metal Métal > Skindred

Biographie > ex-Dubwar

Formé sur les cendres de Dubwar, groupe mythique des années 90, un des plus innovants de la scène alternative, Skindred déboule au milieu d'une scène chamboulée par les derniers phénomènes du métal. Pas tout a fait métal, mais d'une énergie hallucinante, Skindred prend le meilleur du métal, du ragga, du hip-hop et du dancehall pour former un mix vitaminé, capable de faire osciller plus d'une tête. Entre des guitares saturées, au son massif, quelques beats electroniques, une basse ondoyante, une batterie polyvalente, et surtout un chant polymorphe, capable d'un ragga au groove léthal, d'un sussurement mélancolique poignant, ou d'une rage métallique violente, le melange de Skindred et la magie qui s'en dégage ont une saveur incomparable, à la fois epicée et sucrée. Skindred a déjà tourné avec Machine Head, Disturbed, One Minute Silence, ... et risque de faire des ravages avec son Babylon ragga-métal...

Skindred / Chronique LP > Union black

Skindred - Union Black Quatrième album studio pour les ex-Dub War qui, quelques dix-huit mois après Shark bites and dog fights, reviennent balancer du gros ragga-metal qui tâche avec un Union black qui joue d'entrée savoureusement avec les mots (mais pas que). S'amusant en réinterprétant l'hymne national anglais, les Gallois provoquent un peu (le titre de l'album était déjà un jeu de mots...) avant de passer aux choses sérieuses dès le second titre et un "Warning" qui castagne déjà les conduits. Là finit de rigoler, Skindred envoie les secousses rythmiques, fait bouger l'auditoire et injecte en intra-veineuse son groove ragga histoire de mettre les neurones à l'envers en les dopant à coups de guitares salvatrices couplées à une section rythmique. Efficace... comme le sont ses séquelles immédiates, "Cut dem", "Doom riff" ou "Living a lie". Le flow est imparable, les arrangements rebondissent aux quatre coins du studio et si l'ensemble manque parfois d'un soupçon de puissance qui le rendrait littéralement foudroyant, Skindred assure le show, mais reste encore à distance de Babylon, certainement son album de référence.
On se dit quand même qu'en live, ça doit être quelque chose, surtout quand le groupe lâche un dubissime "Guntalk" dans la fosse reggae pour anesthésier l'auditeur avant de le sortir de sa torpeur narcotique en rebranchant ses amplis avec la bombe "Own you", mélodies rock en appui d'un socle metal au groove atomique et définitivement caliente. La preuve encore avec un "Make your mark" chaud comme la braise, agrémenté de petites touches électroniques qui font patienter l'auditeur entre deux assauts de guitares... même si la mélodie est ici un peu trop mainstream pour réellement rester dans les mémoires. Séance de rattrapage immédiate donc avec la harangue guerrière d'un "Get it now" ou l'indomptable "Game over" et ses penchants métalliques affirmés. Et si tout n'est pas à garder dans cet album (notamment un "Death to all spies" branché dancefloor et parfaitement poussif), Union black contient assurément son petit lot de torpilles soniques qui matraquent les tympans aussi bien qu'elles pulsent dans les éprouvettes dub/reggae/électroniques... Et Skindred ré-inventa le ragga léthal.

