metal Métal > Sleeppers

Biographie > réveillez-vous...


Devoir présenter Sleeppers est un peu injurieux... Voilà plus de 10 ans que les Charentais basés à Bordeaux (depuis 93) secouent nos oreilles à coups de riffs soniques et ce, dans une indifférence quasi générale... Quasi car la presse et le public averti les connaît, les suit, les adore. Et à chaque fois, on se dit que c'est la bonne, que cette fois-ci, la rencontre entre ces génies et le public ne pourra pas être évité, que le choc sera frontal, terrible pour celui qui les avait évité jusque là. Interaction est leur quatrième album, il sort chez at(h)ome en septembre 2003 et arrive après Illogical moody mind (95), Subconscious nocturnal activity (96) et Cut off (2000) et également quelques autres EP (Noise pollution, Adrenalien, un Sleeppers live...). Espérons pour eux (Laurent à la basse, Fred à la batterie, Mamu au chant et à la guitare et Rapha, autre guitariste) qu'ils deviennent enfin incontournables pour tous.

Review Concert : Sleeppers, Sleeppers aux 4 Ecluses (juin 2007)

Interview : Sleeppers, 091105_making interview (nov. 2005)

Sleeppers / Chronique LP > Keep focus

Sleeppers - Keep focus C'est la vingt-troisième année d'activité(s) pour Sleeppers et seulement leur sixième album... qui arrive six longues années après Signals from elements et presque dix ans après Interaction : on ne dira donc pas que cet opus était plus qu'attendu... Les Bordelais mettent en avant leur goût pour le cinéma (ils sont plutôt friands des cinés-concerts) sur l'artwork (signé de leur vieil ami Arnaud Lacoste) et avec un titre (Keep focus) qui peut avoir plusieurs traductions : "garder la netteté" pour le cinéaste ou "rester concentré" pour l'auditeur... Et si leurs compositions permettent toujours d'imaginer des scènes de films, c'est bien entendu les sons et la concentration nécessaire à celui qui écoute que l'on retiendra... A ce propos, Fred Norguet (Ez3kiel, Lofofora, Sidilarsen...) a encore produit un travail titanesque pour rendre aussi bien sur album le son rugueux si caractéristique des Sleeppers en live.

Alors que l'on connaît le groupe pour son abrasivité et les qualités corrosives de ses riffs, Keep focus est plus calme, plus clair, plus lumineux que ses aînés. Certes, ce n'est pas ce qui saute aux oreilles à l'écoute des premières secondes de l'éponyme et rouleau-compressant "Keep focus" mais sur l'ensemble des pistes, il faut se rendre à l'évidence, Sleeppers est plus accessible qu'auparavant : "Skin" est presque pop (à l'aune du reste de l'opus bien entendu, la présence de De'Andre Gibson des Fishbone y étant certainement pour quelque chose) et "Divide" bénéficie d'une mélodie pénétrante et envoûtante (là, ce sont certainement les Ez3kiel les responsables, merci à eux d'ailleurs, le titre est sublime). Quant au chant de "Post traumatic", il est d'une clarté déroutante et le monstre "Hidden beauties" se révèle d'un calme et d'une luminosité rare : certes, le morceau monte en puissance à la mode post-rock et s'assombrit peu à peu mais même les riffs lourds qui le concluent sortent des brides de sons clairs. Les Sleeppers ont donc mis une sacrée dose d'inox dans leur rock métal rouillé, une grosse rasade d'eau pure dans leur alcool alambiqué, du bleu dans leur ciel orageux... Et ça surprend !

Ce nouvel album donne donc l'impression d'être moins massif, moins compact et moins homogène que les précédents qui nous tombaient sur le coin de la gueule sans que l'on puisse réagir, là, on le quatuor nous offre du répit, plusieurs chances de souffler, des respirations qui leurs permettent de nous replonger la tête sous l'eau de plus belle à grands coups de basse/batterie ("Now you are"), d'élans rageurs ("23 (Enigma)") et d'agressivité maîtrisée ("The box"). Si les Sleeppers évoluent et semblent s'adoucir quelque peu avec l'âge, tout cela est bien entendu très relatif car il s'agit ici de la référence made in France en terme de noise parfaitement dosée. Keep focus est donc une nouvelle démonstration de leur savoir-faire devant laquelle, il nous faut encore nous agenouiller...

