metal Métal > Sikh

Biographie > ça te soigne...


Combo de, dixit la bio du groupe, "giga néo-brutal core" (traduction, du néo metal qui va beaucoup plaire à tes voisins), Sikh est né au début des années 2000 du côté de Nice. Influencés par les Meshuggah (et ça s'entend), KoRn (parce qu'il faut un peu faire comme tout le monde), SYL, The Dillinger Escape Plan (là, tout de suite, c'est moins évident), Pantera et Primus pour ne citer que les principales, Sikh fait ses premières armes avec une démo auto-produite intitulée Reset diagnosis. Une réussite qui permet au groupe de figurer sur le tracklisting de la compil metal Meltdown project.
Une nouvelle étape pour Kal (chant), Gael (batterie), Nico (guitare) et Boz (basse), avant une signature chez Versus (le label, pas le magazine) et l'enregistrement d'un premier effort, un album éponyme, composé de 9 titres gravés dans le marbre et la fureur, qui sort en octobre 2005. Les échos sont particulièrement positifs d'autant que le groupe se défend particulièrement sur scène. 2 deux ans plus tard, Sikh a rejoint le roster du label Dirty8 et S-Core, Housebound, Superbutt ou X-Vision et prend part au Dirty8 tour en même temps qu'il sort son deuxième opus studio : une bombe à fragmentation baptisée One more piece.

Review Concert : Sikh, Dirty 8 Tour 2007 / Episode 7 : Bourg-en-Bresse

Interview : Sikh, Sikh-erview (Janvier 2006)

Sikh / Chronique LP > One more piece


Sikh - One more piece A l'approche du réveillon, avant de se préparer à dévorer la dinde et à en garder sous le coude pour engloutir la bûche et d'enchaîner sur les treize desserts, on peut aussi se payer une petite dose d'équarissage auditif avec le deuxième album studio de Sikh : One more piece. On appuie sur "on" et dès la mise en route, pas de doute, ça cogne dur. "The Quake" est envoyé brutalement dans les gencives par les niçois et le groupe, plâtrant à tout va, ne se gène pas pour y aller gaiement. Son groove-metal est aussi abrasif que ravageur, véritable appel au headbang, "5 seasons" vient apporter la confirmation de ce que l'on pensait tout bas après la secousse du premier titre : ce One more piece est plus puissant, plus incisif, plus produit, plus efficace, bref, plus tout, que le premier effort du quartet sudiste. Ce qui n'est déjà pas une mince affaire, Sikh étant déjà une bonne claque dans son genre. Alternance plans calmes mettant en exergue les mélodies et séquence de matraquage sauvage des tympans, le groupe ne retient jamais ses coups et lâche ses uppercuts sonores avec une précision chirurgicale ("Halcyon days"). Conséquence directe de ces petites séances de débroussaillage des conduits auditifs, ça balance et ça groove à mort. Les riffs nu-metal parviennent à sortir des ornières un genre pourtant moribond, même si réduire le groupe à la simple étiquette "néo" est bien évidemment réducteur.
On se souvient : "giga néo brutal core" disait la bio... Ici on parlera plutôt de nu-groove metalcore, mais avec respect, tant la force d'impact de Sikh en laissera assurément plus d'un sur le carreau. Et pour preuve : un "Hollywood" passé à la sulfateuse façon KoRn des grandes heures, puis un "Hammering the sun" tout en injection léthale de testostérone pure, et le groupe poursuit son chemin sans être vraiment inquiété par le jeu des comparaisons. Guitares turgescentes, riffing massif, section rythmique qui bétonne sans se gêner et prod énormissime, Sikh nous balance en pleine face le puissant "Ocean" aux effluves d'un Machine Head qui auraient été croisées avec celle d'un Pantera et d'un Ektomorf. Résultat ça cogne sec, ça pulse dans les éprouvettes et les niçois nous déposent sur la platine leur plus puissante arme de destruction massive. Une boucherie sans nom. Relâchant la pression sur le plus apaisé "Ballad of the harmless", le combo prend une petite respiration avant de relancer la machine encore plus fort. Avec l'énorme "Psychotro" d'abord, tubesque torpille métallique qui vient exploser les enceintes puis avec l'éponyme "One more piece". Efficace. Véritable entreprise de démolition musicale, le groupe a le riff facile, la précision d'un tireur d'élite et le groove qui dérouille... Un "Box my balls" chargé en effets avant que "Slaves of the 70's (Wisky)" ne se charge d'administrer la dernière dose de metal sulfurique et les Sikh peuvent appuyer sur "off" avec l'assurance d'avoir confirmé tout le bien qu'on pensait d'eux après leur premier effort. One more piece étant à bien des égards une vraie claque métallique, à l'artwork particulièrement réussi, signé par un "petit" groupe qui a déjà tout d'un grand...

Sikh / Chronique LP > Sikh

sikh_artwork Néo-metal bourrin, émo-core puissant, Sikh n'est-il qu'un combo de plus jouant sur un terrain déjà largement défriché par les KoRn et consort ? Pas exactement. Certes, les samples qui ouvrent "I can't take it" peuvent faire penser à Spineshank, mais le combo niçois possède quelque chose de plus, une sorte de colère sourde et lancinante qui ne demande qu'a exploser. Telle une bête féroce enfermée dans sa cage et ne cherchant qu'à laisser exprimer ses instincts les plus primaires, Sikh fait mal... très mal, d'autant que, juste avant "I can't take it", le groupe nous avait mis une grosse mandale en pleine face avec un "Malingo" qui laissera du monde sur les rotules.
Alors que "I can't take it" est encore imparfait (chant pas complètement convaincant, ruptures de rythmes un peu trop abruptes), on sent bien que le groupe en a sous le capot... et le prouve sans attendre. Quelques textures éléctroniques, le temps d'un interlude plus apaisé ("Choirs") et Sikh te démonte les cloisons à coups de riffs massifs. Fiévreux, insidieux, diabolique, le groupe relâche la bête en liberté à l'occasion d'un "W.E.A.R.E" furieux et destructeur, à situer quelque part entre du Machine Head, période Burn my eyes et du Ektomorf (façon Destroy). Le tout avec un sens du riff meurtrier, une section rythmique qui assomme la concurrence et une prédisposition à varier habilement les ambiances, en s'offrant quelques passages calmes et mélodiques du meilleur effet.
A l'occasion du très éléctro-metal "Foofipe city", glacial et clinique, le groupe s'offre quelques lignes de gratte hyper accrocheuses et des rythmiques carrées et saccadées qui donnent à ce titre un petit côté Static-X. Sikh a visiblement bossé ses classiques, pour mieux les passer dans le mixeur et en ressortir un cocktail guerrier et chargé en testostérones, avec un "Ground zero" rageur évoquant le chaos du 11 septembre 2001, un peu à l'image d'un "Maderica" qui se veut être son prolongement direct. Sans réussite, le groupe semblant chercher sa voie sur ce titre très néo-metal gueulard, un peu foutraque, à tendance post-apocalyptique, mais au final, ni original, ni foncièrement accrocheur.
Telle une chimère, le très bref "Blizzard" puis la monstrueuse hydre à sept têtes "Planet B" développent un metal organique et menaçant jusqu'au "Kallaghan V1.02" final. Un mur de son et de guitares, assez progressif dans l'âme. Un titre trempé dans l'azote liquide et qui conclue assez étrangement un album féroce, enragé et beaucoup moins monolithique qu'il n'y paraissait au premier abord. Une claque impressionnante. Des survivants ?