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Biographie > Chat qu'à ponc !

4 potes montent un groupe avec pour objectif de créer une entité artistique accordant autant d'importance à la musique qu'aux images (par le website, sur scène ou par les vidéos, .). Le groupe tourne, se fait remarquer grâce à un titre sur Dédales et tourne en France, son pays d'origine. Quelques temps plus tard (fin 2004), le quatuor, Frah (chant), CC (guitares), Thias (basse) et Bob (batterie) part s'installer à Berlin et partage la scène avec des groupes comme Boss Hoss, Mudvayne ou Sub Dub Micromachine.
Ces 4 potes sont Shaka Ponk, accompagnés sur scène de Goz, singe virtuel, complétant la prestation scénique du groupe par sa présence dynamique et haute en couleurs. Shapa Ponk débarque mi-mai en France par l'entremise d'Edel Records et Wagram et n'a certainement pas fini de faire parler de son Loco con da frenchy talkin'.

Exposition photos : Shaka Ponk, Mathieu Ezan (juillet 2011)

Shaka Ponk / Chronique LP > The geeks and the jerkin' socks

Shaka Ponk - The geeks and the jerkin’ socks Les Shaka Ponk sont de retour et si on jette un oeil à la track-list, ils sont chauds comme la braise et au moins autant obsédés que pour Bad porn movie trax ! Au moins autant car quand on ajoute une chanteuse (Samaha Sam) à une troupe de mecs, ça calme rarement leurs ardeurs... La demoiselle ajoute donc son grain de voix et de folie à un groupe qui n'en manquait pas et donne par moments un petit côté Skunk Anansie survitaminé ("Brunette localicious"). C'est une sacrée valeur ajoutée pour un combo ouvert à tous les rythmes, toutes les ambiances, tous les effets, tous les sons s'ils permettent de faire jumper et danser les foules. Et s'il fallait des preuves de leur largesse d'esprit, les Shaka Ponk ont invité Beat Assaillant qui reste assez discret sur "Old school rocka" alors que Bertrand Cantat (ex-Noir Désir) hante totalement "Palabra mi amor" dès ses premiers mots donc dés le début du titre (d'ailleurs, à part lui, qui sur la scène française peut, au rythme d'un claquement de doigt, chanter Un sur deux moins qu'un chien / Éliminez les flèches et les indiens / Le bluff qui sied aux visages blêmes / T'aime le blabla, le blabla t'aime ?), en y mêlant son son de guitare, des phrases en espagnol et toute son énergie, Shaka Ponk arrive à sublimer la présence de Cantat pour faire en sorte que le titre ne soit pas qu'un titre à featuring, c'est une magnifique clôture à The geeks and the jerkin' socks, même si cette fin d'opus est bien plus adulte que son adolescente ouverture (pas de blague, ceci n'est pas une perche tendue...).
Derrière une façade option space invaders / plan 9 (l'artwork) ou option potache de boutonneux derrière leurs ordis avec une main dans le calbute (le champ lexical), les Shaka Ponk envoient du riff, du sample, de la mélodie et une sacrée dose d'énergie positive et c'est bien là l'essentiel !

Shaka Ponk / Chronique LP > Bad porn movie trax

Shaka Ponk - Bad porn movie trax Sorti au printemps 2009 avec une pochette colorée rappelant énormément Loco con da frenchy talkin', le deuxième album de Shaka Ponk revient en force dans les bacs courant février 2010 pour surfer sur la vague médiatique déclenchée par leur nomination aux Victoires de la Musique option "Révélation scène". Et peu importe s'ils gagnent ou pas une statuette merdique donnée par une industrie qui regarde bien plus souvent les charts et les comptes en banque des majors qu'elle n'écoute les disques, le groupe jouera en live (enfin il faut espérer que ce soit bien du live) "How we kill stars" lors de la cérémonie et ça foutra un peu de rock sur nos antennes... Et du vrai rock hein, pas une parodie ridicule du genre B.B. Brunes ou Indochine, tous deux nominés dans la catégorie "album rock de l'année", après on s'étonne que le Français moyen n'aime pas et ne consomme que très peu de musique... Bref, dans un océan de mièvrerie crasse et d'hypocrisie mercantile (Grégoire, Coeur de Pirate, Johnny Hallyday, Marc Lavoine, Sliimy, Calogero...), il y aura une claque électro-rock rafraichissante : Shaka Ponk et ses titres illustrant un mauvais film de cul. Tant pis pour la bienséance, on a traduit le nom de l'album à une heure de grande lecture. Cette réédition plus sobre en artwork mais renforcée par un livret de photos de tournée avec des textes style BD et deux inédits : "Stop the bot" un bon titre bien rythmé qui se fond facilement dans le collectif et "French touch puta madre" en version live, enregistrée en 2009, preuve que le public aime le groupe et que ce dernier lui rend bien, exécutant avec talent, fougue et folie un morceau qui s'étend sur prés de 8 minutes au lieu des 4 de la version studio, oui Shaka Ponk est une machine de scène.
Et pour faire encore chauffer les salles, Bad porn movie trax propose 14 plages bien chaudes dans la lignée du premier opus : rock, électro, punk, funk, délire, espagnol, anglais, tout se mélange et détonne. Quand le combo envoie du gros rock survitaminé option rouleau compresseur, on ne peut que se laisser défoncer les tympans avec plaisir ("Twisted minda", "Prima scene", "French touch puta madre", "Just a nerd"...), quand il calme le jeu et place des arrangements et des cordes, on ne peut que les féliciter d'avoir également le talent pour se la jouer tranquille ("Mad o you"), par contre quand Shaka Ponk insiste sur les basses et les rythmes binaires cherchant à claquer un tube de l'été électro dance floor clashy ("Hombre que soy" voire "How we kill stars") ou farfouille dans les ordis pour traficoter les sons ("Make it mine"), je suis beaucoup moins client. Mais ça ne prend pas beaucoup de place sur la galette et lors d'une soirée un peu arrosée, je suis sûr que ça passe pas mal en bande-son... En attendant, monte le son de ta TV car elle risque de rocker un peu le 6 mars et c'est plus que rare.

