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Biographie > Rite stoner

Ils sont cinq, viennent de Finlande, ont des noms pas très facilement prononçables et ont décidé de pratiqué un stoner metal qui défouraille les mamies, les voisins et même la chienne du boulanger. Bref, Rite aurait fait dans la dentelle que ça nous aurait bien déçu. et comme les finnois n'aiment pas décevoir, ils ne se gênent pas pour asséner aux amateurs du genre un stoner des plus metalliques, punk et heavy qui soient. Après un premier essai sous forme de 7'' paru en 2000 chez Water Dragon / Longfellow Deeds Records (Goddam), Rite sort deux ans plus tard son premier véritable album (au titre plus qu'explicite) : Shoot skull for jackpot, toujours chez les mêmes labels et distributeurs.
2004, le combo finlandais leur fait une petite infidélité, le temps de sortir son deuxième album (The Creep had it coming, Multiplatinium Records) avant de revenir chez Longfellow Deeds pour le disque qui doit faire déferler la vague Rite sur le reste du monde : Hobo Metall.

Interview : Rite, An interview ? Ok Rite now ! (juin 2010)

Interview : Rite, Interview Rituelle (juillet 2006)

Rite / Chronique LP > Death I hear you calling but I can't come home Rite now

Death I hear You calling but I can't come home Rite now Rite is back et a les crocs... Bienvenue en enfer semblent nous susurrer brutalement les bûcherons scandinaves, ça va tronçonner sec. Pas le temps de se poser que déjà "Crack of doom" prend d'assaut la platine ; et les finnois de mettre tout ce qu'ils ont dans les entrailles sur cet album brûlant comme le royaume d'Hadès. Les Hellboys ont faim et leurs riffs de sauvage dévorent tout sur leur passage. Harangue guerrière, section rythmique qui concasse les tympans et des lignes de grattes héroïques, "Man or maggot" emballe les mélodies, envoie les décibels et balance ce qu'il reste aux quatre coins du studio. Plus punk dans l'esprit, "Going, going, gone" accélère le mouvement et c'est un véritable rouleau compresseur qui se met alors en branle. Effet garanti. En a peine dix minutes et trois petits morceaux, Rite a mis le monde à ses pieds (ou presque). Et op, ça c'est fait, voilà pour l'amuse-gueule.
Ah bon, parce qu'il y en a encore beaucoup des comme ça ? Pour faire court, on va dire que les trois premiers titres de ce Death I hear you calling but I can't come home Rite now étaient là pour se dégourdir les muscles, faire craquer les articulations, histoire de parer à tout risque de claquage avant de passer aux choses sérieuses. Et là finit de rigoler, "Meanwhile in Hell" annonce la couleur. Lent, lourd, gueulard, le groupe se retrousse les manches et met les mains dans le moteur. Groove démentiel, un son énormissime et une arrogance de moyens à faire pâlir une division de blindés, Rite livre, six minutes quarante quatre secondes durant, un véritable manifeste stoner metal et même plus, une déclaration de guerre en bonne et due forme... On exagère ? A peine... "If I hard a heart" le dit haut et fort, les finlandais ne sont pas là pour faire du sentiment. Grosses guitares foudroyantes, un cocktail détonnant, un comme si les Queens of the Stone Age avait bu de la nitroglycérine au lieu du Nesquik du matin, les gaziers font parler la poudre et cramer les amplis. Enorme.
Décidés à enterrer la concurrence, les Rite ne s'arrêtent plus. On retrouve ici ce qui nous fait balancer la tête comme un demeuré chez 7 Weeks, mais le temps d'un album complet. Sauvagement burné, électrique à souhait, "I rest your case" nous visse les tympans aux enceintes. Impossible de lâcher l'écoute en route, le groupe est encore plus addictif que Jack Bauer disposant de 8 minutes et 34 secondes pour traverser Los Angeles aux heures de pointe afin de désamorcer une ogive nucléaire placée sous ses WC. Fossoyeur d'adversaire, le gang sort l'artillerie lourde. Après avoir malmené nos membranes auditives, le groupe s'apprête à nous donner le coup de grâce avec "Death after life" et son final rockin' hardcore, avant que "Rival damnation" puis "Blood turning back" ne vient définitivement nous achever. Du stoner brut, aux fulgurances metal hardcore, riffs corrosifs qui tournent en boucle, petit solo de tueur, break sulfureux, basse volubile qui serpente le long de la colonne vertébrale, mélodies abrasives, tout y est, Rite livre un album quasi parfait où chacun des pistes audio se révèle absolument indispensable. Ne cherchez plus le plus foudroyants des brulots stoner de l'année, il vous a déjà trouvé... Au W-Fenec, on appelle ça une tuerie.

Rite / Chronique LP > Hobo metall


rite_hobo_metall.jpg Hobo Metall, déjà la première chose qui vient à l'esprit en découvrant cet album, c'est : non mais sans déconner, ça sort d'où un nom pareil ? Bien justement, de nulle part puisque les finnois de Rite ont voulu un titre qui ne signifie rien d'autre que l'essence même de son album. Et là, on commence à craindre le pire, du genre gros stoner metal qui va enfiler les lates jusqu'à plus soif. En plein dans le mille, avec des noms de morceaux tels que "Of shit and a fan", "Full frontal backfire" ou "Hobo war", on sent mieux que ça va ramoner sévère et c'est le cas. Du bon gros stoner metal rock lubrifié à l'huile de coude et qui rentre dans le lard sans crier gare. De toutes les façons, ça n'aurait servi à rien de prévenir.
Incandescent, incisif et percutant (la liste des adjectifs peut être très longue.), Hobo metall lâche les chevaux ("Blowflies", "In need of discipline"...), empile les parpaings sonores et nous explose en plein visage ("Bullet rush"). Prod bien grasse, trempé dans l'acide et la sueur, le rouleau compresseur Rite rase tout sur son passage, pratiquant par là même la tactique de la terre brûlée pour mieux marquer son territoire. Mur de son, matraquage basse/guitare, rythmique ultra-carrée, "Fistrule" joue le jeu du rentre-dedans à tout va, déversant sa rage pour défoncer les cloisons à la main et ainsi finir le travail de démolition massive dans le salon des voisins. S'il est d'ores et déjà clair que les cinq premiers titres de cet Hobo Metall nous ont mis un bon gros coup derrière la tête, il faut quand même se dire à ce moment qu'il y en a autant à enquiller derrière. Ceux qui veulent prendre des actions chez les fabricants d'aspirine sont donc, évidemment, les bienvenus (sic).
On l'a métaphoriquement compris, pour la subtile délicatesse mélodique, on repassera. Un monolithe dur comme le roc(k) (facile celle-là), un véritable manifeste de furie stoner metal, Hobo Metall est un album de vrai rock, pur et dur, sauvage brut de décoffrage. Couillu à l'image des lutteurs que l'on voit sur son artwork, d'une puissance destructrice ("Ode to nothing"), cet effort ne nous laisse quasiment aucun répit, si ce n'est la seconde partie assez space rock de "I will let you dawn". Mais ça ne va guère plus loin. Forcément, il ne faut pas trop que l'auditeur relâche la pression et perde le rythme. Une véritable charge toute en furie, plus près de La horde sauvage que de La chevauchée fantastique, le troisième album studio de Rite brutalisera sévèrement les tympans des moins avertis. Mais on n'en attendait pas mieux tant cet album a été trempé dans le souffre ("Bottomfeeder"). A ne pas mettre entre n'importe quelles oreilles donc.