metal Métal > Prong

Biographie > Trash-indus-metal crossover

Elle est quand même bizarre parfois la destinée d'un groupe. Lorsque l'on se penche quelques instants sur les groupes majeurs de la scène estampillée "metal" des années 90, on citera forcément en vrac : Deftones, KoRn, Helmet, Ministry, Pantera ou Killing Joke. Plus rarement Down, Danzing, Corrosion of Conformity ou Prong. Pourquoi ? Le débat est lancé. Quoiqu'il en soit, pour une majorité de kids boutonneux non-anglophones et se revendiquant amateurs de rock ou metal, Prong c'est peut-être une insulte (en fait même pas...), sans doute pas un groupe. Et pourtant, le groupe est né à l'époque où les parents de ces gamins étaient encore en train de changer les couches de leurs progénitures... Formé en 1986 par Tommy Victor et Mike Kirkland, le groupe passe rapidement au format trio avec l'arrivée en son sein d'un ex-Swans en la personne de Ted Parsons. Mélangeant habilement les backgrounds musicaux de ses trois membres, Prong livre alors coup sur coup, deux albums (Primitive origins et Force fed) proposant un crossover thrash, groove metal industriel aux relents punk hardcore terriblement jouissif. A l'époque, les bons gros labels metal avaient encore du flair, ou du goût... ou les deux, et le groupe signe donc chez Epic Records (1989) et sort chez eux Beg to differ. L'année suivante, Kirkland quitte le groupe qui le remplace par Troy Gregory (ex-Flotsam and Jetsam) puis Paul Raven. Entre-temps, Prong a sorti son quatrième album studio avec Prove your wrong. Nous sommes alors en 1994, les américains accueillent l'ex-Killing Joke John Bechdel (programmation) et sortent dans la foulée la bombe Cleasing. Le groupe passe sur MTV, il est au sommet de sa forme. Deux ans plus tard, débarque dans les bacs Rude awakening, un échec commercial relatif, le groupe change complètement de line-up et ne parvient par à retrouver sa stabilité. Finalement l'inévitable se produit, Prong splitte. Et là, l'histoire est terminée.
En fait, pas exactement. Car en 2002, Tommy Victor relance la machine avec un nouveau line-up. Un nouvel album est produit (Scorpio rising) et retrouve un peu la hargne de ses débuts. Après une nouvelle période de silence relatif et quelques participations diverses et variées (avec Ministry notamment), les membres de Prong annoncent fin 2006 qu'ils remettent le couvert pour un nouvel album. Sortie prévue courant 2007.

Review Concert : Prong, Prong @ l'Ubu (Janvier 2008)

Prong / Chronique DVD > 25 years of Wacken

Wacken Open Air - 25 years Bon anniversaire. Et comme souvent dans ces cas-là, c'est celui qui souhaite le "bon anniversaire" qui reçoit un cadeau. En l'occurence un triple DVD (ou Rayon Bleu) sobrement intitulé 25 years of Wacken et sous-titré "Snapshots, scraps, thoughts & sounds". Pour les nuls en anglais, c'est "Clichés, notes, pensées et sons" parce que le coffret des 25 ans du plus métal des festivals allemands offre plus que 3 DVDs avec un bouquin de 300 photos, des textes et un bel écrin pour chacun des DVDs. Ça, c'est cadeau et je n'en parlerai pas plus car, c'est juste "sur le papier", en promo, on se contente (et avec un large sourire) des 3 DVDs "bruts", étant donné que les superbes coffrets sont réservés à ceux qui feront l'effort de débourser quelques euros pour se replonger dans cette vingt-cinquième édition du Wacken. Oui, parce que si le festoche souffle ses 25 bougies, tout ce qui est vidéo (et le son qui va avec en Dolby 5.1) ne concerne que l'édition 2014, on n'est pas du genre passéiste ou alors, ce sera pour une prochaine fois mais ce coffret ne met pas à l'honneur l'histoire et les années passées, juste une sorte de best of de ce qui s'est passé cet été. Ou presque parce que parmi les 60 groupes (environ) présents à l'image, on n'a pas trace de Arch Enemy, Behemoth, Bring Me the Horizon, Megadeth, Skid Row, Slayer ou Sodom qui étaient pourtant assez hauts sur l'affiche, histoire de droits peut-être... Ou de vrais choix car j'imagine mal les Degradead (absents eux aussi) refuser une telle opportunité. Les absents ayant toujours torts, parlons des présents...

