metal Métal > Skeleton Crew

Biographie > Un squelette en béton

Douze ans déjà que Skeleton Crew existe au moment où il fait son apparition dans nos pages. Formé en 1994 (et je n'ai même pas eu à compter sur mes doigts...) sur les cendres du groupe Milicia, Skeleton Crew pratique à ses débuts un heavy thrash métal tout ce qu'il y a de plus classique, inspiré qu'il est par le monstre Slayer. Le groupe sort entre 1994 et 1999 plusieurs démos et EP (R.I.P Milicia, Lost in my nightmare...) puis son premier album autoproduit : Mirror of shadows et partage des affiches notamment avec Vulcain. A la suite de ça, SC connaît quelques remaniements au sein de son line-up. Un nouveau chanteur, un nouveau claviériste et un nouveau bassiste plus tard, le groupe voit son style évoluer vers des contrées plus sombres et proches du mouvement gothique.
2000, Skeleton Crew est produit par Stéphane May (The Old Dead Tree et sort un nouvel EP intitulé Shining blood. L'année suivante, le groupe change à nouveau de chanteur et participe à un tribute album à SUP. Entre 2003 et 2004, SC bosse activement sur son deuxième véritable album studio [unmuted] system. Un album qui suite aux occupations parallèles des membres du groupe, à divers soucis de label et de distribution, ne sort finalement que le 31 mai 2006, via Musicast.

Skeleton Crew / Chronique LP > [Unmuted] System

Skeleton Crew : [Unmuted] system_ Ambiance de fin des temps, sombre et opresssante, le thrash metal apocalyptique de Skeleton Crew produit ses effets au travers d'une section rythmique martiale implacable, de riffs tectoniques et de chant tendant vers le hardcore des mamies. D'entrée de jeu, que ce soit avec "Anthill" ou "SINsational being", le groupe ne fait pas dans la dentelle et envoie la sauce sans se soucier des conséquences. Et justement, le résultat est là : chant alternant entre néo puissant et hardcore acide, matraquage intensif des fûts, potentiel de destruction incontestable, Skeleton Crew frappe fort et ne s'embarasse pas des convenances. Décidés à rentrer direct dans le lard de l'auditeur, les frenchies n'y vont pas avec le dos de la cuillère, mais ne donnent pas pour autant dans le monolithique metallique. Délaissant par moments le metal pur et dur qui défourailles pour des construires patiemment des ambiances gothiques et caverneuses ("Dead end"). L'effet produit est redoutable, [Unmuted System] parvient à trouver un peu de diversité et surtout d'âme, alors même que son metal d'écorché vif tout en agressivité oppresse l'auditeur qui se retrouve enfermé dans une cellule musicale capitonnée de 3m2... sans pouvoir en sortir ("Sick sad world"). Entre force brute lancée à pleine vitesse et mélodies néo plus soignées, [Unmuted System] parvient faire son trou entre des groupes comme Ektomorf et Forcefeed. Décidé à annihiler les dernières poches de résistance, Skeleton Crew fait parler sa puissance de feu et y va au lance-flammes pour tout raser sur son passage, contemplant quelques secondes après le résultat ("Shining blood"). Brûlant comme l'enfer, lourd, massif, sans concession ("Cold cuts"), le groupe met dans cet album tout ce qu'il a dans le ventre et force est de constater que ça défouraille sévère. Certes ce n'est pas forcément d'une originalité extraordinaire, mais [Unmuted System] est un disque à l'efficacité ravageuse. A écouter très fort... surtout si vous voulez faire mal au voisinage.