metal Métal > S-Core

Biographie > La rage au core...

S-Core est 1998 de la fusion de deux combos strasbourgeois. En moins de 2 années, les gaziers diffusent et imposent leur power-metalcore dans leur région natale et au-delà de ses frontières immédiates (en Allemagne notamment). En 2001, le groupe sort sa première démo intitulée FatAndWet et en vend pas moins de 600 copies en quelques semaines. Après de multiples changements de line-up et pas mal de concerts passés à écumer les scènes metal de France et de Navarre, S-Core enregistre son premier album sous la houlette de Stéphane Buriez (Tagada Jones, X-Vision)... Intitulé Riot... process engaged, le disque sort chez feu M10/Dirty8 (Housebound, Sikh, Superbutt, X-Vision...) et met une grosse claque à la concurrence. Bêtes de scène, les Strasbourgeois tournent encore et encore jusqu'à plus soif avant de se remettre à composer. En 2007, S-Core s'envole en Hongrie pour enregistrer Gust of rage. L'album sort à l'automne via Dirty8 et le groupe s'embarque au même moment pour le Dirty8 tour...

Review Concert : S-Core, Dirty 8 Tour 2007 / Episode 9 : Aix-en-Provence

Review Concert : S-Core, Dirty 8 Tour 2007 / Episode 7 : Bourg-en-Bresse

S-Core / Chronique LP > Into the deepest

S-Core - Into the deepest... Dans la catégorie des groupes francophones discrètement omniprésents, S-Core se pose là. Faute de faire beaucoup de bruit autrement que dès lorsqu'il s'agit de causer musique, voire même gros hard qui bastonne, la formation strasbourgeoise est à l'image de son label : discret, toujours efficace quand il fait quelque chose (Dirty8 est pour mémoire le "refuge" d'Housebound, Superbutt, X-Vision...) : bref, indispensable sans avoir besoin d'en faire des caisses. La preuve avec le morceau d'ouverture d'Into the deepest, le ravageur "Swallowed will" qui surprend un peu par sa manière (ou son absence de manières justement) d'expédier les entrées pour directement attaquer le plat de résistance.

Sans prévenir, il voit S-Core enclencher brutalement la marche avant et commencer à moissonner les riffs pour directement entrer dans le vif du sujet. Malin. Surtout quand on a derrière des titres du calibre d'"Handful of nails" à propulser dans les enceintes. Car là tout y est : guitares bien lourdes, un chant qui déballe de la hargne par palettes entières et une section rythmique qui appuie bien fort sur les codes d'un power-metal sévèrement burné pour lui donner toute sa verve. Mais pas que. Car plus qu'un simple groupe de metal, ceux qui avaient signé la grosse fessée qu'était Gust of rage en 2007, reviennent avec des choses à dire. Et y mettent la manière. Qu'ils donnent tout en termes d'intensité émotionnelle sur le vibrant "My guardian angels", ou qu'ils abattent la carte du headbang avec l'imposant et viril "Relic behavior", les gaziers font preuve d'un savoir-faire irréprochable mais également (et surtout) de réelles qualités en termes de songwriting métallique.

Mais la spécialité de groupe reste quand même la grosse entreprise de démolition sonore ("Choose", "For my rebirth") et une propension certaine à administrer un traitement de choc à des amplis qui en ont pourtant déjà l'habitude (il s'agit là de leur troisième album). S-Core aligne alors les ogives sur la platine et son groove naturel fait le reste, bien aidé par une production mastoc et des titres qui en imposent (imparable "Betrayal" notamment) et fait de cet Into the deepest. un véritable petit modèle du genre comme la scène metal hexagonale n'en produit pas si rarement (même si on essaie chaque jour de nous faire croire le contraire). Un catalogue de ce que le (très) bon groupe de metal peut avoir à proposer sans plus rien devoir prouver. Sans complexe donc mais avec une sévère envie d'en découvre brutalement. Et à ce petit jeu power-thrash de patrons, S-Core tape bien fort là où il fallait.

S-Core / Chronique LP > Gust of rage

S-Core - Gust of rage Alors celui-là, autant dire que c'est du brutal. En 13 titres et autant de brulôts métalliques qui carbonisent les enceintes à coup de riffs de tueurs et de mélodies sauvages, S-Core met la barre très haut et s'impose comme l'une des plus solides machines de guerre de l'hexagone. De "Greaser one" à "Paganenesis" en duo avec le chanteur de Superbutt, en passant par les interludes "It takes..." et "... to become a man", le groupe nous tartine joyeusement les tympans et dans le genre "rouleau compresseur", autant dire que ça fait mâle. Un choc thermique qui nous pilonne les vertèbres avec une précision chirurgicale, des guitares qui crachent le feu et un vocaliste qui se vide les tripes dans le micro comme un forcené, la recette est simple, brute de décoffrage et incroyablement dévastatrice. On envie souvent la scène scandinave (les In Flames et autres The Haunted) voire le contingent de coreux nord-américain (Machine Head arrive ici en tête de liste), mais finalement, avec S-Core on se rend compte qu'on n'est jamais aussi bien servi que par soit-même. D'autant qu'en live, le récent Dirty8 tour a pu démontrer que Gust of rage était une belle boucherie... Des épaules et rotules s'en souviennent en-core...
Après une mise en route qui nous a bien désencrassé les cages à miel, le combo Strasbourgeois prend le parti d'enfoncer le clou, juste histoire de nous mettre les terminaisons nerveuses en alerte maximum. La réponse synaptique est immédiate, d'une violence inouïe, mais on ne parvient à décrocher de Gust of rage pour autant. A titre d'exemple(s), "Requiem for a dying race" ou "Misanthropic and mean" mettent le paquet au rayon riffing king size et section rythmique carnassière, et voient le groupe compacter ses compos afin d'enlever le moindre temps morts de son album ("Me and the world"), ce jusqu'à l'interlude "... a whole life". Une respiration afin de reprendre son souffle quelques instants et c'est reparti pour une séance de matraquage auditif qui prend des allures de véritables démonstration de force sur "Buried" ou le coup de sang "Rising terror", véritable grenade à fragmentation que le groupe nous dégoupille en plein visage. Sommet de bestialité virile, climax empli de rage power métallique, S-Core jette ses dernières forces dans un affrontement musical où les règles sont bafouées, jetées contre le mur et éparpillées aux quatre coins du studio. On l'a compris, les strasbourgeois donnent parfois dans la finesse (cf : les interludes) mais la plupart du temps, c'est plus dans l'équarrissage metal hardcore que dans la douceur satinée qu'on retrouve le groupe qui a décidé de sortir ici l'artillerie lourde. Résultat, ça gueule, ça ravage ("In memoriam", "Worst it all") et quand les dernières rafales de "Pangenesis" laissent place au silence, que le groupe relâche enfin la pression, il ne reste plus rien d'autre à ramasser que quelques miettes... Brutal, furieux, efficace.