Pour "ranger" tout ce beau monde, le choix a été fait de respecter les scènes, le premier DVD fait honneur à la double grande scène (Black et True Metal stages), le deuxième aux the Party et Wackinger Stages ainsi qu'à quelques groupes du tremplin (Wacken Metal Battle) et enfin le troisième aux Headbanger et Wet Stage ainsi qu'à la Bullhead City Circus Tent. Si tu n'es pas un habitué du WOA, c'est du latin et tu risques surtout d'être attiré par le DVD 1 vu son track-listing de grande classe. On commencera donc par la fin et les 28 groupes qui ont le droit à chacun un morceau sur le DVD, si quelques uns ne nous sont pas inconnus (Decapitated, Masterplan avec 2 ex-Helloween, The Ocean et son superbe "Mesopelagic : into the uncanny"...), il faut bien avouer qu'on fait un paquet de découvertes... Au rayon des plutôt bonnes, le blues hard rock de Black Star Riders (en fait, ce sont les Thin Lizzy !), le mélange des genres (et des couleurs et des styles) de Neopera, Lacrimas Profundere qui réussit à nous embarquer en un seul titre, Beyond The Black dont la chanteuse est très mignonne (Google image Jennifer Haben pour les curieux), The Vintage Caravan pour son esprit punk et les mimiques de son chanteur, Excrementory Grindfuckers qui a l'air gravement dérangé (dommage que je ne parle pas allemand), Fleshgod Apocalypse qui apprécie l'opéra... Du côté des trucs qu'on était contents de ne pas connaître on peut lister Collibus, Torment, Ax'N'Sex, Starchild (une des rares pistes où le son n'est pas terrible).

Le deuxième DVD permet de constater le fossé entre nos voisins et nous, si on connaît le rhénan, le culturel en terme de métal est plus difficile à voir, pas ici quand on cherche à déchiffrer "Schandmaul", un nom que les Allemands connaissent très bien puisque ça fait 15 ans que leur métal médiéval assez sympa passe dans leurs oreilles... On comprend mieux la foule et l'engouement sur cette scène ce soir-là... Même topo pour Saltatio Mortis qui m'a cependant moins touché. Les J.B.O évoluent eux au rayon déconne pas loin des BloodHound Gang et livrent deux hits immédiats que tu auras forcément l'impression de déjà connaître... Pas de reprise pour eux mais une pour Santiano qui chante en allemand la chanson du fameux trois mâts... avant d'enchaîner sur un autre titre folk métal qui fait le passer le temps sous le soleil de Wacken. Les Knorkator font moins dans la finesse, avec ou sans Timtom. Les balkaniques Russkaja assurent une transition aisée dans ce sens-là, ensuite, c'est plus compliqué car c'est August Burns Red et ses "Poor millionaire" et ''Provision" qui vient rappeler que le WOA est surtout un festoche métal ! Honneur ensuite aux vétérans de Prong pour deux titres également. Le folk théâtralo-médiéval de Mr. Hurley & Die Pulveraffen auraient trouvé une meilleure place plus tôt mais c'est aussi ça la mentalité allemande, la capacité de passer d'un style à l'autre en quelques secondes sans que personne ne crie au scandale... Place ensuite à 5 groupes qui ont participé au tremplin Wacken Metal Battle et qui se sont offerts une participation dans un festival qui rime avec Graal. Parmi eux, on remarque qu'à Hong Kong, on ne savait pas qu'Evocation n'était plus disponible comme "nom pour un groupe de métal", que décidément les instruments médiévaux ont la côte (Huldre), que Dirty Shirt aime le air guitar et que les Espagnol(e)s d'In Mute n'ont pas fait le voyage pour rien... Et même pour ces "petits" groupes la qualité de son et de vidéo est incroyablement pro, le Wacken ne laisse personne de côté quand d'autres festivals ne filment que leurs scènes principales.

