metal Métal > Skinbleed

Biographie > ça va saigner...

"Chaque fin engendre aussi un souffle nouveau", un groupe s'éteint, un autre s'éveille et c'est ainsi que, sur les cendres de plusieurs autres groupes, Skinbleed vit le jour aux premières lueurs de l'année 2004. Repets et autres sessions de compositions s'enchaînent et en 2006, le groupe passe par la case studio pour enregistrer sa première démo : un EP baptisé Starving and burning qui voit le jour courant juillet de l'année suivante (avant d'amerrir dans la boîte du fenec sauvage à l'été 2008). Alors que la chronique dudit débarque dans les pages du W-Fenec, le groupe met déjà la touche finale à son premier album long-format : Against destiny.

Skinbleed / Chronique EP > Starving and burning

Skinbleed - Starving and burning Starving and burning, forcément avec un titre pareil, on se doute bien que Skinbleed va cogner sec dans les rotules histoire de nous mettre rapidement à genou. Comme s'ils avaient voulu prouver que leur ville natale pouvait autant livrer d'excellents groupes de rock/pop/electro/indus (citons en vrac Elevate Newton's Theory, Feverish, Holophonics, Hyde Park Corner, Ink ou Nenuko), que de groupes capables de produire un metal hardcore qui tabasse (on a déjà eu Stillrise dans le même genre), Skinbleed livre avec son premier EP un disque court, bref, compact mais terriblement salvateur. En deux mots : sanguin et épidermique. Elément à charge (sic), le groupe brasse large entre power-metal viril, thrash sulfurique à s'en faire exploser les veines, hardcore brutal au groove aussi agressif que ravageur ("Disguised macabre dance", "A ghost that walks"). Elément à décharge (re-sic) : il n'y en pas... ou alors très peu.
D'ailleurs comprendre pourquoi le groupe a pu se ramasser une ou deux chroniques désastreuses sinon assassines chez les voisins d'en face (qu'on ne citera pas, les voies du metal étant impénétrables) est au moins aussi intéressant à découvrir que le disque en lui-même. En même temps, Skinbleed ne fait rien qui n'ait été déjà fait ailleurs, mais nous jette en pâture quelques cinq titres d'un metal tourmenté et corrosif à souhait. Quelques éléments un peu faciles, des clichés pas toujours contournés habilement et peut-être l'absence de ce petit zeste de folie métallique qui apporterait un supplément d'âme à la musique du groupe... certes, Starving and burning a les qualités de ses défauts et les défauts de ses ... [on a compris l'idée]. Cela étant dit, au rayon metal "bourrin mais pas que", puissant, massif et agreste Skinbleed s'en sort largement avec les honneurs (le final bouillant de "Khaos aenima" notamment). Intro rock funky décontract, coolitude assumée, "Naked souls" modère sa rage brute, avant de faire parler les décibels dans un titre au format reprenant celui du "Blind" de KoRn, un poil trop peut-être, mais le résultat est là : c'est béton. Moins structuré, plus écorché vif, l'ultime et dernier morceau de cet EP voit le groupe poser une véritable chape de plomb sur le bien nommé "Shaped". Un dernier accès de rage pour un groupe qui n'a sans doute pas fini de faire parler la poudre...