Interview : Interview croisée : Out-Shovel (février 2000)
Chronique LP : Latitude 60° low
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Shovel > Interview / Interview de Shovel (mai 99)
Après de TRES long mois d'attente, voilà l'intégralité de l'interview de Shovel retranscrite. Les deux premières questions de l'interview sont complètement passées à la trappe, après un problème de dictaphone, et que Pôl eut recommencé, la première fatidique question par trois fois. Comme le dictaphone à continuer d'enregistrer comme bon lui semblait, les coupures sont indiquées par (...), on s'en excuse par avance. Avec un peu de difficultés, on a essayer de retrouver partiellement ce qui à été dit, grâce aux notes de Drine-Drine , -)).
On vous souhaite bonne lecture, et de ne pas prendre notes des coupures dictaphone. Mort aux Dictaphones Récalcitrant , -(
Vous avez senti que vous étiez attendus sur cette première tournée française ?
Franck : Moi, personnellement, j'ai pas eu l'impression qu'on était attendu.
Vous allez jouer aux Eurockéennes, qu'est-ce que vous attendez d'un concert comme celui-là ?
Franck : Pour nous c'est un bon tremplin. C'est un bon tremplin pour se faire voir par pas mal de monde, parceque c'est un festival déjà assez important. Mais personellement j'en attends pas grand chose.
Pol : Moi, je pense que c'est vachement important, c'est vachement bien de pouvoir jouer là-bas. C'est un des seuls qu'on va faire en France.Comme Franck a dit, c'est génial de pouvoir le faire, il y a une volée de groupes qui seraient hyper content de pouvoir faire ça. Nous on joue autour de 8h, c'est le bonheur, y'a du monde, la scène C, je veux dire, on a vraiment pas de quoi se plaindre. Au contraire, c'est vraiment génial. Maintenant, c'est clair qu'il faudra voir les retombées, mais je pense que c'est un des meilleurs trucs, tu joues devant des milliers de personnes, alors que chaque soir tu joues peut-être devant 200 personnes, si tu fais une moyenne. Voilà, c'est bien.
La scène forge-t-elle un groupe, son identité ?
Franck : Bien sûr, ouais je pense.
Pol : Disons que c'est un des paramètres qui font que tu dois te démarquer, tu dois avoir ton propre style, ta propre identité, dans ce que tu fais, dans ton attitude, et c'est clair que ça se ressent sur scène, mais c'est pas obligatoire, on parlait encore d'Helmet avant, c'est pas parcequ'ils bougeaient pas sur scène, que c'était pas monstrueux.
Franck : Tu vas dans quel sens, là ?
Ca forge un groupe, ça apporte la cohésion.
Franck : Ouais, je pense que c'est un tout. Déjà, il faut avoir une bonne entente humaine dans le groupe, avoir les mêmes affinités musicales, et puis bon, par la suite, c'est clair que la scène forge un groupe, ça forge dans la cohésion, jouer ensemble, avoir les mêmes réflexes au même moment, s'il y a des fautes, ou ce genre de choses. C'est hyper important.
Pol : Faut jouer pas trop longtemps. Il ne faut pas faire de trop longue tournée et pour juste être hyper dedans et faire une série de concerts comme on fait là. On en fait une quinzaine, un petit peu moins. Et après, c'est bien...
Franck : ..de voir autre chose.
Pol : On sait exactement ce qu'on veut pour le groupe, mais maintenant chacun a ses propres intérêts à côté, et tout. C'est un truc qui nous uni, ouais c'est un truc qui fait qu'on partage du temps ensemble. Comme quand on va enregistrer un album. On l'a fait en Suède, on est parti 3 semaines, c'est clair que ça soude, c'est hyper important. Je dirais ni trop, ni trop peu, quoi...
Shovel est un groupe très jeune, construit sur les cendres d'Eastwood, si vous êtes autant connus aujourd'hui, c'est parcequ'il y avait eu Eastwood ?
Franck : Ben, écoute à la base, Eastwood, ça nous a vraiment bien aider à remonter très rapidement Shovel.
Pol : Puis à profiter des structures...
