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Rival Schools Rival Schools est un groupe new-yorkais composé de Walter Schreifels (guitare/voix et ex-Quicksand, Youth Of Today, Gorilla Biscuits), Ian Love (guitare), Cache Tolman (basse et ex-Iceburn) et Sam Siegler (batterie et ex-CIV, Youth Of Today). Le nom du groupe est issu d'un jeux vidéo de la célébre firme Capcom (Street Fighter II, c'est eux...). La première sortie officielle pour Rival Schools, c'est un EP du nom de Rival Schools United By Onelinedrawing en collaboration avec Jonah Matranga de Far. L'ambition de départ était d'inviter plusieurs membres de groupes pour sortir une série d'EP somme toute dans l'esprit des fameuses Desert Sessions et le seul témoignage qui restera de de cette démarche c'est Rival Schools United By Onelinedrawing sorti en 2001 sur le label de Walter : Some Records. United By Fate (toujours un clin d'oeil au jeu de baston...), le premier long effort de Rival Schools est sorti en juillet 2001 via Island Records en raison d'obligations contractuelles de Schreifels datant de Quicksand.
En 2002, Love quitte le groupe pour former Cardia et le reste du groupe fera de même en 2003 alors qu'un second album allait voir le jour la même année. Celui ne sortira finalement jamais sauf dans les sphères parallèles (peer2peer). Chaque membre vaquent à d'autres occupations : Schreifels forme Walking Concert, Love publie un album solo tandis que Tolman est apparu dans Institute (le projet de Gavin Rossdale de Bush produit par Page Hamilton) et Siegler intégra Nightmare Of You et Limp Bizkit lors d'un passage éclair. Des rumeurs de reformations trainent dès lors sur le net et celles-ci se concrétiseront par des apparitions du groupe lors de festivals au Royaume-Uni (Rock Am Ring, Download...). Dans cette dynamique, Schreifels annonce que le groupe bosse sur du nouveau matos et ce n'est que deux ans plus tard, en octobre 2010 que Pedals s'offrira aux oreilles des fans totalement dévoués à la cause Rival Schools. Retour gagnant ou pétard mouillé comme les potes de Far ? La réponse ne tarde pas trop et ravi les fans de la première heure comme les nouveaux adeptes.

Rival Schools / Chronique LP > Pedals

Rival Schools - Pedals Presque une décennie à patienter avant ce deuxième album des new-yorkais, une trop longue attente après un magistral United By Fate et l'arlésienne Unreleased, qui continue de hanter la toile et l'esprit des plus fans d'entre nous. Walter Schreifels ne nous avait pas pour autant oublié, en témoigne les Walking Concert et leur excellent Run to be born ainsi que son récent album solo An open letter to the scene, c'est donc aussi excité et impatient qu'un gosse le soir de Noël que je me suis empressé de fourrer la galette dans mon lecteur.

C'est parti ! "Wring it out" ouvre le bal et d'emblée on retrouve tout ce que l'on aime : riffs tranchants et addictifs, mélodie accrocheuse, voix sur le fil qui touche immédiatement l'auditeur, ça y est, ils sont vraiment de retour... Et ban ! "69 guns" nous prend un peu à contre-pied, on pensait que ça allait dérouler comme la première fois et bien non, c'est plus rock, la disto est mise de côté, on pense au dernier Sparta voire à Interpol en moins dépressif ! le morceau monte crescendo mais le combo maîtrise la bride et Schreifels, l'air de rien, nous cueille tranquille. "Eyes wide open" revient davantage au son auquel nous nous étions habitués enfin auquel nous nous attendions plutôt... soit du pur Rival Schools : rien à redire c'est parfait ! C'était plutôt discret depuis le début mais sur "Choose your adventure", les arrangements prennent vraiment le pas sur le côté incisif et noisy que l'on connaissait du groupe : la basse groove comme un titre des Girls Against Boys, le keyboard prend ses quartiers : c'est surprenant, entrainant et réussi. De son côté "Racing to red lights" est un peu l'"Undercovers on" de l'album, on l'attendait: ça c'est fait!