Shaka Ponk / Chronique LP > Loco con da frenchy talkin'

Shaka Ponk : Loco con da frenchy talkin' "C'est le truc que c'est tellement gros que t'y crois même pas !" Voilà, c'est très incorrect, tu peux te rattraper pendant 125 lignes après, avec des paragraphes flirtant avec la perfection, mais c'est écrit, et le prof', pas très indulgent, ne peux absolument pas supporter ce genre d'écart dans les copies de ses élèves et il te colle un 4/20. C'est très incorrect mais c'est pourtant la première choses qui m'a traversé la tête à l'écoute de cette "formidabilissime" (pour la peine, ça ne fera plus que 3/20 !) bombe de Shaka Ponk. Tellement exceptionnelle qu'on dépasse le sans faute, le 100 mètres masculin en moins de 9'60, le décathlon en 13 000 points sur 13 471 possibles, le 12g/litre de sang sans coma éthylique : bref, tellement gros que t'y crois même pas !
De quoi faire passer l'Electrochoc d'Enhancer pour un électro-encéphalogramme semblable à une patinoire vue en coupe, ridiculiser la quasi-totalité du répertoire de Limp Bizkit et renvoyer aux vestiaires l'équipe de France dès le premier tour du prochain mondial : ceci n'est qu'un aperçu de ce dont est capable cette énorme galette ! En revanche, Shaka Ponk a tous les attributs pour se hisser largement au niveau du meilleur de NFZ, Senser, Serial Flashers, Rage Against The Machine, Guano Apes et autres Jon Spencer Blues Explosion réunis. Je vous assure que Loco con da frenchy talkin' est de ce tonneau-là. Délires électros disséminés sur toute la durée, rythmes déchaînées ("Body cult"), flows ahurissants mais impeccables ("Disto cake"), morceau inattendu, plus acoustique, créant une jolie trêve, histoire de reprendre son souffle, ("My boom is bumpin' "), grattes accrocheuses comme c'est pas permis, samples plus qu'extasiants, envolées funky, coups de buttoirs insensés ("Tekno kills"), sonorités ethniques ("Sonic") : la gamme des réjouissances est extrêmement large. Un grain de folie RHCP ("Da teen town") par ci, le strass de LTNO par là, vitalité à toute épreuve, innovations tous azimuts, Shaka Ponk a mis le paquet et surclasse pas mal de rivaux potentiels du moment. On ne se lasse vraiment pas d'écouter en boucle la performance pourtant longue d'une heure, nourrie par quelques guests détonnants. Oui, qui plus-est, Shaka Ponk est rentable ! Il s'écoute partout : voiture, jogging, baignoire, coup de fatigue, voyage cosmo-planétaire et j'en passe.
Autre aspect de Shaka Ponk, abordé sur la pochette par le "Parental advisory - No-sens lyrics" : l'univers décalé créé par le groupe, tant au niveau des paroles (en anglais et en espagnol) que des visuels, le passé de graphiste de Frah refaisant ainsi surface.
Même si la totalité de l'album mérite largement le détour, les conseils d'écoute iront en priorité à "Hell'o", "Watch'ha", "Disto Cake" ou "Fonk me" qui sont de véritables bombes à effet immédiat ! A remarquer aussi l'étonnante version ralentie de "Spit", dont la version originale (présente sur l'album) avait fait éclore Shaka Ponk au public via Dédales. D'ailleurs, il est à remarquer que "Spit", titre excellent s'il en est, semble détaché de l'album comme si ce n'était pas tout à fait le même groupe qui l'avait composé. Ceci est d'autant plus étonnant, que la palette des autres titres est déjà très large et que "Spit" s'en retrouve néanmoins marginalisé. Bien d'autres surprises vous attendront puisque Shaka Ponk pense à tout ! Ils vous livrent, en plus d'une heure de sons haut de gamme (production irréprochable) une plage multimédia composée de quelques goodies, révélateurs de l'univers visuel du groupe, avec principalement le clip de "Fonk me" qui ravira à la fois les amateurs de film d'animation et de dérision. Reste à savoir si il ne s'agit pas d'une vaste farce (Stupeflip, The Rasmus et consorts...) commanditée pour lyophiliser les cerveaux de nos ados boutonneux, dans ce cas, j'admettrai m'être mis le doigt dans l'oeil mais ne pense vraiment pas que c'est dans cette voie-là qu'il faille chercher. Bon, c'est cruel mais c'est comme ça, je lui balance, malgré le risque encouru, un 22/20 à ce Loco con da frenchy talkin' !