Franck : ...Des stuctures qu'on avait avant, avec Eastwood, c'est à dire Mass Product, et puis on avait le même manager Deadline. Et c'est clair que la presse, s'ils ont facilement écouter nos démos et notre CD 4 titres, c'est qu'ils savaient qu'il y avait des membres d'Eastwood dedans, et que ça avait déjà bien plu à l'époque.
Pol : Il y avait un sticker sur le premier 4 titres, qui marquait "Former members of Eastwood". C'est une démarche du label, c'était de bonne guerre. Maintenant, on est a des années lumières de ce qu'on a fait à l'époque. Disons que si maintenant, il y a un peu d'intérêt sur Shovel, c'est à cause de l'album. Et l'album n'a aucune référence à Eastwood. Maintenant, c'est complètement différent, on a d'autres structures, à part le management, on a des gens qui s'occupent de nous en France, dans d'autres pays.
Ou alors, c'est parce que la musique de Shovel est beaucoup plus dans l'air du temps ?
Pol : C'est pas la question. L'air du temps, ça veut dire quoi? Ca veut dire par exemple en France, être entre Deftones et KoRn.
(Francisco terminant sa discussion à son portable "Ouais, Page Hamilton qui voulait que je fasse un duo avec lui..")
Pol : Non, je pense qu'on est atypique par rapport à ça, parce que c'est faire ce qui nous plaît, de faire une sorte de rock qui soit hyper large, avec beaucoup d'ouvertures. Alors maintenant, ça va prendre des trucs, des influences un peu partout, et dans ce un peu partout, il y a les têtes de séries qui font plaisir, ou qui enflamment les foules fançaises entre autres. Je pense qu'avec Eastwood, on est arrivé à un moment donné, où c'était ce mélange un peu hip-hop et puis un truc vraiment lourd à la Helmet. Tandis que maintenant c'est à la fois plus abordable, et moins abordable, parcequ'il me semble que maintenant tu penses moins à dire "tiens, bah ça, ça ressemble à tel groupe". On a vraiment une super unité et quoi qu'on fasse, on reconnaît que c'est du Shovel. Si on fait 1 morçeau avec quasiment pas de saturation, ou bien un truc hyper-métal, ça reste du Shovel. Je pense pas qu'on soit à l'affut d'une nouvelle mode. "Ouais, faut que ça tourne, faut ça tue".
Franck : C'est clair qu'on peut dire qu'on est dans l'air du temps parceque on se tient hyper au courant de ce qui se passe. Et puis on reste pas scotchés sur des groupes, on a toujours essayé d'aller de l'avant dans nos goûts musicaux, je veux dire, ça peut aller dans n'importe quelles directions, et c'est peut-etre aussi pour ça que je pense qu'on est dans l'air du temps. Aussi, on a su évoluer avec nos goûts.
Fransisco : Ouais, ces dernières années, on n'est pas resté bloqué sur Helmet, KoRn...
Pol : Il y a beaucoup de groupes qui prennent que des têtes de séries, qui vont directement à l'essentiel. Ils cherchent ce qu'il y a de bien là-dedans, puis finalement, le truc ça tient pas la route, ou alors ça dure pas longtemps.
Franck : Quand on compose un morçeau, on se dit pas, "Tiens on devrais faire du..", on se dit dit "Tiens ce riff est bien..".
Pol : Ouais, Faut que ça tourne, faut ça tue, faut que les trucs s'enchainent bien.
Franck : Faut que se soit original aussi.
Pol : Quand un morçeau est terminé, c'est vraiment qu'on en est fier, qu'on a du plaisir à l'écouter, à le jouer.
Fransisco : Là, on nous a comparé plusieurs fois à Deftones, c'est bien mais c'est un peu réducteur, parceque pour nous, la musique, elle s'arrête pas à Deftones. On a tous des influences tellement plus larges. On n'a pas envie de faire un truc qu'est vraiment calibré, dans leur lignée, on s'en fout. C'est un groupe qu'on respecte, c'est vrai.
Pol : C'est vrai, on adore ça aussi.