[fr] Arnaud Lacoste (41 hits)External ]

Sleeppers / Chronique LP > Signals from elements

Sleeppers : Signal from elements Depuis Cut off, chaque nouvel album de Sleeppers est un évènement, le bloc Interaction avait fait mal, mettant à genou les auditeurs non préparés, après le sublime DVD 15.597_making noises, on avait du mal à imaginer que les Bordelais pourraient faire aussi bien sans tomber dans la redite. C'était les sous-estimer. Signals from elements continue de forger leur identité et d'apporter des idées neuves au métal rouillé made in France. Exploitant au maximum leurs possibilités et la durée d'un CD, les Sleeppers nous régalent à la fois de compos oppressantes et incisives ("Blacklisted", "Recycle V 2.0"), de titres plus reptiliens ("Undone", "Thrill") et ajoutent un monstre dénommé "Landscapes". Le son Sleeppers (guitares comme chant), toujours soigné par Fred Norguet, nous plonge dans l'opus après un sample d'intro et une petite phrase qui met tout de suite dans l'ambiance : I am the devil... Entre jeu aérien et souterrain, entre anglais et autres langues (espagnol, français), entre accélération et temporisations, Sleeppers nous en fait voir de toutes les couleurs, procurant autant de frissons que si Unsane et Tool avaient fusionné... Et si Signals from elements s'apprécie comme un tout, on peut en extraire quelques morceaux un peu plus "spécifiques", l'excellent "Tokio 3127" électro qui clôt l'album étant là pour nous ramener à la vie réelle, je parlerais davantage de "Ruines" et "Landscapes". "Ruines" débute comme un titre "classique" (sic) et les effets sur le chant qui donne l'impression qu'il n'est pas primordial, puis surgit Reuno (Lofofora) avec des textes en français qui prennent les devants du titre pour l'élever vers des sommets rarement atteints lors de l'apparation d'un invité. Les breaks électroniques et les relances complètement Tooliennes qui les suivent sont magistrales, les deux chants s'entremêlent, la batterie nous encercle, il nous faut juste rendre les armes. Bien que prévenu par la capacité à hausser le niveau, on ne peut réellement pas s'attendre à un autre morceau d'anthologie, et pourtant quelques minutes plus tard débarque "Landscapes", le monstre. Prés de 10 minutes de bonheur absolu qui débutent avec une ambiance orientale, la pression monte doucement, les toms résonnent, divers instruments placent quelques notes, un chant complètement (balkanique ?) halluciné nous prend à la gorge avant que ne vienne se placer l'imparable Landscapes, la suite est une course poursuite vers le paradis musical où nous sommes entraînés à coup de rythmes psychotiques. Impressionné par tant de maîtrise, on ne peut qu'applaudir, béats.
Bref, Signals from elements est simplement le meilleur album français de l'année.

