run for cover Attention, ceci n'est pas un album de Pro-Pain ! Avant d'entamer la partie consacrée au contenu de ce skeud, il est important de le replacer dans son contexte, faute de quoi l'amateur de la bande à Meskil ira au devant d'une sacrée surprise. En effet, comme son nom l'indique, cet album est exclusivement composé de reprises (Run for cover <-> cover => joke). On peut donc classer cet album au même titre que l'excellent Road Rage, dans la catégorie "Pro-Pain parle à ses fans". Après le live, témoignage des énormes prestations scéniques du groupe, le voici maintenant allongé sur son canapé, tentant de répondre à la question "qu'est-ce qui vous a fait jouer cette musique ?". Les voici donc partis pour nous raconter en 14 pistes quels ont été les groupes qui les ont amenés à être Pro-Pain, du groupe culte au parfait inconnu (allez, qui avait déjà entendu parler de Bohse Onkelz ?). Soyons francs, si certaines pètent tout dans leur genre, d'autres sont beaucoup plus fades. Allez, assez tergiversé, passons aux choses sérieuses, décortiquons cette playlist.
Le premier groupe à passer à la moulinette PP est Discharge, groupe punk anglais des années 80, et le titre "Never again". Bon coup de speed pour commencer donc, et ça tombe plutôt bien puisqu'ils maîtrisent pas mal dans ce rayon. Si on est encore pas très loin du style classique du combo, dès le second titre ça vole. La reprise de "Circle of the tyrants" des suisses de Celtic Frost à de quoi surprendre par son hardcore très lourd, bien loin du style NYHC. Faut aimer le genre, après une reprise c'est qu'une reprise hein. Fort heureusement, tout ça s'améliore bien vite, avec à suivre la reprise de "The crowd" d'Operation Ivy. C'est le premier groupe de 2 membres de Rancid, et pas des moindres : Tim Armstrong, le guitariste chanteur, et Matt Freeman, le bassiste monumental. D'ailleurs dès l'intro, on reconnaît bien là ses lignes de basse, si particulières et efficaces. Puis au rayon particularités, c'est cette fois Eric Klinger qui subtilise le micro au sieur Meskil, et le moins que l'on puisse dire est que lui aussi a des cordes vocales puissantes! Enfin un gros morceau! Tiens, la reprise qui suit aussi est un "gros morceau", puisqu'ils s'attaquent ensuite à "Refuse / Resist" de Sepultura. Grosses grattes, grosse voix, Pro-Pain était supposé avoir de quoi faire exploser cette reprise. Etonnement, il lui manque un ptit truc. Peut-être sont-ils trop "propres" par rapport à l'original, peut-être ont-ils trop cherché à refaire Sepultura, en tout cas le morceau avait de quoi claquer beaucoup plus, dommage. Encore dans la série "Monstre Sacré", on enchaîne sur une reprise de Motörhead, "Iron fist". Rock'n'Roll, le son tourne, Meskil nous fait une véritable imitation de Lemmy au micro, et là ça passe autrement mieux. Excellent ! Puis vient le tour du seul groupe obligé de figurer sur cet album. Ben ouais, étant donné que Pro-Pain y a recruté 50% de son line up en 99, comment auraient-ils pu louper la reprise de The Spudmonsters ? Et c'est le titre "100%" que Meskil et Klinger chantent ensemble, gros son pour gros son, ça pète ! Heureusement car juste après c'est sans aucun doute la plus grosse originalité de ce skeud. Si je vous dis qu'ils reprennent la chanson "Terpentin" de Bohse Onkelz, ça risque de pas vous dire grand chose. Par contre, si je vous dis qu'ils se mettent au punk rock, et que le chant est en allemand ? hein ?? Surprenant, sympa, pechu, festif, des adjectifs pas tous courants pour le groupe, mais qui nous donnent un morceau qui vaut le détour. Après cet écart, les choses rentrent dans l'ordre avec une excellente reprise de "Nothing" de Negative Approche. Beaucoup plus proche du style propre du combo, ça donne un titre rythmé, puissant, avec un texte débité à une cadence qui laisse peu de temps au père Meskil pour respirer, mais rassurez-vous, y meurt pas à la fin. C'est ptet d'ailleurs pour cette raison que suite à ça, on a droit à l'originalité numéro 2 de cet album. Là encore, c'est un groupe humainement proche de Pro-Pain qu'ils reprennent, puisque leur tout premier batteur les quitta pour intégrer le groupe Life Of Agony, dont ils reprennent ici le fabuleux "Weed" de l'album Soul searching son. Enorme surprise : Meskil chante ! Pas un seul éclat de voix sur tout le titre, sérieux ! Mais là encore, comme pour Sepultura, on pourrait leur reprocher d'avoir trop voulu refaire et non pas adapter le morceau. En terme de chant, la voix de Keith Caputo, c'est pas rien. Un morceau magnifique, une reprise un peu fade, re-dommage. En fait pas très grave même, puisque la piste suivante est LE morceau numéro 1 de cet album, propainement parlant. Un déluge de 62 secondes de hardcore, pour une reprise tonitruante de "Just sit there", morceau de… ah tiens, de Crumbsucker, c'était pas justement son premier groupe au père Meskil ? Voici donc Pro-Pain qui joue un des tous premiers morceaux écrit par le bonhomme, et si on replonge dans du pur NYHC des années 80, on retrouve déjà son feeling énorme pour pondre la mélodie qui va bien, the right riff in the right place at the right time ! Une grosse minute de bonheur à 10 000 volts. Et suite à cette énorme claque, la reprise de "Damage II" des non-moins énormes Black Flag paraît palichonne. C'est con parce qu'il y avait matière avec le groupe d'un autre grand monsieur de la scène hardcore, Henri Rollins. Enfin, ils se rattrapent juste après, avec la reprise d'un autre groupe pilier de la scène NYHC qui les a vu naître, Agnostic Front. Comme tout titre hardcore qui se respecte, "Your mistake" est bouclé en 1'30, et franchement, malgré ses 20 piges, il a pas pris une ride. Et dans le même genre, on enchaîne sur du punk même millésime, avec l'excellente reprise de "Knife edge" des GBH. Et puis c'est déjà la fin, et c'est avec un hommage à l'un des géants de la scène métal que se conclue ce skeud. Mais pour une reprise de Slayer, le choix du titre "South of heaven" peut paraître un peu bizarre. C'est loin d'être leur titre le plus speed, l'ambiance semble avoir du mal à décoller… étrange.
Voilà, on vous avait prévenu, on vous a pas pris en traître. Si cet album est très intéressant pour les fans, ce n'est probablement pas le bon album pour découvrir Pro-Pain. Shreds of dignity fera nettement mieux l'affaire. Mais si comme moi vous êtes du genre propaineux au dernier degré, alors comme tous ses prédécesseurs, cet album aura une place de choix au milieu de votre cdthèque.