Francisco : Ils ont fait deux supers albums, c'st bien. Mais la musique, c'est pas Deftones, il y a de l'acoustique, et de l'electro, et puis on a pas envie de faire ça quoi.
Ca vous énerve, les tiroirs KoRn/Deftones, où l'on range tous les groupes "néo-métal" ?
Franck : C'est vraiment réducteur...
Pol : C'est réducteur, mais à la fois, tu peux pas y échapper. Si t'es un groupe qui dit "Nous on fait du rock", c'est clair que la première personne qui chroniquera, elle va le rattacher à un style, une tendance, à un groupe et tout. C'est normal, mais nous aussi, "ah, t'as écouté le dernier Truc, Ah Bah c'est à la sauce Machin"... Mais simplement ce qu'il y a de pénible c'est que c'est toujours les mêmes.
Les têtes de séries, quoi ...
Pol : Ouais ! Bon c'est aussi flatteur, parceque si on nous dit "Putain, c'est vachement bien ce que vous faites là, Putain vous faites du Coal Chamber", ou du Limp Bizkit...
Franck : Surtout, je veux dire, enfin qu'on nous compare à Deftones, encore..., mais alors à KoRn, je vois vraiment pas. Je vois vraiment pas le rapport, parceque c'est vraiment l'antithèse. Au point de vu de l'image, au point de vue musical. Ils ont des productions qui sont complètement différentes des nôtres. C'est à dire que j'ai l'impression que les nôtres sont bien meilleures.(Rires...) Et ils ont une image pour les Kids, c'est à dire ils sont un peu lookés, Comme ça. Alors que nous on essaye de rester très naturel.
Pol : Par l'attitude, on est vachement plus proche de groupes qui sont plus émos, de pleins de groupes qui font leur trucs, plutôt que des groupes auquels on est apparenté. Que se soit au niveau de la scène, ou vraiment de la musique qu'on fait, comme ceux dont on a parlé là. On n'est pas vraiment proche, ni dans l'attitude, ni même dans la musique, même si des fois, il y a des sons qui ont le même format.
Sur l'album, entre "Wreck" (très calme) et "Boil over" (très agressif), il ya un intermède "Frequency 66", c'est un truc pour fondre Wreck dans l'album, ou c'est un clin d'oeil à la radio ?
Franck : Non, on a essayé de faire un truc un peu rigolo, un peu sombre.
Pol : C'est le morçeau du producteur,... Le fin mot de l'histoire c'est que à l'époque d'Eastwood, aussi, on avait un super riff qui est arrivé hyper tardivement, on a enregistré l'album, à la fin, on a mis ce riff. Et puis là, il s'est trouvé qu'on avait un truc vraiment qui tuait la mort, et qui a été enregistré avec le son Shovel. Et puis on a laisser libre cours au producteur pour en faire une plage, et puis après on a décidé de lier çà (...) C'est un truc, c'est 3 petits points, c'est un riff à suivre...
Fransisco : C'est pas des morçeaux, en tant que tel, c'est des plages musicales, pour relier plusieurs morçeaux.
Franck : Comme la fin, par exemple, le mur de larsen, avec la mélodie qui s'échappe... Il y a aussi l'intro acoustique du dernier mmorçeau. C'est un peu pour varier les climats, et puis pour donner un peu de relief à l'album.
Pol : Voilà, pour varier, et puis pour unir un peu le tout.
Fransisco : Sinon, ce serait un album standard de Hardcore, ou bien de Métal. Si on avait pas ces petites touches qui fait que ça sonne autrement. On a envie d'apporter d'autres couleurs à notre album, et non pas que de la disto.
Vous attendez quelque chose de la diffusion radio ?
Fransisco : Ca serait agréable, mais si tu regardes bien les mmorçeaux, ils sont vraiment pas formatés pour la radio. Peut-être le morçeau qui aurait marché (...) Et puis c'est un morçeau qui va faire 6 minutes. Nous, notre premier souci, c'est de faire de la bonne musique, après si certains morçeaux peuvent être accrochés en radio, tant mieux.
