Saxon - Sacrifice C'est parfois rageant de passer à côté d'un bon disque. Malheureusement, ça vient de m'arriver avec la dernière production des britanniques de Saxon. Pas vraiment d'excuses à part le manque de temps ou un certain a priori d'écouter un vieux de la vieille dont le blason ne revêtirait pas sa dorure d'antan. Et il a fallu que j'assiste à la prestation impeccable du groupe lors du dernier Hellfest pour me dire que j'avais dû faire une belle connerie en laissant de côté le dernier double album en date.

C'est d'autant plus rageant qu'il ne m'a pas fallu longtemps pour me rendre compte que Saxon tient encore la route. Mieux que ça, Sacrifice est un excellent album de hard rock/heavy metal, aux sonorités modernes et à l'exécution impeccable. Ce disque, dans la grande tradition heavy metal des belles et grandes années, est riche en mélodies vocales et guitaristiques, et ses brûlots font mouche à tous les coups. Le ton est donné avec 3Sacrifice", boulet de canon dévastateur qui, sans qu'on ne l'attende après une plage intro bien sentie, atomise l'auditeur avec les ingrédients qui vont bien : guitares incisives, batterie à fond les ballons, voix mélodiques et parfaitement haut perchées, refrains imparables et rythmiques bétons. Que ceux qui pensent que les vieux schnocks sont bons pour l'hospice peuvent retourner à leurs gammes car Saxon a encore des forces pour foutre le boxon. Le groupe a le chic pour écrire de bonnes chansons (l'excellent "Made in Belfast", le mélodique "Guardians of the tomb", le lourd et entrainant "Walking the steel") et on comprend aisément pourquoi le groupe peut embarquer pour une tournée commune avec Motörhead ("Warriors of the road"). Le groupe s'amuse même à emprunter quelques artifices du boogie rock d'AC/DC ("Standing in a queue"). Alors, bien évidemment, les réfractaires au heavy metal dont Saxon et Iron Maiden sont les derniers rescapés ricaneront bien à l'écoute de morceaux stéréotypes du style comme « Stand up and fight » ou le magique "Night of the wolf", mais les amateurs du genre n'en seront que conquis, car Saxon, en plus d'être l'un des précurseurs du heavy metal made in Britain, demeure un digne et indéboulonnable représentant de ce style qu'il défend avec passion et dévouement.

Le fan de Saxon, jamais rassasié de dix bombes métalliques et mélodiques, se délectera du disque bonus offrant quelques versions inédites d'anciens titres (réorchestration et interprétations acoustique). Quand à moi, je cherche à comprendre pourquoi je suis tombé amoureux de cet album dès la première écoute. Peut être que, tout simplement, cette alchimie magique des guitares électriques, de la puissance vocale et de la multitude de mélodies est l'un des derniers boucliers du rock 'n' roll. Avec des groupes de cette trempe, aucun risque que la musique du diable tombe en désuétude.