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Certains groupes ne s'encombrent pas de bio, soit parcequ'ils sont mondialement connus, soit parcequ'ils n'ont rien à dire. Run lui a choisit une bio en forme de dépliant marketing, l'anonymat, ça a du bon parfois. Cependant contrairement à une plaquette pondu par le département marketing, Run fait plutôt dans l'objectivité : les univers s'entrechoquent et se mêlent, les gros riffs métals se liguent avec une voix et des scratchs parfois épileptiques, alternant avec des séquences plus légères teintées de psychédélisme.
Voilà, donc, on ne sait pas d'ou ils viennent, ni leur bagage musical, ni leur pizza préférée, ils laissent juste parler le son.

Run / Chronique EP > 109

Run : 109 Cinq titres démo pour Run, 109 pourrait être la démo d'un cent-neuvième groupe de néo, déjà entendu, dont on connait les titres avant même de les avoir écoutés, c'est en tout cas l'impression que donne "John's pocket" qui ouvre cette démo. Basse claquante, trébuchante, des fuites de vapeur à la guitare, mais un refrain plus que moyen, pas très original et un peu trop bruitiste, dommage après les bonnes idées du couplet, "John's pocket" refroidit un peu du coup. Mais 109 apporte du sang neuf, ce qui avait mal commencé reprend du poil de la bête, et met une claque sévère en la personne de "Z song", le titre qui se détache de cette démo, scratchs introducteurs décalés, qui se transforme en litanie mélodique perturbée à l'enveloppe sonore organique, gimmick reprise par les guitares sur un fond plus métallique, changement de ligne mélodique, avec une basse ronde et gluante, le chant rentre nonchalant, et change la donne, néo-métal façon No Place For Soul ou Asaliah, paroles en français, Run frappe un grand coup sur cette chanson qui est la direction où aller, c'est du bon, du très bon même, ambiances par moment industrielles, jets de saturation, une atmosphère auditive magique et pleine de ravissements, un titre superbe. Après le génial "Z song", "Full noses" fait un peu pâle figure en comparaison, malgré une bonne intro, avec toujours cette dynamique scrachs-guitares, le chant devient même un peu saoûlant à force, à se perdre dans des cris répétitifs, l'ensemble comporte des bons passages mais qui se perde un peu. "Seashore" est également un objet sonore étrange, ambiance intimiste, bulle transparente ouverte sur le ciel, intro hypnotisante, sample extra-terrestre, un chant guttural presque chuchoté, l'ensemble focalise l'attention avec une grosse caisse insistante, le refrain lui se prend un cyclone inopiné, des vents métalliques et un chant énervé, les éléments s'acharne sur un refrain massif, très contrasté par rapport aux couplets.
109 comporte quelques perles musicales, mais se perd parfois dans des banalités qui serait de bon goût d'épurer, un "Z song" anthologique et un potentiel que l'on devine au détours des titres, Run risque de devenir bigrement interessant s'ils arrivent à ce processus de maturation et prise de confiance.