metal Métal > Seaholder

Biographie > Under the torment seas


Composé depuis 2006,Guillaume (chant, guitare), Nicolas (basse), Olivier (batterie) et Alex (sampler), Seaholder est un groupe parisien dont la musique oscille en permanence entre postcore métallique, rock expérimental alternatif et noise rugueuse. Sous l'influence des Neurosis, Tool, Cult of Luna, Isis et autres Pelican, le groupe sort sa première démo éponyme début 2007. Six titres postcore, inventifs et envoûtants qui permettent au groupe de faire ses premières armes en studio puis en live en attendant un premier album long-format.

Seaholder / Chronique EP > Seaholder


seaholder_demo_ep.jpg La mouvance postcore a donné naissance à quantité de groupes aux qualités variables : pour un Cult of Luna, combien d'ersatz poussifs recyclant jusqu'à plus soif les mêmes théorèmes pour en produire des démonstrations de plus en plus lassantes ? Bien difficile est dès lors la tâche de faire le tri. D'autant qu'il y a de très mauvaises surprises chez des groupes signés chez des majors, comme de jolies surprises venant de la part d'illustres inconnus. Seaholder est sans aucun doute à "classer" dans la deuxième catégorie. Car le choc est immédiat : une intro schyzophrénique mettant l'auditeur face à ses psychoses et le groupe envoie "Morley" directement dans nos conduits auditifs. Lesquels, englués dans des sables mouvants post-métalliques eux-mêmes nappés de quelques samples nébuleux, sont soumis à un véritable traitement de choc. Le quartet francilien ne se prive pas de nous secouer, de briser nos certitudes à coup de vocaux caverneux "Neurosiens" ou "Opethiens" glaçants et impacables.
Porté par des instrumentations raffinées, plus subtiles que massives comme on peut le voir chez des groupes comme Isis, Rosetta ou Transmission 0, le groupe prend le temps de développer des atmosphères, de faire naître quelques ambiances suaves avant des crescendo puissants propices à l'embrasement des corps instrumentaux ("Fiction"). Breaks salvateurs, guitares éreintantes et saturées, chant complètement habité, tantôt hurlé, tantôt psalmodié, mélodies majestueuses, Seaholder semble savoir presque tout faire et le démontre tout au long d'une première "démo" qui porte forcément bien son nom. Stratosphérique, la musique des parisiens l'est un instant, avant de s'enfoncer profondément dans les entrailles de Gaia quelques secondes plus tard. Véritable climax de ce mini-album, "Fiction", est une pièces d'orfévrerie à la mécanique horlogère parfaitement maîtrisée. L'alternance plans calmes/déferlements métallique est plutôt finement agencée et force est de constater que dans ses enchevêtrement postcore, l'architecture musicale de Seaholder ne souffre d'aucun défaut de construction. On passe ici de CoL à Mogwai en s'attardant sur la technicité pure d'un Tool ou d'un Oceansize Dans une ouverture plus noisy "Entrance" se fait l'écho d'un post-metal rugueux et abrasif qui évoquera autant Pelican que Kruger voire Hollow Corp., on reste impressionné par la démonstration. Et si le groupe n'a pas encore la puissance de feu d'un bulldozer métallique que lui offrirait une production de haut niveau, le quartet fait déjà l'étalage de qualités techniques indéniables (un "The box" très impressionnant) en même temps que d'une matûrité certaines pour produire une musique cohérente à la personnalité déjà très affirmée. A suivre absolument.