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Psy-LawEntrant dans la ronde avec une première demo et 5 titres saccadés, violentés, en béton armé. Traktopel-core selon Psylaw, néo pour les autres, le terme reflète relativement fidèlement le style massif construit sur ces fondations métal. Entre camion de chantier et Caterpillar jaune, "Burino style" ouvre la marche, enfin pose la première pierre de l'édifice, incisifs, arrachées, les guitares et le chant s'en donnent à coeur joie pour ciseler ces éclats métalliques, l'intro ressemble étrangement à "Ire" de Viridiana, mais s'en détache rapidement à coup de grosse caisses, de syncopes acides, de déluges de gravas hardcore, le pont s'enflamme, la recette est éprouvée et fait toujours le même effet. La saturation est étouffée, le son est mielleux, puis se vitriolise, reste en équilibre sur une basse ondulante, simple mais indispensable, doux soubresauts fondateurs, le chant s'est calmé, enfin pas tout à fait, Psylaw fait dans le traktopel-core pas dans la dentelle, et cela s'en ressent sur "Drive me to". Les riffs de Psylaw sont efficaces, perfectibles, mais assez bien balancées, certaines montées en puissance, entre hardcore et guitares dopées au phazer sont assez savoureuses, une pincée d'énergie en plus et leurs concerts doivent décollés. Pas toujours à la pointe de l'innovation, certains passages ne sont pas tout à fait en place, mais impatients et attentifs, Psylaw a plus d'un tour dans son sac et sait varié les plaisirs. La preuve en est ce "Soft" en deux parties qui sort des sentiers battus, commence lentement sur une mélodie légère, épicée, suintante, fragrance délicate dans l'air, choeurs apaisants, chuchotements gutturaux légèrement inquiétant, la montée est lente, mais s'accélère, les guitares deviennent accérées, reprise intense de l'ambiance primitive, la construction de l'ensemble est intelligente et ne cède pas à la precipitation, soudain l'équilibre se rompt, le rythme cardiaque se précipite, palpite, devient irrégulier, la basse devient tranchante, plus métallique, guitares etouffées, roulements mécaniques, machinerie qui casse net. Intro basique, primal pour "Angel front", pourquoi résister à l'appel de l'adrénaline, la sueur sur les tempes, Psylaw sait aussi foutre le boxon, le wai, cède au chant du psylo :)
Sûrement pas le groupe le plus original de l'année, mais d'une éfficacité certaine, et d'une volonté de fer, alliant riffs incisifs avec une base percussive alerte, comme dans "Angel front", Psylaw avec son traktopel-core et ses rythmes saccadés montre une fois de plus que le néo hexagonal est un vivier de petits groupes énergiques, motivés et impliqués.

Pooly
Août 2002

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