metal Métal > Silmarils

Biographie > Cours vite

"Cours vite". C'est ce qui restait de la jeune et florissante épopée de Silmarils version 1993, alternative fusionnelle rafraîchissante et bienvenue à une époque où le peuple n'avait plus de prophètes, perdus entre le maigre choix que constituait les clans Telephone et Indochine. Plus tard, ce fut l'avènement logique du néo, barbarisme tragique pour un genre inévitablement décapant et décapé jusqu'à l'os par des centaines de clones n'hésitant plus du tout à prendre le hip hop par les Korn. Et Silmarils de s'effacer, éphémère retour d'un Original karma puis d'un Las Vegas 76 où s'il y avait du sport, il manquait un peu de sueur dans les vestiaires du groupe francilien le plus talentueux de sa génération. Mais alors que le néo oublie d'être nouveau, ce sont ceux que l'on attendait le moins qui viennent lui poser cette banderille assassine entre les deux yeux. Tué ou être tué, 4Life les Silmarils ont fait leur choix. Rien ne sert de courir...

Interview : Silmarils, Gravés dans la roche (octobre 2003)

Silmarils / Chronique LP > 4Life

silmarils 4 life Il y a du manifeste dans l'air, comme un parfum d'auto-analyse suggestive gonflée d'une sacrée dose de détermination à faire pâlir un indépendantiste corse. Entre méthode Coué assumé et revendication vengeresse d'une place de leader qu'ils n'auraient jamais du quitter. C'est même le thème principal d'un album qui aurait pu tout simplement s'appeler "Life" tant il respire à plein nez le retour du royaume des morts, le démantèlement du purgatoire. Les Silmarils relèvent la tête, repoussent la pierre tombale et l'étiquette sous laquelle on a voulu les enterrer vivants, défoncent le portail rouillé du cimetière des has been pour aller prendre un bon bain de soleil et de jouvence. Les franciliens revendiquent une honnêteté à toute épreuve ("Pour ça"), une volonté jamais dévoyée ("Je ne dois rien à personne"), un état d'artiste qui ne s'est jamais laissé aveugler par les lumières des projecteurs ("On n'est pas comme ça", "Quoi qu'il en reste") pour mieux se concentrer sur leur propre "Guerilla" urbaine et musclée ("Animal"). C'est bien de ça dont il s'agit d'ailleurs, et quand David Salsedo ne parle pas de son groupe, de sa vie, c'est pour cracher son dégoût de la violence comme argument électoral ("Grass smocking"), des fils à papa embourgeoisés ("Folk song") et surtout de ce "gangster en costard qui fête à l'Elysée sont mot de retard pour le mitard" sur un "Troisième tour" au riff dévastateur et aux rimes qui font froid dans le dos. On passera rapidement sur les vestiges d'une rencontre avec Superbus sur le power-pop "Always shine" qui contraste férocement avec la puissance de feu déployé ailleurs par des Simarils qui réinventent le mot fusion à coup de guitares tranchantes, d'une basse lourde de 10 tonnes et d'un flow maîtrisé à la perfection par l'animal Salsedo, loin des jérémiades des néo-métalleux dreadlockés. Tout ça pour conclure en beauté par un "Smart" désopilant et remuant, aux frontières du réel. Très classe.