Terminons donc par le commencement avec le DVD1 et sa rafale de groupes confirmés qui débarquent aux Wacken avec l'artillerie lourde en terme de show, grosses light, mises en place de feu et public au taquet pour profiter des têtes d'affiche qui bénéficient toutes de deux morceaux sur ce DVD, enfin presque car Hatebreed se contente de son seul "Honor never dies" (d'ailleurs ils auraient du être sur le deuxième DVD vu qu'ils jouent sur la "The party stage"... scène extérieure qui a tout d'une grande tout de même). Je passe sur les vieux briscards d'Avantasia (side project de Edguy) et d'Accept (maîtres chez eux), ainsi que sur Saxon pour parler un peu d'un autre papi bien plus apprécié par ici : Lemmy ! Son chapeau le protège du soleil et c'est avec son flegme naturel qu'il envoie "Rock it" survitaminé, c'est le moins démonstratif (et le plus fatigué ?) des Motörhead et le tempo de "Lost woman blues" lui sied certainement mieux. Il a beau être un dinosaure plus proche de la retraite que de ses années Hawkwind, ça reste un monument dont la voix est toujours accrocheuse. Pas de voix et un coucher de soleil pour Apocalyptica qui attaque avec un "Path" (sans Sandra Nasic que j'aurais adoré voir ici) mais avec le renfort d'un orchestre classique avec percussions, cuivres et tout le tralala qui donne encore une autre ampleur au groupe qui lance les encouragements avant l'une de ses reprises phares "Hall of the mountain king". Les Finlandais sont exceptionnels mais comme j'aurais aimé découvrir ici le choeur du public du WOA reprendre un grand standard du métal sauce Apocalyptica (au hasard "Nothing else matters" qu'ils ont joué lors du rappel) parce que rayon frissons, ça n'a que très peu d'égal. Changement radical d'ambiance ensuite avec les Steel Panther qui proposent à chacun de faire un "Gloryhole" (alors qu'il y a quand même surtout des mecs dans le public) avant de demander "Death to all but metal". Jamais dans la démesure. Hammerfall (et son métal daté), Amon Amarth (et son décor), Children Of Bodom (et son synthé) sont assez vite zappés pour voir ce que donne Emperor, pas de bol pour eux, c'est en plein jour et ça n'est pas facile pour ce genre de zik de ne pas se jouer dans le noir, les gars sont toujours aussi rapides et impressionnants. Mais comme j'ai vieilli, j'ai du mal à rester dedans... Une chanson d'amour ? C'est "Kingdom" du Devin Townsend Project qui lui aussi doit jouer sous le soleil, un temps idéal pour les hippies qui reçoivent "Grace". Le rythme reprend de la vitesse avec les locaux d'Heaven Shall Burn, un groupe qu'on voit de temps à temps à Dour sous une tente et qui là démonte une grande scène blindée dès le déjeuner ! Le pogo est juste énorme, la poussière vole, là encore, c'est très impressionnant... Eux aussi sur la plus petite scène (tout est relatif), les Carcass font le job, laissant le soin à d'autres vétérans de clore ce DVD puisque c'est Kreator qui s'en charge, là encore avec un light show de très grande classe et des plans travaillés.

C'est d'ailleurs ce qu'on retient, outre les performances de tous ces groupes, c'est l'énorme qualité de son, de prises de vue et de montage de ce triple DVD qui fait honneur au 25 years of Wacken, un souvenir phénoménal pour ceux qui y étaient, un témoignage exceptionnel pour nous tous. Encore une fois, bon anniversaire les gars et bravo pour ces vingt-cinq premières années !