Franck : De toute façon, maitenant, personellement, je parle pas au nom du groupe, la radio, j'y crois pas vraiment. A la radio, ils passent quoi ? Ils passent du Hip-Hop, du R'n'B, et c'est surtout de la Dance. Le Rock ne passe plus à la radio, en tout cas sur les grosses radios. Si tu veux faire du disque, il faut faire du Rap ou du R'n'B. Tu peux très bien t'en sortir, bah regarde, tu prends des groupes comme les Deftones, ou bien KoRn, qui n'on pas été passé du tout en radio et qui vendent des millions d'albums. Voilà, la radio c'est un médium comme un autre, et tu peux très bien t'en passer.
Pol : Là, moi je suis pas d'accord. Spécialement en France, il y a la Ferarock. Et je sais qu'on passe hyper souvent là-dessus. Il y a des gens qui sont assez habitués, qu'écoutent ça.
Franck : Moi, je parle des grosse radios, très écoutés, style NRJ, Skyrock, machin...
Pol : Ouais, mais bon, je veux dire, de la même manière que pour les radios, alors c'est la même chose pour les télés, parcequ'on n'a pas de clip (...) Moi je trouve que tout est bon à prendre. Que bon, on passe pas en radio pour l'instant, donc sur les grosses radios, on passe pas mal sur les petites radios. il y a des émissions bien rock qui existent et c'est hyper important d'en faire parti aussi.
Franck : C'est clair, on va pas cracher dans la soupe.
Pol : Je dirais pas qu'il faut ça, mais c'est un plus non négligeable.
Franck : Un groupe comme Bridge, il passe à 2 heures du matin sur Viva.
Pol : Mais oui, mais Bridge ils ont ... Nous on n'a pas pas la même prétention que Bridge. Je dirais, nous, on est déjà, au départ, bien plus large.
Fransisco : Puis, on n'a pas la prétention aussi d'un Oasis quoi. La radio c'est bien, mais c'est pas un souci. Nous on a fait un album, pour que tu puisses l'écouter tranquillement chez toi.
Pol : Le truc, c'est de pas faire du gros business, le plus important, c'est de ne pas assommer les gens, pour dire "acheter notre disque". Mais c'est peut-être un peu gonflé, mais on se dit, à partir du moment, où ils peuvent, où ils savent qu'on existe, qu'ils ont la possibilité de l'écouter, dans les Fnacs, ou ailleurs, c'est çà qui est génial quoi. Parce que quand même, on connaît, enfin, on sait que c'est pas de la merde. Et si les gens peuvent choisir entre plusieurs trucs et puis qu'ils ont un poste d'écoute et qu'ils peuvent l'écouter, çà c'est génial. Donc tout ces trucs de radios, si çà peu emmener la personne à faire "Ouais, putain, tiens c'est pas mal, quoi, je vais aller écouter". C'est pour çà, c'est génial. Maintenant, c'est clair c'est beaucoup trop tôt.
La Scène française est en plein boum ( Watcha, Pleymo, Tronx, Nothing ), Vous en avez des échos en Suisse ?
Fransisco : La scène française, pour nous, c'est pas celle qu'est représentée par RockSound, où par tous ces canards en ce moment, elle est derrière. Si tu te donnes la peine de fouiller un petit peu,de faire le tour des fanzines, de gratter un petit peu, tu vas trouver une super scène, j'espère quez tu vas aboutir. Sinon on a toujours à peu près les mêmes, c'est-à-dire Lofofora, Mass hysteria, et puis des groupes comme Watcha. Et malheureusement, je trouve qu'il y a une autre scène qui pointe aussi son nez, mais qui n'a pas la faveur des médias, je veux parler des Portobello Bones, des Sleeppers, et d'autres formations dans le genre. C'est peut-être pas les meilleurs groupes qui ont la faveur des médias.
Pol : Moi, je suis carrément sûr que ceux qui sont portés en avant...
Fransisco : C'est pas ceux qui nous intéressent personellement.
