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Fondé sur les cendres encore fumantes de Thee Plague of Gentlemen, groupe de doom belge actif depuis 1998 dans lequel on trouvait alors un membre de Leng'Tche, SerpentCult prend forme en 2006 et livre rapidement un EP intitulé Trident nor fire, via I Hate Records, suivi un an plus tard de l'album Weight of Light, produit par Greg Chandler (Esoteric) et sorti chez Rise Above Records. En 2011, le groupe signe chez Listenable Records (Gojira, Kruger, The AmentA) chez qui sort le deuxième album "long-play" des belges : Raised by wolves.

Serpentcult / Chronique LP > Raised by wolves

Serpentcult - Raised by wolves Quatre titres fleuves pour quelques 38 minutes et demi de musique, Serpencult ne promet pourtant une odyssée post-rock aux formats étendus mais un disque qui va transporter le voyageur aux confins d'un doom dépressif et accablant, un metal lourd et désenchanté, porteur d'un désespoir aussi latent qu'immersif, un anéantissement émotionnel qui vient happer son auditeur dès les premiers instants de l'album. Un rideau de pluie en introduction de l'éponyme "Raised by wolves", le groupe prend son temps, développe des structures languissantes, lentement contrebalancées par quelques riffs pénétrants qui viennent un peu plus alourdir une masse sonore déjà passablement heavy... et oppressive.

Pourtant, dès le deuxième titre, SerpentCult aère son propos et si la guitare se fait plus prolixe que jamais, la section rythmique s'efface peu à peu de longues minutes durant avant de refaire son apparition lorsqu'il s'agit d'emmener le groupe vers le climax de son "Crippled and frozen". Parfois à la limite du neurasthénique lorsqu'il donne une impression assez agaçante d'immobilisme créatif, d'autres fois clairement fascinant lorsqu'il se lance dans ces démonstrations de force métallique effleurant les frontières d'un doom sludge volcanique, empilant à l'infini des couches instrumentales jusqu'à ériger un infranchissable mur de son. Heureusement, les belges ont le bon goût de plus souvent verser dans la seconde hypothèse artistique que dans la première, assumant dès lors leurs partis-pris à la perfection ("Longing for Hyperborea").

Heavy-doom post-apocalyptique, sludge-stoner de l'enfer, post-metal quasi instrumental à la technicité pointue et moins évidente qu'il n'y paraît, la musique de SerpentCult se nourrit autant des ambiances qu'elle distille que des émotions qu'elle instille, jouant parfois avec tes textures drones pour rendre sa matière sonore un peu plus étouffante encore. Jusqu'à "Growth of the soil", dantesque et épique, véritable tempête de décibels qui s'abat sur ce qu'il nous reste de santé mentale après une épreuve de force doom écorché vif aux relents black metal sur son final. Le "chant" y refait son apparition, nous emmenant avec lui dans les tréfonds des abîmes, jusqu'à nous perdre dans des dédales émotionnels inextricables. Hard.