Prong / Chronique LP > Power of the damager


Prong - power of the damager Il n'y a pas à dire, Tommy Victor et ses potes (soit cette fois Monte Pittman et Aaron Rossi), les pochettes d'albums (à ce niveau-là, on n'appele même plus ça un "art-work"), c'est pas vraiment leur truc. Bon déjà, Prove your wrong, c'était pas ça, Cleasing, c'était glauque et pas franchement terrible, Scorpio rising passable à l'inverse de l'album, mais là ! Je ne sais pas ce qu'il s'est passé pour que l'on ose commercialiser l'album avec un truc aussi immonde sensé figurer dessus. Tout ça pour dire que non, malgré des pochettes assez piteuses, Prong n'est donc pas mort, pas encore tout du moins. Et d'entrée de jeu, "Looking for justice" et "No justice" viennent nous rappeler à quel point le son de Tommy Victor et sa bande est aussi caractéristique que ravageur...
Rentre-dedans, catchy et burné, Prong envoie du bois et balance sa rythmique martiale au beau milieu d'une forêt de riffs qui tronçonnent. Quelques soli de gratte heavy et concis viennent bétonner l'ensemble, et le groupe livre là quelques titres primaires, classieux mais toujours très efficaces. On sent qu'avec l'expérience accumulée au fil des années et un passif plus qu'impressionnant, le groupe a cherché à simplifier sa musique. Plus de samples, des structures très basiques et des guitares qui sonnent encore et encore (l'énergisant "Pure ether", l'éponyme "Power of the damager" et son riffing thrash metal, le très mélodique "Worst of it"). Le distillat servi par le groupe est à la hauteur de ce qui avait été annoncé, soit un métal alternatif puissant primaire et instantanément jouissif à défaut de révolutionner le genre de la cave au grenier. Une batterie volubile au débit mitraillette, des guitares qui égratignent les cages à miel et un chant à la hauteur de l'enjeu remplissent allègrement les minima syndicaux exigés. L'ensemble est très carré, plutôt bien exécuté, mais (parce qu'il y a un "mais") manque un peu d'âme.
Quelques éclairs parsèment toutefois ce Prong cuvée 2007, en commençant par l'excellent "The banisher" pour passer ensuite à "Can't stop the bleeding" puis finir sur "Bad fall", mais dans l'ensemble Power of the damager apparaît comme étant un simple album de plus à ranger dans la discographie des auteurs de Cleasing et Rude awakening, leurs deux principaux faits d'armes métalliques. Toutefois, après avoir relativement bien négocié le difficile virage post-Scorpio rising et s'être éclaté aux côtés d'Al Jourgensen et Paul Raven au sein de Ministry, Tommy Victor, bien aidé dans sa tâche par ses deux nouveaux acolytes, démontre qu'il n'a rien perdu de son savoir-faire et laisse même supposer qu'avec un peu plus de prise de risques, son projet fétiche pourrait bien retrouver son lustre passé dès la prochaine livraison discographique... A suivre.

Prong / Chronique LP > Rude awakening

prong_rude_awakening.jpg Qu'on se le dise, tout ce qui n'est pas dans l'immondice sonore qu'est Scorpio rising (sorti quelques années plus tard) et son heavy poussiereux est dans ce Rude awakening qui comme son titre l'indique finement, ne fait pas forcément dans la dentelle de bourgeoise. Car après l'excellent Cleasing, Prong nous rebalance dans les gencives son métal aux tendances indus, mal dégrossi et surtout très brut de décoffrage (ce qui veut à peu près dire la même chose d'ailleurs). A toi le jeune qui doit changer trois fois de calcif à la vue du DVD live de Tokio Hotel et leurs monstruosités capillaires, plonge-toi donc dans les classiques métal des années 90 et fais-toi défoncer les cages à miel à coup de riffs virils qui mitraillent et de rythmiques pas du tout en carton pâte comme ce qui tu t'enfiles d'ordinaire.
A double titre, ça te permettra d'éviter d'avoir honte de ta stupidité dans une petite dizaine d'années (enfin, on espère...) et en plus tu économiseras sur ton budget fringues tout ça pour une modique poignée d'euros que te coûtera ton petit exemplaire de ce Rude awakening. Car le disque qui nous occupe aujourd'hui se présente comme étant dans la continuité de Cleasing... et arrose donc soigneuseuement son auditeur de rafales de guitares particulièrement incisives ("Rude awakening", "Without hope", "Face value"). Chirurgicale, la frappe est d'une précision forcément diabolique et le rock / métal indus gorgé de samples ultra-efficaces en met plein tes enceintes. Nerveux mais plus mélodique que son prédecesseur, Rude awakening joue vaguement la carte du concept-album aux ambiances de guerre froide (cf : l'artwork de l'album assez explicite), mais le résultat est à la hauteur des espérances, soit supérieur à Cleasing pourtant de très bon calibre. Lourd, glacial, le son est gras, massif mais les guitares s'effacent intelligement, quand la section rythmique prend les commandes pour régner en monarque absolu sur cette collection de titres blindés d'effets. Une prod aux petits soins (merci M. Terry Date), une éxécution nette et sans bavure, Rude awakening est de ces albums où le groupe te dévisse les vertèbres, t'anésthésie le cerveau et après te demande avec un sourire carnassier si tu en veux encore. Animal, presque néandertalien, Prong vient planter ses guêtres dans la toundra sibérienne afin de mettre un point final et dans des conditions extrèmes, à une aventure musicale sans la moindre faute de goût.
Enfin, ça, c'est avant la reprise des hostilités et un Scorpio rising qui en écoeurera plus d'un, c'est déjà une autre affaire... En l'état, ce Rude awakening est déjà un must have, et c'est bien là tout ce qui compte...