Skindred / Chronique LP > Babylon

skindred : babylon Premier album pour Skindred, mais déjà un son mûr et une énergie effroyable, c'est vrai Skindred ne sort pas de nulle part, et le passé des membres du groupe au sein de Dubwar a quelque chose à voir avec l'aspect homogène, travaillé, poli des morceaux. Produit par Howard Benson (P.O.D.) et mixé par Rick Will (Incubus), Babylon séduit par sa fraîcheur, son groove ragga et son énergie indissociable, alliée à la puissance du métal, aggrementée par l'intelligence, ajoutée au crossover. L'album commence sur les chapeaux de roues avec les tubesques et monstreux "Set it off", "Kiss and make-up" et "Selector", impossible de le lacher par la suite. Le très groovy "Nobody", le très folk "Babylon", et le pèchu "Bruises" permettant de rebondir par la suite, sur l'enchainement d'un mélange métal et ragga fort savoureux. Le son est dopé aux amphés, les guitares partent parfois sur des slides à la Clawfinger, en restant organiques, analogiques, le chant est... inqualifiable ? Benji, le chanteur de Skindred ayant un ton et une chaleur dans la voix reconnaissable entre mille, entre ragga endiablé avec une saveur de miel, et écorchements entre punk et hardcore d'un piment mélodique, quand Snow rencontre Machine Head et Dubwar...
Beat dancefloor pour commencer, un peu affadi, puis vite redopé avec un chant chaleureux, au groove accentué par une basse langoureuse, l'ambiance s'accelère sur "Set it off", gagne en decibels, en puissance, et Benji monte dans les aiguës -Yer you know that it's on- de façon un peu pincée, delicieuse, un côté Skunk Anansie, puis s'enflamme dans un ragga épuré. Basse hypnotique, boucle montante et descendante, interférences de guitares, puis un riff monstrueux, puissant, éxécuté doucement sans violence, presque avec douceur, qui prend de la rage au corps en s'affinant sur des palm-mutings pendant le couplet, la sucrerie prend fin et commence sur le couplet, langoureux, douce saturation, -Kiss and Make up-, avec une chant presque lointain, sussuré sur ces guitares soignées à la reverb, la batterie est volubile, décousue, l'atmosphère sensuelle se transforme en violence hardcore, barrage de guitare du plus bel accabit, brise sur la reprise presque insoutenable de ce riff entêtant, vrillant, brillant, "Kiss and make up". Dans la même veine langoureuse avec sa basse hypnotique, saturée, lentement entrant dans les esprits, "Sicker" est une gourmandise qui vire plus rock que "Kiss and Make up" ou "World domination", mais garde sa volupté typique de Skindred. Afin de faire pencher la balance du côté ragga, "Selector" et son ragga enflammé travaille dur, -Selector you got to pull it up-, ainsi que le très posé "The fear", guitare folk, accords égrainés lentement, beat presque éléctronique, synthétiser ambiant, voix qui part dans un ragga lent, à la saveur de reglisse, le refrain est un recueil de choeurs, ou la Jamaïque pointe son nez, le mélange est subtil, unique, délicieux. Perle caractéristique de Skindred , "Nobody" déroule son tapis de guitares métal, de chant penchant tendancieusement du côté ragga, le couplet est un délice, un chant épicé, chaleureux, qui se transforme insidieusement en un ragga enflammé sur un pont mirifique, chauffé par des guitares intermitentes, montée en pression qui débouche sur un déluge sonore, un rideau de guitare, attisé par des toms sulfureux, des choeurs en surimpression, -Some ah dem ah come ah try flex with dis-, et le doublage caractéristique de la voix de Benji, un peu plus aiguë, deuxieme montée en pression, et le déluge sonore de s'effondre pas, continue de mettre le feu, continue sa ritournelle destructrice.
Skindred et son ragga-métal, parfois tout simplement cross-over de ragga, hip-hop, rock et métal, frappe un grand coup avec ce Babylon impressionnant, enflammé, harmonieux, complet et original. Chaque titre présente une facette de Skindred, ou en accentue un trait de caractère, soit côté son, soit côté influences. Pierre angulaire de cet édifice, Benji ajoute ce côté humain, cette chaleur à des compositions parfois très musclées, la part de ragga achevant de convaincre avec son potentiel de groove impitoyable. La basse a son mot à dire dans les compositions plus orientées sur l'ambiance comme "Sicker" et "Kiss and make up". Le tout etant homogène et non disparate comme c'est parfois le cas chez des groupes aux influences aussi diverses.