Sleeppers / Chronique DVD > 15.597_making noises

sleepers : 15.597_making noises Certains groupes nous sortent un CD best of, un DVD live, un autre CD avec des raretés et ressorte l'intégralité de leur discographie à "petit prix", si tu veux l'ensemble, il faut faire un emprunt... Sleeppers aime la musique et respecte ses fans au point de tout regrouper en un seul DVD monstrueux ! 15.597_making noises n'est pas seulement l'occasion de faire le point après 15 ans de carrière, c'est aussi le moment choisi par les Bordelais pour se faire plaisir et faire plaisir à ses afficionados...
Commençons par cliquer sur "live" puis "play all"... On se retrouve sur la plage des Eurocks avec le monumental "Past life (II)", le son 5.1 nous saute à la gorge, il occupe toute la place et pousse les murs, puissance et pureté n'ont rarement fait si bon ménage et mon premier réflexe a été de vérifier (en suivant les zicos) que c'était bien le son live... tellement il est énorme... même sur l'instant aux Eurocks il n'était pas aussi magistral. Les concerts filmés en plusieurs endroits pour un DVD live, je n'aime pas trop ça, mais ici quand on passe au Noumatrouf (Mulhouse) ou au Rock et chansons (Bordeaux), ça se fait sans heurt et le spectateur n'est pas lésé... Idem pour les quelques effets spéciaux où plusieurs plans sont séparés (certains sur "Plasma effect" sont excellents). 9 titres parmi les meilleurs du groupe, un son à couper le souffle, une réalisation intelligente, des couleurs soignées, que demande le peuple ? (une version interminable de "One", c'est possible ?). Maintenant, je peux le dire, si les Sleeppers n'avaient offert que ce live en DVD, ça m'aurait amplement suffit... Mais non, après le pluvieux "Nervous heredity" des Eurocks 2003, le retour au menu nous propose...
"Records" ou comment écouter toute la discographie des Sleeppers jusque Interaction... Pour ceux qui, comme moi, ont découvert le groupe avec Cut off et ne penser ne jamais retrouver leurs anciens titres, c'est un régal... Illogical moody mind , Noise pollution, Subconscious nocturnal activity, Adrenalien, le Live (5 titres) et donc Cut off sont à écouter et/ou à découvrir... Je ne pensais pas qu'un jour mon lecteur DVD de PC tournerait en tâche de fond et pourtant... Il y en a pour quelques heures d'écoute et de plaisir à serpenter dans des productions aujourd'hui disparues des bacs...
Il me reste à exploser les bonus "Archives", de la vidéo et encore de l'audio sont au menu... Dès 90, un camescope avait capté le groupe lors de ses premiers émois, séquence émotion plus que bon son... De ces 6 titres vidéos, je retiens surtout la première version de "Past life" enregistrée en suisse avec un public "à fond" et "Surprise-surprise" chopé à Alençon en 2004 et dont la qualité sonore est impeccable. En audio il y a encore 6 titres à écouter, des titres versions démo (le plus vieux remontant à 91) mais aussi un "Bleu banane" rageur (un live de 1994) et "Yog sothog" qui était paru sur une compilation en 1995... Il t'en faut plus ? Et bien, il y a un poster dans le boîtier...
15.597_making noises est le DVD à posséder si l'on apprécie un tant soit peu le rock intelligent, indépendant et touchant des Sleeppers. Un must have.

Sleeppers / Chronique LP > Interaction


sleeppers interaction Le coeur d'Interaction est "Le bloc", morceau monumental qui justifie à lui seul l'écoute de cet album aux richesses pandoriennes, mais avant d'arriver à ces 7 minutes 27 de jouissance pure, on est entré dans le vif du sujet avec "Past life (part 2)", un petit sample traduisible par "tout le monde est ok ? alors prennez-vous ça dans la gueule" et les guitares gagnent une victoire expéditive sur notre esprit critique, on rend les armes, dés les premiers riffs, on est à genoux. Tous les effets (chant, grattes, basse) font mouche, nous gardent éveillés, affolés par la stéréo, notre ouïe est le sens le plus mis à contribution (nos yeux s'échauffent avec la plage CDRom et leur site, le reste ce sera pour les concerts...), même en étant sur le qui-vive, on se fait surprendre par des rythmes débordants d'énergie ("Evil minded", "8 inches"), des attaques foudroyantes (l'intro de "Plama effect" !!!) et des relances orgasmiques ("Learn to refuse"). Et même après 50 écoutes (voire plus !), le plaisir est toujours aussi intense ("O.N.E.", "Surprise! Surprise!" une reprise de Cop Shoot Cop -morceau paru sur leur Ask questions later en 93-...), les Sleeppers ne nous endorment pas. Fortement marqués à leurs débuts par les groupes noisy-core (???) américains, ils s'en sont détachés peu et à peu et les passages en français ("Plasma effect", "Le bloc") sont là pour rappeler au monde d'où viennent ces surdoués qui n'hésitent pas à faire intervenir une voix féminine et arabisante sur un "Mâdhârât / Nation" au refrain détaché. Rythme lourd entêtant, guitares déchirantes, textes discrets, "Le bloc" est là, pièce centrale du puzzle Sleeppers, il synthétise ce qu'ils font de mieux et met en avant à la fois la musicalité du groupe et ses talents d'écriture et d'architecture. Le meilleur titre du meilleur album français de l'année, à n'en pas douter.
Et Interaction ne s'arrête pas là... Sur la partie CDRom, on a un clip live, des photos prises en studio, et le "projet Trigger" qui offre 8 titres remixés par des amis (issus de Virago, Burning Heads, Seven Hate, Near Death Experience, Improvisator Dub...) qui proposent de nouvelles lectures et des ambiances différentes, bref de quoi ravir le fan et comme on l'est tous après l'écoute de l'album, on est ravi.