A peine le temps de nous remettre de nos émotions que "Shot after hot" déboule avec ses grattes shoegazes façon My Bloody Valentine : verdict c'est ultra efficace et bien que le titre soit sorti des sessions post-United By Fate (sous le nom de "Sophia Loren"), il a été réarrangé pour s'intégrer, parfaitement, aux compositions plus récentes. "A parts for B actors et "Small doses" sont les deux titres les plus pop de la liste, là plus de doute le groupe a fait le choix de privilégier les mélodies et bien que l'on soit en manque à ce stade de brûlots plus power rock, on tombe quand même sous le charme de ces morceaux avec une préférence toutefois pour le dernier nommé qui reste un bout de temps dans notre crâne. Quant à "Big Waves", il est comme "Shot after shot" un rescapé du fameuxalbum fantôme ("I don't know"). Plus édulcoré que l'original, on sent bien ici que le groupe retient volontairement ses coups pour davantage de cohérence. Dernier titre pour Pedals et l'on retrouve (enfin...) quelque chose de plus appuyé et rythmé : "The Ghost is out there" n'est cependant pas l'ultime tuerie que l'on pensait mais la voix de l'ex-Quicksand se laisse aller à quelques fantaisies, ça change et ça donne une certaine originalité au morceau !

35 petites minute (seulement) : les retrouvailles ont été rapides, trop en fait : un sentiment de frustration et une légère déception se frayent sournoisement un chemin dans notre esprit, l'attente fut longue et l'on reste sur sa faim. Et ce n'est pas l'édition Deluxe (disponible uniquement en téléchargement qui fera passer la pilule ! Dommage, d'autant que les 3 titres supplémentaires sont bons ( avec là encore un "Arranged marriage" repêché et mis au goût du jour), on se dit que le disque aurait gagné à sortir tel quel. Cela dit Pedals s'apprécie au fil des écoutes car même s'il est moins tranchant et percutant que son prédécesseur on y retrouve tout le cœur et l'âme des Rival Schools, le plaisir est là et c'est le principal, espérons qu'ils ne s'arrêtent pas là et qu'ils tromperont le monde la prochaine fois !

Rival Schools / Chronique LP > United by fate

Rival Schools - United by fate 2001, le néo-métal est à son apogée et règne en maître avec une certaine démesure : il ne sait pas encore qu'il vit ses dernières glorieuses sorties avec The war of art d'American Head Charge et Toxicity de SOAD... C'est au milieu de ce chaos métallique prêt à imploser qu'United By Fate débarque comme un cheveu sur la soupe avec au commande l'ex-Quicksand Walter Schreifels (voix et guitare) entouré d'autres ex : CIV, Die 116, Shelter, Gorilla Biscuits et Youth Of Today, dans le désordre : Cache Tolman (basse), Ian Love (guitare) et Sam Siegler (batteur).

Les Rival Schools prennent un peu tout le monde à contre pieds en tentant un revival grunge hanté par les démons du post-hardcore des 90's ; le chant de Schreifels est caractéristique des standards de l'époque : voix sur le fil, sombre et plaintive pouvant se montrer acerbe, ensuite des guitares jouant autant sur une ligne indie-rock avec des mélodies inspirées, touchantes et addictives que dans un registre plus hardcore avec des riffs tranchants, appuyés voire noisy laissant entrapercevoir une certaine influence shoegazing. Le spectre sonore est donc assez large, on sent que les membres du groupe ont voulu délibérément se détacher de leurs origines hardcore pour laisser libre court à d'autres sources d'inspiration, sans pour autant couper les ponts avec le style plus agressif dans lequel ils se sont illustrés respectivement . Impossible alors de ne pas succomber de plaisir à l'écoute de certains brûlots et l'on se surprend à penser aux Girls Against Boys ("Used for glue"), Far ("Travel by telephone" et "High acetate"), My Bloody Valentine ("The Switch"), Vex Red ("Holding sand") et Quicksand ("Favorite Star"). Que du bonheur !

Entre deux bourrasques quelques pépites laissant la part belle aux arrangements subtiles : une trame acoustique parée de sombres et retorses mélodies ("Everything has its point", "Undercovers on", "Good things", "World invitational") le tout appuyé par une rythmique bien rock sachant se monter incisive. Le quatuor de New York s'autorisant même quelques clin d'œil sur le Frank Black de "My echo", les instrumentaux très Pixies "Hooligans for life" et "Grunge model" (bonus sur l'édition UK que je vous recommande chaudement !) que l'on croirait tout droit sortis de Bossanova et pour finir le "So down on" ressuscitant Nirvana. Album riche, varié, inspiré mais aussi largement influencé (trop pour certains...) on peut cependant et légitimement se dire que les influences ont été réciproques dans le temps et que finalement l'ex-Moondog et sa bande nous délivre un album qui, faute de renouveler un genre, résume, condense et assimile avec un sacré savoir-faire tout un pan du rock indépendant des 90's.