Prong / Chronique LP > Cleansing

prong_cleansing.jpg S'il y a des groupes moins connus que les icônes KoRn / Deftones / Pantera / Ministry / NIN mais qui ont largement marqué de leur empreinte la scène "metal/indus/rock" des années 90, Prong en est un parfait exemple... Helmet, Down et autres Corrosion of Conformity font sans doute également partie de cette caste ô combien mésestimée mais pourtant foisonnante. Après des débuts underground (au milieu des années 80) portés par deux baffes trash-indus métallique aux relents punk et à l'agressivité chevillée au corps, Prong livre un très honnête Prove your wrong au début des années 90. Puis, passe un cran au dessus avec le clash Cleansing.
A l'occasion des treize titres de cet album, le groupe mené par un Tommy Victor qui finira quelques années plus tard par se facher avec la quasi totalité des bons musiciens que compte cette planète, balance ses titres avec une maîtrise de tous les instants et une griffe inimitable que le groupe aurait sans doute du breveter à l'époque, ils auraient au moins gagné un peu plus de thunes. Cleansing est l'album de la confirmation du talent entrevu sur Prove your wrong, de la plénitude de ce groupe qui nous a habitué (et continuera de le faire bien des années après) au pire comme au meilleur. Le pire, c'est une certaine propension à verser dans la facilité et l'ennui soporifique par des riffs répétitifs et des morceaux très quelconques noyés au milieu de très bons, ou peut-être est-ce l'inverse. Le meilleur... c'est tout le reste, c'est à dire un riffing grassouillet au niveau du son mais affiné avec classe au niveau de l'inventivité, des rythmiques mid-tempo éléctrisantes, des samples indus discrètement omniprésents même en restant parfois tapis dans l'ombre et une énergie héritée du post-punk mais passée à l'acide pour venir t'énucléer à coup de fourchette... Sans concession. A l'image de l'artwork aussi glauque que crasseux de Cleansing, Prong, on aime ou on n'aime pas, mais au moins on est rapidement fixés. Du coup, pas de mauvaise surprise Prong ne verse pas dans le mainstream putassier qui polluent les ondes radio des années 90 et encore plus maintenant. "Another wordly device", "Cut-rate", "No question" et la mandale ultime qu'est "Snap your fingers, snap your neck" viennent nous décrasser les enceintes de leurs riffs sulfuriques et de leur chant aussi rugueux qu'agressif façon "all black pas content de s'être pris un tampon".
Ceux qui aiment peuvent se masser dans le pit et se faire éclater rate, rotule et clavicule (au choix, le père Tommy fait un prix de gros pour la totale) et se lâcher avec un groupe qui leur jettera en patûre ce qu'ils sont venus chercher... du riff et encore du riff ; pour les autres : ce sera "fuck off et on remballe". Point barre. Au moins ça a le mérite d'être clair, net et précis.