metal Métal > Saw

Biographie > Jig

En 2004, un film à petit budget fait sensation, Saw glace le sang et lance une saga où les twists et les scénarios repoussent les limites de l'acceptable et amènent le spectateur à la grosse rigolade bien avant de voir s'étaler sur les affiches "Saw VI" et de se farcir un 3D le jus de "Saw VII". Ne jamais faire de suite, bordel. Revenons en arrière, un an après que le monde du cinéma de genre ait applaudi la première oeuvre, un groupe vendéen se monte et prend le même nom : Saw. Ses membres ont déjà joué dans différents groupes et ont une petite expérience, leur première démo sort en 2007, The sought place est une réussite et est bientôt suivi du premier EP : Paranoia débarquant en 2008. Etienne (chanteur), Olivier et un autre Etienne (guitaristes), Benjamin (bassiste) et Ludovic (batteur) font confiance à Julien Merlet aka Rool-Yo (FlyingDeadMan, Nine Hopeless Skies...) pour produire, enregistrer et mixer leur premier album Bipolarity qui sort en avril 2010.

Interview : Saw, Saw soumis à la question (mai 2010)

Saw / Chronique LP > Bipolarity

Saw - Bipolarity Avec Bipolarity, Saw réussit parfaitement la synthèse d'un power/thrash/death metal old school tout en puissance et en efficacité à la Loudblast et d'un métal ouvert vers d'autres horizons moins violents que bon nombre de groupes de la même mouvance mettent en valeur (Gojira, Klone, Hacride...). Les deux guitaristes s'amusent donc à jouer sur les contrastes, quand l'un plaque des accords graves et hâchés, l'autre place des riffs mélodiques et des petites notes aux antipodes des grognements du chanteur et du matraquage en règle de la rythmique. Si la technique des zicos permet à cet amalgame de fonctionner à merveille, on peut juste regretter que le même schéma se reproduise un peu trop méthodiquement, l'architecture des titres repose sur des bases solides et sûr de cette force, Saw ne cherche pas à repousse plus loin ses limites. Pourtant, quand ils osent d'autres choses, ça marque ! Si "Odonata" n'est qu'un interlude instrumental de moins de deux minutes, il est tout de même excellent, tout comme le final assez progressif de "Perturbed" ou le changement de chant de "Colors and shapes" qui le rend à la fois plus audible, incisif et percutant, le morceau se fait ainsi remarquer, davantage même que "The reason" où intervient pourtant Cédric de Trepalium.
Bref, si le chant apportait autant de variétés que les instruments, Saw mettrait tout le monde à genoux, pour l'heure, c'est juste un excellent groupe de métal estampillé bourrin qui n'hésite pas à ralentir les cadences, créer des ambiances et jouer sur la finesse entre deux parties brutales ("Imperfect world", "Set our hollow white"...). Cela ne plaira pas forcément aux adeptes de fracassage sans concession mais pour tout ceux (et ils sont de plus en plus nombreux) qui aiment écouter un métal plus réfléchi, c'est un pur plaisir, d'autant qu'il me semble que les Vendéens en ont encore sous la semelle...