metal Métal > Prognathe

Prognathe / Chronique LP > Revelation flesh

Prognathe - Revelation Flesh Après avoir sorti un album avec A Very Old Ghost Behind The Farm, le duo Prognathe (accompagné du Père Hector sur 5 titres) enchaîne avec "son" nouvel opus, une livraison d'une dizaine de titres compactés sous le nom Revelation flesh. Et si l'artwork (surtout le dos du CD) laisse un peu à désirer (même pour leur démo donnée pour jouer dans un bar, certains font mieux), les morceaux sont eux d'une sacrée qualité. Ca tabasse autant que faire se peut et ça ne le fait pas qu'avec les armes du black ou du death puisque les Toulousains vont chercher leur second souffle dans le sludge ou quelques instantanés doom (la septième piste est une petite merveille). Les différents chants, tous plus agressifs et malsains les uns que les autres se battent pour la place et donnent l'impression qu'on fait face à une horde de métalleux assoiffés de violence gratuite alors qu'ils ne sont tout au plus que trois à nous défoncer la tronche... Avec un peu plus de boulot sur la prod' et l'emballage, Revelation flesh aurait pu faire bien plus mal encore et s'imposer comme un album incontournable pour tout amateur de métal extrêmement sauvage, mais l'énorme potentiel est là.

Prognathe / Chronique LP > Prognathe

Prognathe - S/t Par extension à la nature profonde de ce qu'est A Very Old Ghost Behind The Farm, dont il est l'émanation naturelle, Prognathe exploite assidument la facette back metal du premier nommé de manière à en exorciser les démons les plus enfouis Et si l'on veut s'essayer au petit jeu des parallèles, on citera forcément un autre projet affilié à AVOGBTF, en l'occurrence Dead Mountain Mouth, lequel explore également (parfois) les sphères les plus décadentes, malsaines et haineuses de la radicalité metal extrême. Pour faire court, si les autres projets des toulousains évoluent dans des sphères flirtant avec les frontières du black metal, cette dernière entité les franchit allègrement, pour les marier à des effluves grind/sludge/noise particulièrement prégnantes et subversives.

Premier album (éponyme) de Prognathe, le disque présentement chroniqué propose huit titres passant ce que l'on connaissait vaguement d'A Very Old Ghost Behind The Farm dans sa manifestation la plus barbare, vorace et prise d'une frénésie contaminatrice. Hard, bestial et marqué dans sa chair par une intensité sonore exacerbant les déviances (black)métalliques du groupe, l'album donne dans l'agression pure, la décongestion sonore salement violente au travers de titres aussi tordus et décharnés ("Prognathopolis", "Scrutinize" ou "Primal Concrete Sludge"). Des pistes qui viennent s'agglomérer sur la platine pour former ce Prognathe viral et chargé en distorsion sonore, habité par le malin et les effluves sataniques d'un amas de titres brutaux cannibalisant l'attention de l'auditeur ("Saturday night rabies"). Bref : Prognathe est un monstre, sans une once d'humanité en lui, une créature exhumées recoins les plus inhospitaliers des enfers pour accomplir son oeuvre.

Une musique crue, acerbe, résolument DIY en même temps que très punk, mais dans son expression la moins évidente à percevoir et cerner, ce que fait le groupe n'est évidemment pas à mettre entre n'importe quel oreille non-préparée/éduquée/murée (?). Et les titres finaux ("Homo nuclearis", "Sitting in a dream") sont autant de giclées atrabilaires, venant confirmer ce que l'on évoquait plus haut, à savoir que Prognathe est un exutoire haineux ne s'embarrassant jamais des "lois" régissant les formules présupposées de la musique extrême.

PS: : le résultat se découvre en source si tu es assez courageux. Ou masochiste aussi.

[fr] Prognathe: Bandcamp (34 hits)External ]