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Né courant 2007, Rinoa se compose d'ex-membres de Crydebris, Chariots et Thaed, 3 groupes qui n'évoqueront pas grand chose pour la plupart. Mais les anglais ne prennent pas beaucoup de temps pour fourbir leurs armes dans leur coin et signent rapidement chez Eye of Sound Records, label qui a notamment révélé Bossk et Devil Sold His Soul ces deux dernières années. Un premier EP est alors mis en route pendant l'hiver 2007 au Bandit Studios sous la houlette de Jonny Renshaw (DSHS justement) et cet effort inaugural éponyme débarque dans les bacs aux premières lueurs de l'été 2008.

Rinoa / Chronique EP > Rinoa

rinoa.jpg A l'heure de poser sur la platine le premier EP éponyme de Rinoa, c'est une très légère appréhension qui s'empare de nous. Et pour cause, après être resté longtemps sous le choc de la déflagration Bossk, on se dit que ce nouveau groupe sorti de l'écurie Eyes of Sound ne pourra que difficilement faire mieux. Si seulement il pouvait s'approcher du niveau de ses comparses de label, ce serait déjà pas mal d'ailleurs. On appuie alors sur "play" et c'est à ce moment là (ou presque) que l'on comprend l'étendue de notre erreur. En 4 petits titres, Rinoa jette un énorme pavé dans la mare des groupes metal post-hardcore rock qui ont pourtant quasiment tout fait pour élaguer le terrain avant lui. Mais là, dès "Between the pillars", il ne fait guère de doute que celui qui s'exprime dans nos tympans est un sérieux client. Intro toute en douceur, crescendo patient, les percussions font monter la tension d'un cran, on sent que ça va finir par nous exploser à la figure et après quelques trois minutes et quinze secondes de mise en place intelligente, Rinoa lance l'assaut. Et là, le ciel s'ouvre au-dessus de nos têtes, les guitares crachent leur venin, entre Bossk, Pelican et Envy en passant par Converge, les anglais sortent la grosse artillerie et impressionnent par la puissance de feu déployée et l'intensité émotionnelle qui s'empare de ce premier morceau. Nous transperçant de part en part, le quartet lâche une première bombe à fragmentation qui nous met à genou. Et bénéficiant en outre d'un son particulièrement massif, Jonny Renshaw (Devil Sold His Soul) à la prod et Mr.Nick Zampiello (Converge, Pelican, Torche) au mastering, Rinoa nous calcine les tympans à coup de riffs incandescents et mélodies déchirantes. "Above the oceans" grimpe un cran au dessus, le groupe y posant les bases d'un post-metal hardcore épique et tellurique qui voit des vagues émotionnelles venir s'écraser violemment contre des murs de guitares que rien ne semble pouvoir abattre. Il y a du Botch chez ce "jeune" groupe (à l'heure où sort ce EP, il existe depuis à peine un an), du Mono également et si ça s'entend moins, ça se ressent tout autant. Une fois passé l'interlude ambient "In a single day and night of misfortune" venu calmer les esprits, Rinoa vient nous achever avec le monstrueux "Atlantis". Climax de cet effort inaugural, ce quatrième et dernier morceau impose sa marque en prenant la forme d'un véritable bulldozer métallique. Le chant est rageur et éruptif, les instrumentations se déploient sans attendre, les crescendo grimpent le long de notre épiderme et le groupe parvient à se sublimer pour mieux nous émerveiller. Dans l'oeil du cyclone, les anglais semblent se détacher de la violence qui les entoure pour trouver la plénitude au milieu du chaos, dévoilant en réalité un sentiment de désespoir infini qui nous lamine les entrailles et vient se visser dans notre mémoire. C'est à la fois magnifique, orgasmique et déprimant. Après un final en tous points dantesque, nous voilà parvenu au terme d'un mini-album qui aura bouleversé nos certitudes post-hardcore/rock. A notre décharge, lorsque l'on prend un peu de recul, on se rend compte que Rinoa a échaffaudé un plan véritablement diabolique pour s'imposer avec son premier EP comme l'un des plus sûrs espoirs du genre. Impressionnant.