metal Métal > Rise and Fall

Biographie > L'art de la chute

Rise And Fall A l'origine simple side-project de Kingpin et The Deal ayant vu le jour en 2002 du côté de Genk (Belgique), Rise And Fall ne devient véritablement "actif" que suite mises en sommeil des deux groupes précités. Moult changement de line-up plus tard et la formation se stabilise autour de Cédric, Bjorn, Vince et Murph pour enregistrer son premier album : Hellmouth (2004, JTTP Records). Quelques mois après, Murph quitte le groupe mais l'album se voit distribué sur le territoire nord-américain. JP prend la place du démissionnaire et Rise And Fall enchaîne, accumulant les dates de concert jusqu'à devenir une véritable bête de live. Fin 2005, les belges sortent leur deuxième album, Into oblivion via Reflection Records en Europe avant de rééditer l'expérience américaine au printemps 2006 par l'intermédiaire de l'écurie Deathwish Inc. (Converge) qui se charge de distribuer l'album aux USA.

Définitivement lancée : la machine Rise And Fall signe officiellement chez Deathwish Inc. qui devient alors le label officiel du quartet belge, lequel en profite pour tourner encore plus entre 2006 et 2007 (aux côtés de Blacklisted ou Doomriders notamment) avant de sortir un 7'' (Clawing) et de s'atteler à la production de son troisième album long-format : Our circle is vicious. Lequel sort en 2009 dans les bacs avant d'être suivi, trois ans plus tard, par Faith, évidemment toujours chez Deathwish Inc., LE label incontournable de la scène hardcore/punk/crust/metal des deux côtés de l'Atlantique. Entre-temps, certains des membres du groupe se sont parallèlement impliqués, avec des membres d'AmenRa, dans un side-project répondant au doux nom de Blind Faith.

Rise and Fall / Chronique LP > Faith

Rise and Fall - Faith (Cover) Alors celui-là, on savait pertinemment qu'il allait nous dénoyauter les enceintes façon sport mais quand même... "A hammer and nails" attaque d'entrée les enceintes sans prendre de gants, histoire de cogner directement comme une brutasse oui mais à mains nues. A l'ancienne quoi. Une minute quatorze secondes plus tard à encaisser dans un coin du ring, mine de rien, ça ne paraît pas long comme ça mais en fait si. C'est un peu l'histoire de la distorsion psychologique de la courbe temporelle : trente secondes ce n'est rien, sauf quand on a le doigt coincé dans une porte. Là, niveau douleur, c'est un peu pareil, les Rise And Fall enfoncent les clous dans la chair et appuient avec le pied. "Deceiver" et ses quelques cinquante trois secondes (oui, tout est question de minutage ici) de démembrement auditif blackened hardcore/crust/sludge/punk de l'enfer concluent le tout et finit de mettre l'auditeur à terre. Tout ça en à peine plus de deux minutes chrono. Et ce n'est pourtant que le début.

On l'a compris, la nouvelle ogive made in Deathwish Inc. (Converge, Deafheaven, Narrows, Touché Amoré...) du plus américain des combos hardcore européens ne fait toujours pas dans la dentelle. Ici on cogne (fort) et on pose éventuellement les questions ensuite entre deux giclées de pourpre si jamais il y a des survivants ("The gallows await"). Les titres s'enchaînent en maintenant l'auditeur sous une pression maximale, celui-ci étant alors enserré jusqu'à l'asphyxie dans une camisole sonore qui éradique rapidement toute velléité de contestation non assumée. Parce que les concessions, avec Rise And Fall comme chez pas mal de groupes gravitant dans cette même sphère musicale (on pense notamment à Cursed, Integrity, Trap Them, Young and in the Way ou encore Pulling Teeth), faut tout de suite oublier, les mecs sont des guerilleros du hardcore punk qui va à 200 à l'heure en arrachant tout ce qui se dresse sur leur passage ("Burning at both ends"). Et bien entourés les gaziers qui plus est, puisque ceux-ci ont enregistré chez l'inévitable Kurt Ballou (Converge, Ken Mode, Old Man Gloom...) en s'entourant de quelques guests de luxe composant autours d'eux un casting qui a franchement de la gueule (outre Ballou qui apparaît également sur l'album, Stephen Brodsky - Cave In, New Idea Society, The Octave Museum) - et Kevin Baker de The Hope Conspiracy ont notamment répondu à l'appel). Hard.

Si le rythme faiblit quelque peu par instants, la bestialité lourde qui accompagne des titres comme l'organique "Things are different now" ou le teigneux "Breath", elle non. Le groupe ralenti légèrement cadence, mais ce n'est toujours pas déposer les armes et signer l'armistice ("Hidden hands"), plutôt pour progressivement alourdir la sauce, la rendre plus épaisse, âpre et muscler un peu plus un propos qui vire insidieusement au hardcore sludge noir, marécageux, inexpugnable. D'autant que le déferlement discontinu de violence qui vient littéralement "achever" l'album en atteste quelques instants plus tard : les riffs qui s'entrechoquent pendant que le préposé au micro s'époumone, oui Rise And Fall taille dans le gras, balance la tripaille dans les enceintes sans jamais se retourner pour contempler les dégâts. Foncer dans le tas résonne comme un mantra chez des belges qui ne font décidément pas semblant dès lors qu'il s'agit de concasser tympans et décibels pour faire parler la poudre. Et par la même occasion, expulser cette rage sourde qui traverse l'album de part en part ("Dead weight", "Faith / fate") jusqu'à en contaminer l'auditeur, marqué au fer rouge par la dizaine de brûlots corrosifs qu'il s'est pris en pleine face une demi-heure durant. Une véritable expédition punitive à la férocité palpable...