Serments - Erotic Drive Formation parisienne encore un peu discrète malgré le fait qu'il s'agisse là de son deuxième album studio (le tout digital n'aide pas forcément quoi qu'on en dise), Serments sonne, à l'écoute du premier titre d'Erotic drive comme un émule doué des Deftones, à la petite nuance près que le chant est "supporté" par une femme. Et plutôt bien soit dit en passant. Si bien que le résultat s'écoute non sans plaisir et que l'on ressort de ce premier titre convaincu... avec l'irrépressible envie de savoir au plus vite si le groupe va savoir éviter le cliché d'être un clone du cinq majeur de Sacramento et imposer sa marque personnelle.

La réponse ne tarde pas, avec "ERW", qui s'il se démarque de la référence majeure du groupe ne la renie pas pour autant. Mais se distingue en exhalant une certaine sensualité vocale, en même temps qu'il s'engage sur des sillons émo-rock l'éloignant quelque peu du metal originel dans lequel on aurait tout de suite "classé" les Parisiens sans chercher plus loin. Ou sur l'épileptique et fougueux "2pm". Un gimmick enragé, des guitares qui tranchent sec et une vocaliste qui s'époumone à pleins volumes. Efficace mais peut-être trop sous influence? En fait, cela dépend encore une fois de la suite... qui doit être appréhendée dans sa globalité. On ne fait pas des albums pour rien chez Serments. Logique imparable quand tu nous tiens.

Et à ce petit jeu, le groupe s'en sort plutôt très bien ("X song"), alternant les moments mélodiques, relativement calmes et apaisés ("Sick shit") lorsqu'ils effleurent les contours du rock indé, avec les passages les plus fracassants, exhortant l'auditeur à laisser éclater sa colère, à expulser ses pulsions les plus intimement refoulées ("Blackpack"). Ou parfois en faisant les deux sur une même piste ("Midnight pool"). Et si le concept trouve ses limites sur un "Heavy night" parfois un peu convenu, le single "Prostitute" joue de son efficacité "radiophonique" même si on préfèrera sans doute l'élégance presque pop d'un "Sweet polar" ou la touche ambient métallique de "Meiga". Jolie conclusion d'un album qui mériterait certainement bien plus que d'autres une vraie distribution physique... si l'industrie marchait au talent...