metal Métal > The Secret

Biographie > I'm going to tell you a secret

The Secret était jusqu'à maintenant l'un des secrets les mieux gardés de la scène metal italienne. Et pour cause, entre crust/grind, power-metal, hardcore aux relents black et rage primitive, le groupe formé à Trieste ne pourra que piétiner les tympans des non-initiés avant de les foudroyer sur place. En 2010, Southern Lord, le label des Black Breath, Black Cobra, Goatsnake, Sunn O)))) et autres Trap Them, les repère (ce qui est forcément un gage de qualité) et sort leur nouvel album : Solve & Coagula.

The Secret / Chronique LP > Solve & Coagula

The Secret - Solve & Caligula En art (musique, cinéma, littérature), l'Italien a souvent su maîtriser l'art délicat de la subversion, sans doute en réaction à un environnement parfois sclérosé par une histoire politique et religieuse un peu oppressante (beaucoup ?). The Secret, formation metal "extrême" originaire de la péninsule en est le symbole ultime en dévoilant avec Solve & Coagula, un disque de chaoscore brutal et déviant, subtil et corrosif mélange de crust, de black, de hardcore et de grind à ne pas mettre entre n'importe quel tympan. La preuve avec "Death alive" ou "Double slaughter" sur lesquels les italiens déversent des torrents de haine pendant qu'ils martyrisent les instruments jusqu'à ce que mort s'ensuive. Vociférations hardcore, frénésie rythmique à deux doigts du mouvement grindcore, comme un Mumakil qui prendrait le temps de s'aérer l'esprit (toutes proportions gardées donc...) avant de frapper plus fort encore qu'à l'ordinaire, The Secret donne dans le hardcore noir, cru et chaotique à souhait. Et lorsqu'arrive "Where it ends", on se dit que la séance de trépanation métallique à laquelle nous a convié le groupe va laisser des traces. Et pas qu'un peu. Parce qu'ici, quand il s'agit de causer bourrinage, les gaziers répondent présents, pilonnent tout ce qu'ils peuvent de toutes leurs forces, s'invitent dans un corps à corps animal avec les tympans de l'auditeur ("Antitalian", "Bell of urgency"), sans jamais faire le moindre début de concession. Leur signature chez Southern Lord n'en est que plus logique au vu du pedigree du label. Et même si parfois, le groupe allège l'ensemble en laissant s'écouler quelques nappes post-black ("Crossbuilder", "Eve of the last day", le final de "Weathermen" qui a contrario bénéficiait d'une intro où la barbarie crust des furieux prenait tout son sens), ce n'est que pour offrir quelques soupçons de finesse pour laisser respirer l'auditeur... qui a tout intérêt à en profiter parce que ça ne dure pas bien longtemps, The Secret se replongeant rapidement dans les abîmes d'une musique caverneuse et déviante, une catharsis nihiliste lui offrant d'expulser sa haine sans se soucier des conséquences ("Pursuit of discomfort", "Pleasure in self-destruction", "War desire"). Sans concession qu'on a dit plus haut. The Secret, c'est un peu comme si Black Breath avait frayé avec Plebeian Grandstand pendant que Masakari était en train de jouer les voyeurs. Forcément le résultat est parfois primaire, souvent cruel, salement violent. Et d'une bestialité sans nom.