Pol : Malheureusement en France, c'est pas les groupes qui sont les plus porteurs, les plus prometteurs, les plus originaux qui sont mis en avant. C'est les groupes qui ont le look, qui ont éventuellement un gros son et qui sont suiveurs d'une sorte de vague un peu américaine. Et tac, et on fait un truc à la sauce KoRn, à la sauce Deftones, et on veut mettre ça en avant, pourquoi ? Pour attirer les regards des majors et tout, et puis pouvoir faire un groupe. Malheureusement, ces groupes là, ils n'ont pas une forte identité. C'est clair, tu les vois dans les photos, ils sont là, ... dreadlocks, machins, OK. Mais c'est pas ces groupes là qui vont perdurer. A moins qu'ils changent et qu'ils se rendent compte qu'il s'agit de faire avant tout de la musique avec les tripes, plutôt qu'en écoutant un truc. C'est les gens qui gèrent pas hyper bien touters les influences, "Ah, Putain, ça c'est génial, il faut qu'on fasse un truc comme ça", quoi, au lieu de se dire "Putain, il y a plein de trucs et tout", puis après tu fais ton mix, et puis tu ressors un truc. (...) Il y a plein de groupes, il y en a à profusion des groupes. On a encore entendu une démo, ce matin, dans le bus. Super bon groupe, quoi, mais si ce groupe là, qu'est assez bon, va démarcher une maison de disque, ça marchera pas, parcequ'ils sont pas ...
Franck : dans l'air du temps, formatés par les majors et la presse.On a vu dernièrement les Sleeppers de Bordeaux en Suisse, là on s'est pris une baffe sur scène. En tout cas, quand on les as revu sur scène à Berne, c'était monstrueux, et c'est des groupes dont on parle pas. On en parle dans Rage, dans les démos, autoprod, et dans les fanzines. Alors que Mass hysteria, ils sont chez Sony, alors voilà quoi, ils ont un peu la patte blanche pour avoir les covers de magazine.
Pol : Et c'est un cercle vicieux, parceque le système est comme çà. Les jeunes, s'ils veulent essayer de monter leur truc, il y en a pas mal, qui vont viser ça d'abord. Puis bon, c'est aussi un complexe parisien, je pense que la province c'est moins axé sur ce côté, business, show business, il semble plus authentique.
La plupart des maisons de disque se préoccupent de façon importante du développement du piratage des CD, Vous pensez que cela peut avoir un impact sur les ventes ?
Fransisco : Je pense que c'est quelque choses qui touche plûtot la disco ou la techno, moi personnellement, je suis un grand fan de musique, et pour moi, avoir la pochette, un disque, c'est pas qu'un son. La pochette fait partie de l'objet, je trouve que c'est beau, il y a des gens qui se sont casser le cul pour faire un graphisme, il y a des gens qui se sont casser le cul pour dessiner des choses, pour faire des photos. C'est un tout, un disque c'est pas seulement une petite musique qui passe quelque part.
Franck : C'est vrai, quand t'achètes un disque, t'aimes bien avoir l'objet.
Fransisco : Surtout au niveau du rock, je pense.
Pol : De nouveau, c'est réducteur, ça englobe une certaine partie du public. Tu peux aussi faire des doubles, des doubles en minidisc, des trucs comme ça. Je pense que sur la quantité, c'est clair, ça touche beaucoup plus des trucs plus bateau. Mais, c'est vrai qu'en général, le fan de rock dans ce style, il est assez fidèle, Il y a d'autres styles, où les gens sont beaucoup plus fidèles, mais généralement, c'est quand même assez fidèle. Et bon personnellement, j'ai aucun scrupule à faire un double du dernier Tori Amos...
Fransisco : Un double du dernier Madonna...
Pol : Plutôt que le dernier Bridge, tu vois ? Il y a aussi ..., je sais pas, moi je m'en fous, enfin quand c'est un peu indé, quand tu vois que c'est fait avec les tripes, t'as plus de scrupules à faire ce genre de trucs, et je pense, le public aussi. S'ils sentent que c'est plus..., quoi... On c'est encore fait gauler les T-Shirts, c'est pas pour ça que les gens le feront pas. En tout cas, j'ai pas encore vu de MP3 sur Internet.
Fransisco : Je crois qu'on est pas assez gros.

shovel live
Pol : C'est quoi là ? (rires) Il est pas très vivant ? Tu veux dire, il est ?
