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Biographie > t'as mal où Roméo ?

Romeo is Bleeding. Selon le vénéré Google, nouveau Dieu des âmes en peines, film culte de 1993 au résumé plus qu'étourdissant : "A corrupt police sergeant who supplies tips on the locations of safeguarded witnesses to the Mob bites"... Bien. Les histoires de témoins ayant vu des bites en 103 SP et des sergents de police suppliant des tips ne m'inspirant pas plus que ça, on se rabat sur la traduction littérale, qui, ô surprise, est à mourir de rire, je cite à nouveau : "Un sergent corrompu de police qui fournit des bouts sur les endroits des témoins sauvegardés à la foule mord". Merci Babelfish, c'est promis, nous irons brûler un cierge à la gloire de tout les traducteurs de la planète web. Mais heureusement, on apprendra plus loin que Romeo is Bleeding est aussi (et surtout) un des (ex-)représentants les plus prometteurs de la scène post-hardcore française. Qui, outre le fait d'être donc fans du trop méconnu film suscité, ont le mérite de relever en bloc le challenge d'une musique défendue hors des frontières par Botch ou les décidément sauvages Blood Brothers. Et qui relèvent plutôt bien le challenge : après s'être formé en l'an 2000, les Romeo déchirent l'atmosphère de 2001 du vitriolant The principle of pain avant de calmer le jeu avec cet Introspections taillé pour perdre l'auditoire tant il change rapidement de sujet.

Romeo is Bleeding / Chronique EP > Introspections

romeo is bleeding : introspections Acte II, scène 3. Juliette à son balcon soupire. Mmmhh fait Juliette, crrr fait le vent dans les arbres, ... fait le balcon qui ne dit rien, vu qu'il n'est qu'un balcon à mi-temps et qu'il n'a pas appris son texte.
Voilà que Roméo entre en scène pour l'ultime sérénade, ampli à 10, guitares phallusivement pointées vers sa bien aimée. Rooow fait la guitare, raahh fait Juliette, craaac fait le balcon qui s'effondre sur le soupirant. Romeo is Bleeding, et Juliette s'en fout, elle préfère Kyo.
Romeo is Bleeding, emblématique d'un certain hardcore aux côtés d'autres poulains générationnels de l'écurie Overcome, Ananda et Nostromo en tête. Symbole d'un hardcore décomplexé et poppisé, mêlant DIY et professionnalisme, éructations old school et mélodies post-rock, émo-guitares chaotiques et piano molto-presso qui rapproche le groupe d'une version française des Blood Brothers. Plus rock, plus funk, plus indé, moins métallique, Romeo quitte peu à peu le hardcore pour un style d'un autre millénaire.
Romeo is Bleeding, mais voilà déjà l'entracte pour soigner ses plaies. Bravo les comédiens.