metal Métal > Soilwork

Biographie > le sale boulot

Nouveau rejeton de la prolifique scène suédoise apparue peu de temps après In Flames, Soilwork se présente dès ses débuts discographiques comme un compromis agressif entre thrash et death-metal tout en jouant sur le terrain mélodique. Prometteur ? Pas que. Après un premier album qui aura secoué les milieux underground européens, le quintet prend de la hauteur avec The Chainheart Machine, un succès critique qui leur ouvrera les portes du label Nuclear Blast. Écumant les salles de concert, les suédois ouvrent déjà pour des pointures telles que Chimaira ou leurs comparses d'In Flames. Malgré des changements de line-up réguliers, le groupe tient la barre et frappe de nouveau sur la table en 2002 avec la sortie de Natural Born Chaos. Bien qu'acclamé, cet album est plus un passage vers un autre monde qu'une pièce maîtresse de leur discographie. Car avec Figure number five en 2003 et Stabbing the drama en 2005, Soilwork commence à percer aux USA jusqu'à passer dans le prestigieux Ozzfest. 2007 voit le retour du quintet sur le devant de la scène avec Sworn to a great devide, un 7e effort aux allures d'arme de destruction massive pour les cervicales. De nouveau sur la route, ils s'entourent de Sylvain Coudret (ex-Scarve) pour assurer la six-cordes, avant de l'intégrer, à proprement parler, dans la formation il y a peu.

Soilwork / Chronique LP > The panic broadcast

Soilwork - The panic broadcast Un titre et un seul, "Late for the kill, early for the slaughter", c'est ce qu'il faut aux Soilwork pour mettre tout le monde au tapis. Critiqué pour s'être parfois laissé vampiriser par les sirènes des grosses machines US, le groupe semble avoir chercher à se recentrer sur lui-même en compilant sur The panic broadcast ce qu'il savait faire de mieux, ce, malgré un artwork d'un goût particulièrement douteux.
Grosse puissance de frappe, assauts répétés de double pédale, technique aux petits oignons, des brûlots métalliques qui flirtent régulièrement avec les cinq minutes permettant au groupe de soigner ses structures, rien à redire, le nouveau cru des Suédois démontrent que ceux-ci ont toujours la santé, malgré le poids des années et d'une discographie déjà bien fournie. Empilant les parpaings sonores mid-tempo et bétonnant le tout à coups de "The thrill" mélodique mais ravageur ou de "The Akuma afterglow" bien burné, les bûcherons ont décidé de ressembler un peu moins aux grosses prod américaines et d'envoyer du gras à l'ancienne, comme ça vient. Une ogive thermo-nucléaire avec "Deliverance is mine", une bonne vieille séance de trépanation façon "instant suédois" sur "King of the threshold", quelques titres un peu plus "light" ("Night comes clean"), une petite dose de soli histoire de démontrer que techniquement, le suédois est tout sauf manchot.
D'ailleurs, rappelons qu'il n'y pas que des nordiques chez Soilwork puisque Sylvain Coudret est entre-temps venus rejoindre les rangs du gang scandinave et son compère de chez Scarve, Dirk Verbueren. L'alchimie est du reste absolue, The panic broadcast empilant les titres méchamment fuselés sur quarante-sept minutes pendant lesquelles le combo distribue les baffes en même temps qu'il ne s'évite pas quelques petites finesses bienvenues ("Epitome"). Et même s'il cède parfois aux clichés de la facilité mélodique ("Let the river flow"), ce nouveau cru propulsé par le mastodonte Nuclear Blast fait mieux que simplement remplir son contrat, confirmant au passage que non, les Soilwork ne sont pas trop vieux pour ces conneries.

Soilwork / Chronique LP > Stabbing the drama

Soilwork - Stabbing the drama Après la grosse claque Natural Born Chaos qui a permis à Soilwork d'exploser un peu partout sur le globe et un Figure number five s'attaquant notamment au territoire nord-américain, le combo suédois poursuit son oeuvre avec Stabbing the drama. Le verdict est heureusement / malheureusement sans surprise : le groupe ne propose pas grand chose de neuf mais ce qu'il fait, il le fait plus que bien. Gros riffs saccadés, présence vocale irréprochable tant sur le chant clair que les passages les plus braillards, une section rythmique marteau-pilon typiquement suédoise et une production maousse histoire de montrer qui est le boss. "Stabbing the drama", "One with the flies", "Weapon of vanity" défilent et les scandinaves déroulent. L'arsenal métallique du groupe est des plus impressionnants même si on commence à être habitué, sa stratégie de matraquage systématique est éprouvée et s'il va se révéler plutôt avare en surprise sur cet album (et les futurs autres ?), on l'a dit mais on le répète, il fait le boulot. Et largement mieux que nombre de contemporains boxant dans sa catégorie. Surtout quand il en appelle au headbang au détour de quelques refrains guerriers ou de deux/trois breaks assassins avant de finir le travail à coups de mélodies taillées pour le live. Efficace. Qu'on se le dise, le Suédois n'est peut-être pas le plus original à chaque fois, par contre, on peut lui faire confiance pour assurer un minimum syndical plus qu'honorable. Niveau exécution, c'est impeccable ("The crestfallen", "Nerve"), double pédale à l'appui et Soilwork livre son quotas de tubes métalliques nappés de quelques effets et dopée par un son très moderne, très produit, bref, très suédois (merci la référence In Flames). On notera au passage l'excellence habituelle sur certains titres au groove bien mastoc ("Distance", "Stalemate", "Blind eye halo"...) autant de titres particulièrement bien gaulés et démontrant que le groupe, bien que n'inventant pas grand chose et, ce malgré quelques ratés ("Observation slave" est assez pénible), a toujours le feu sacré et se débrouille forcément pour nous lâcher quelques bons vieux parpaings gueulards des familles.

Soilwork / Chronique LP > Figure number five

Soilwork - Figure Number Five Après quatre albums qui auront fait de Soilwork un des groupes les plus prolifiques du continent européen, les Suédois ont posé leurs instruments pour donner naissance en 2003 à leur cinquième effort, logiquement intitulé Figure number five. Acquise à l'ancienne en suant à grosse gouttes sur les scènes européennes, la notoriété du groupe ne fait que rajouter de l'enjeu à cet album. Attendu comme le messie en terre promise, Figure number five prend le côté mélodique des précédents albums pour le porter à son paroxysme. Mélodique, c'est bien le terme, mais quand on a l'habitude de l'agressivité des précédents albums, difficile de ne pas rester sur sa faim. "Mindmaker", "Cranking the sirens" ou "Figure number five" prouvent tout de même que les Suédois usent encore des outils traditionnels du genre "wall of sound" et riffs à la fois complexes et accrocheurs. Mais ! En cultivant leur côté plus accessible et mélodique, Soilwork réduit à un rien la frontière qui les séparent de leurs comparses d'In Flames, tant et si bien que nombreuses sont les harmonies de guitare, les lignes de chant qui sonnent In Flames ("Strangler" notamment). Les compositions obéissent à la même structure et à la fin de l'album, on s'ennuie franchement. En jouant sur tous les tableaux à la fois le quintet se perd un peu, même si cet album contribuera à faire connaître le groupe bien au-delà du continent.
Finalement assez homogène, Figure number five est un album très digeste, plutôt aérien. Sans hauts ni bas, il est néanmoins assez pauvre en surprises, surtout par sa proximité avec ce qu'In Flames peut proposer.