Bah, je veux dire, il est mort, puis en plus c'est tout en anglais.
Franck : Ah, bah l'anglais, c'est la langue qu'il faut maîtriser.
Pol : Quand on vient ici, les gens nous accueillent comme si on était,... parcequ'on parle français, alors notre but dans la musique, pour Shovel, le but, c'est la France. Non. On a beaucoup, beaucoup de chance d'avoir eu l'acceuil comme on a eu en France, d'avoir eu un soutien des médias, d'avoir eu un soutien des maisons de disques, etc, c'est génial. C'est pas ça le problème. Le problème qu'il y a c'est que tout le monde voudrait qu'on fasse un truc en français. Bon, on pourrait faire une traduction française, ça c'est envisageable. Maintenant, il faut voir que l'on a été directement à l'essentiel. Pour que ça soit accessible à tous le monde, il faut que ça soit en anglais. C'est la même démarche que de chanter en anglais. J'ai des gens qui m'envoie des mails de partout, depuis la Nouvelle-Zélande, les pays nordiques. D'ailleurs, il y a des français qui écrivent en anglais parcequ'ils se demandent si on est germanophone où... Pour la traduction française, on nous a déjà dit, une ou deux fois, en général, ça dérange pas les gens. Et puis, vu que c'est nous qui l'avons élaboré, enfin c'est moi. Je suis pas hyper doué, je me débrouille parceque j'ai eu des cours à l'école. Alors, j'imagine que pour le mec qui lit ce que j'ai écrit, ça doit être hyper simple à lire. Que se soit la bio, il y a pas beaucoup à lire. Il n'y a pas beaucoup de textes finalement...
Pol : Le site est froid, hyper froid, c'est une volonté. Je sais pas si tu écoutes notre musique, elle est faite d'ambiance et tout. Tac t'arrives, t'as une photo, t'as un truc noir. Je veux dire c'est hyper sobre, mais c'est quand même pas mystère...
C'est dans la volonté de respecter la musique ?
Pol : Voilà, c'est ça. D'ailleurs je vais essayer de mettre une boucle, avec un truc qui revient, une boucle audio, qui t'accompagnes dans les pages.
Franck : On nous a fait le reproche, "Ouais, l'album vachement bien, mais la pochette, elle est trop froide"
Pol : Elle est trop froide, il n'y a pas les textes…
Franck : Ce qu'on veut, c'est avoir une image du groupe, enfin, on est à peu près tous d'accord pour dire ça, on n'a pas envie de faire quelque chose de flashy, avec plein de couleurs. Nous, ce qu'on aime en tout cas, artistiquement, c'est des choses très sobres.
Pol : Enfin, je sais pas, t'as vu les covers qu'on a ?
Franck : Ouais, les covers d'albums sont très sobres. Esthétiquement, moi c'est ce que je préfère et pour le site c'est la même chose. Pol, quand il a fait le site, il a respecté justement l'image qui est sobre. Et puis c'est tout.
Pol : Bon, je vais pas dire qu'il est parfait. il y beaucoup de boulot pour améliorer le truc. D'un côté, on n'a pas que ça à faire. On a envoyé la sauce comme ça. Qu'est ce t'entends par plus vivant ?
D'avoir des nouvelles plus régulièrement…
Pol : Ouais, le problème qu'il y a, c'est que comme je viens de terminer mes études, il y a eu un non-suivi parce que ... OK les news. Je crois que j'ai mis 2 ou 3 fois les news en une année. Ca c'est lamentable, ok, là je suis tout à fait d'accord. A ce niveau là, OK. C'est vrai que c'est important parce que, c'est vrai qu'il y a des gens qui viennent plusieurs fois. Ca a vraiment bien péter, il y a des dizaines de personnes qui écrivent des mails. tu vois qu'il y a des gens qui viennent le visiter. Mais c'est vrai que ça serait bien d'avoir un truc assez régulier, du style, une fois par mois, tu mets des trucs, mais c'est vrai que c'est un boulot, pas chiant, mais il faut le faire, puis il y a d'autres priorités. Mais d'essayer d'avoir plus de suivi, ça serait peut-être bien.
