiner, mais Sonny Red va voir son line-up complètement bouleversé après quelques mois (années?) de vie commune. Si entre-temps, Thomas Hispa avait déjà remplacé Thomas Tibéri derrière les fûts, cette fois c'est grand ménage de printemps. Exit le chanteur et le deuxième batteur, bienvenue à Pierre-Marie Orsini (batterie) puis Christophe Abadjian (chant). Evidemment, l'approche musicale de Sonny Red évolue encore, se nourrissant des backgrounds musicaux de ses nouveaux arrivants, pour teinter son power metal hardcore de vocalises saturées mélodiques à la manière d'un Soundgarden, ou d'un chant clair et maîtrisé typiquement toolien. Après 5 années et demi de péripéties, le combo marseillais enregistre en 2005 son premier album Extent of soul. Un disque qui sort courant 2006 via Several Bleeds Records (Art of Falling, Shoemaker Levy 9, Every reason to...).

Sonny Red / Chronique LP > Extent of soul

sonny_red_extent_of_soul.jpg Dans la catégorie, "fracassage des vertebres cervicales et arrachage de tendons à la main", Sonny Red a trouvé sa place. Extent of soul débarque en force sur la platine CD et après un "Ekoban Part 1" en guise de petite intro tranquille, le déluge de violence brute commence avec "Pathetic life of a resigned ordinary man" et Sonny Red nous en colle pour un peu moins de 55 minutes de power-thrash metalcore bourrin qui fait mal. De quoi s'enlever deux dixième à chaque oreille après trois ou quatre écoutes intégrale. Des titres compacts, pas trop courts (rarement moins de 5 minutes, parfois plus même avec un "Venus" apocalyptique de près de 11 minutes), à la fois massifs, metalliques et agressif à souhait. Mais pas que... Distillant un metal aussi puissant que ravageur, Sonny Red aurait pu se contenter d'un exercice de style aussi monolithique et haineux qu'inutile. Au lieu de ça, le combo marseillais a mis dans ses compos des passages clairs qui allègent l'ensemble et permet au groupe de se distinguer de tous ses groupes qui ne savent faire que du bruit (l'énorme "Circle of lies"). Martyrisant ses amplis comme personne quand il s'agit d'envoyer du gros son, ou jouant la carte de l'intensité émotionnelle des passages plus calmes, les phocéens distillent des morceaux à placer entre le marteau et l'enclume, entre leurs compatriotes de Caedes et le modèle The Haunted. Evidemment, n'est pas Peter Dolving (frontman du groupe suédois), mais le cocktail, power thrash metal + influences prog + chant tantôt gueulard, tantôt apaisé, se révèle plus que détonnant. Une vraie déflagration que cet Extent of soul. Des guitares solides, un pillonage de fûts imparable ("Parasites") qui titillera affectueusement l'épiderme des coreux du coin, mais également des titres à la mécanique parfaitement huilée, certes, simple, mais d'une efficacité redoutable. Pour un premier essai discographique, cet album es un brûlot metallique furieusement incandescent, une bonne grosse mine déposée au coeur d'une scène "metal-core machin truc chose" hexagonale pas toujours à la hauteur des espérances. Mais cette fois, pour le coup en rajoutant encore avec son final en forme de symphonie métallique dôpée aux hormones, Sonny Red a mis un bon gros coup de boost dans la poudrière... en attendant de voir les effets lors du prochain effort.