On vous a retrouvé sur le CD du mois de RockSound, c'est eux qui vous l'ont proposé, ou c'est vous qui êtes aller les chercher ?
Franck : Ouais, c'est plutôt un arrangement entre eux et la maison de disque, et puis voilà.
Pol : Au départ, ouais, au départ ça passe toujours par un coup de coeur.
Franck : Pour le premier, ouais, ça s'est passé sur un coup de coeur, de la part de RockSound, donc on leur a envoyé le truc, ils ont dit "Ouais, on va vous faire figurer sur le sampler", et tout, c'est cool. Puis, pour le deuxième, c'est plutôt de la promo.
Pol : De toute façon, ça marche tout le temps comme ça, c'est des trucs, tac, bah ça serait bien qu'on mette ce truc, un de nos morçeaux là-dessus et t'as la maison de disque qui prend une pub, d'un côté. Tu sais ça marche comme ça. Mais c'est pas hyper difficile de faire figurer un morçeau sur une compilation, type Rocksound, ou bien HardForce.
Fransisco : C'était plutôt pour nos qualités artistiques, surtout pour le premier. On avait pratiquement rien. On nous a mis juste après le premier groupe, c'était juste après Deftones. Je pense que de là, est venu un peu le rapprochement au mouvement.
Pol : Mais c'est hyper bien de figurer sur ce genre de trucs, mais ça dépend, à quel niveau tu te situes sur un label. Bon si t'es sur une major, il y a aucun problème, mais c'est aussi les rapports, il y a beaucoup de groupes, mais c'est souvent les mêmes personnes qui travaillent entre elles. Je veux dire, c'est un milieu, c'est comme t'as un boulanger qui connaît le mec qui te file le blé, et tout, je veux dire, ils bossent tous les jours ensemble, alors ils se connaissent. Il y a beaucoup de trucs qui se passent à Paris, quoi, c'est assez le point central. Et puis, bon, c'est de la petite cuisine interne. Mais bon, il faut qu'au départ, il y ait de l'intérêt au groupe.
Pol : Mais c'est bizarre, c'est une interaction entre le public et les médias... Si tu fais des trucs facilement abordables, qui s'écoutent, tac, dès que t'écoutes, t'as juste les petits ingrédients qui font que tu vas sauter, t'as le bon tempo, t'as la bonne attitude, le bon look, alors les gens, ils vont écouter le truc, et puis la musique sera peut-être pas hyper élaborée, peut-être pas hyper recherchée, puis les gens vont s'habituer à écouter des trucs comme ça. Ces trucs là vont grossir, il y en aura d'autre qui vont... enfin, c'est vraiment un engrenage.
Fransisco : Heureusement, qu'il y a quand même des groupes qui arrivent à s'en sortir. Ca c'est des exceptions.
Pol : Ouais, des groupes, sans image, mais avec des cultes, des groupes comme Tool, qui sont quand même vraiment..., c'est pas des poseurs, c'est pas des gens qui sont tout le temps en première page des journaux, puis petit à petit, ils ont fait leur chemin, puis le prochain album, ça va pété, ça va vraiment être monstrueux.
Franck : Tu peux entendre leur dernier album, au niveau inventivité, il est monstrueux, et leur clip, et puis c'est eux même qui gèrent tout ça, ils gèrent complètement leur image, leur clip et tout ça...
Pol : Mais ça met plus de temps evidemment. C'est pas le truc, tac, le teenage : "Ah, ouais, génial, et tout, je vais aller acheter, ça bouge", mais sur le long terme ça paye.
Franck : Avant le dernier album, qui s'est quand même vendu à des millions.
Fransisco : Aux Etats-unis, ils étaient...
Franck : Ouais, justement, ça marchait haut, j'ai jamais vu leur gueule quoi aux mecs...
Pol : Malheureusement, les gens, parce que c'est surtout quand même axé sur les jeunes, et puis les gens prennent peut-être plus facilement ce qu'on leur donnent. Ils ont peut-être moins le temps de réfléchir, le recul. Alors, c'est clair que c'est facile, d'autant plus facile.
Vous avez eu des problèmes de distributions pour votre 4 titres, tout est résolu maintenant ?
Franck :Pas complètement, mais 4 titres, aussi... On était chez Tripsichord, il paraît qu'ils sont que trois pour un catalogue qui est énorme.
Pol : Ils sont overbookés.
Franck : Et un 4 titres c'est difficilement vendable dans les magasins de disques. C'est ça le problème. C'est à dire qu'un disquaire, je parle pas des indépendants, je parle d'un gros disquaire, qui fait pas les 4 titres parce qu'il sait que ça va pas se vendre. Pour un single, il prend un truc qu'il va vendre, c'est une logique commerciale. Je crois que maintenant, il faut un album, en fait un 4titres, c'est pas vraiment fait pour vendre.
Pol : C'est pour se faie connaître
Franck : C'est une carte de visite, c'est un truc que t'envoies dans les clubs, si tu peux en vendre, c'est cool. Mais c'est clair que c'est hyper difficile.
Pol : Comme t'as dit, à moins d'avoir un album, et puis que ce 4 titres soit l'annonce du truc, avec des inédits.
Franck : Voilà, exactement.
Pol : Là, c'est encore autre chose, c'est pas dans notre style.
Franck : Ouais, là, les problèmes sont, je dirais pas complètement résolus, parce que, paraît-il qu'on trouve pas notre album partout. Mais on a des gens qui font, qui s'occupent derrière, qui sont très compétants.

shovel live aux Eurocks 99
Franck : On ne peut pas s'occuper de tout justement, de tout relire...
Pol : Bah, non, c'est clair que le jour où on a vraiment un collectif de personnes qui peuvent s'occuper que de la promotion du groupe, enfin de la promotion du site, de tout, alors là, ça serait génial, ça, ça serait vraiment le top. Parce qu'on pourrait faire que ça. On pourrait vraiment aller...hmm. Il y a Prince qui fait ça. Il ne bosse plus avec des distributeurs et tout, il gère tout lui même, alors ça, c'est génial, disons que s'il y a quelque chose à se reprocher, tu te le reproches à toi même. Des fois, nous, on nous dit : "Ouais, comment ça se fait, il y a pas eu de décos dans tel magasin, on n'a pas vu arriver les CDs", seulement trois semaines plus tard t'es là : "Ben, ouais, on va essayer de regarder comment ça se fait.". Mais à partir du moment, où tu dois faire confiance, bien c'est comme ça...
Pour finir, comment définieriez vous votre musique?
Franck : C'est du rock, point. (Petit rires) Du rock, ouais du rock
Pol : C'est du rock
Franck : Avec de grosses guitares
Pol : Dans un fanzine, c'était marqué, du rock, de Radiohead, à Deftones. Ouais c'est du rock et peut-être que le prochain album de Shovel, il y aura beaucoup moins de distorsions, peut-être beaucoup plus, ou peut-être certaines machines. Enfin, on sait pas. On n'a aucune ligne directrice, mais c'est assez compact, assez uni. On sait où on va morçeau après morçeau, mais si on a un morçeau qui est hyper calme, qui se rapporte plutôt à une tendance rock, voir pop, bah, voilà, ça sera le cas, point. Si ça sera un truc beaucoup plus émo, intimiste, presque low-fi, et bein ça sera ça, et puis si on a un truc qui sera plus facile, plus tubesque, avec peut-être des grosses guitares, des trucs un peu à la Helmet, ou à la Deftones, ça sera ça, quoi, mais ça, on sait pas.
Franck : C'est-à-dire, c'est très dur de mettre une image, de mettre une étiquette.
Fransisco : Puis, c'est aussi les journalistes
Franck : Voilà, justement.
Fransisco : Ca nous interesse pas quoi.
Pol : Mais, c'est vrai que en gros, on fait tout pour que ça tienne vraiment un maximum la route. Quelque style qu'on fasse.
Remerciements : Shovel, Deadline, Oli et puis Drine pour les notes qu'elle a prises !
Photos : Pooly à l'Exo7 et au Climat de France (Rouen), par Oli aux Eurocks 99, par Oli à l'Escapade (Hénin-Beaumont).
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