metal Métal > The Prestige

Biographie > Le prestige du hardcore (punk)

Né courant 2009 en région parisienne, The Prestige est un quartet francilien pratiquant un post-hardcore/punk métallisé sous adrénaline, dont le premier témoignage discographique, A series of catastrophes and consequences, voit le jour quelques six mois à peine après la naissance du groupe. De nombreuses dates aux quatre coins de l'Europe plus tard, notamment en première partie d'August Burns Red, Emmure et Misery Signals, et The Prestige enregistre son premier album en 2011 sous la houlette de Guyom Pavesi (Checkmate, Die On Monday, The Locomotive Sound Corporation...) et de Magnus Lindberg (Cult of Luna, Refused, Poison the Well...). Intitulé Black mouths, celui-ci sort au printemps 2012.

Interview : The Prestige, The Prestige : un track by track dans la gueule (juin 2012)

The Prestige / Chronique LP > Black mouths

The Prestige - Black mouths Gueules noires pour déflagration (post)hardcore rock/punk de premier choix. Dans la langue de Shakespeare à défaut de celle de Voltaire (et l'on comprend vite pourquoi), Black mouths n'y va pas par quatre chemins lorsqu'il s'agit de vomir cette rage brute d'écorché vif qui transcende littéralement les membres du groupe se cachant derrière cet album inaugural à l'incandescence charbonneuse. "The truth", introduction qui n'en est pas du tout une, met l'album sur les rails d'une réussite artistique incontestable en même temps que l'auditeur sur les rotules. Un premier uppercut sonore signé The Prestige et déjà, l'implacable mécanique fait des ravages dans la tuyauterie. Oublié A series of catastrophes and consequences, un pourtant excellent EP conçu pour se faire bruyamment la main, cette fois c'est très sérieux et les parisiens ne boxent plus du tout dans la même catégorie.

Gueules noires aboyant des harangues hardcore guerrières à l'esprit punk et à la puissance déflagratrice métallique, les parisiens assènent un "Burning down Vegas" en forme de torpille sonique qui transperce l'auditeur de part en part. Une précision rock au laser, des plans outrageusement fougueux domptés par une technique chirurgicale et une sortie de morceau tout en élégance groovy, The Prestige enfonce le clou. Tout en maîtrise ardente ("Ballroom") et intensité enflammée ("Crane flies"). Rayon prod', c'est du cinq étoiles signé Guyom Pavesi (déjà aux manettes, bien que dans un autre style, de The Locomotive Sound Corporation et producteur du futur album de Checkmate), assisté par Amaury Sauvé (As We Draw, Birds in Row, Comity) ; et cette quasi perfection technique donne tout le relief aux passages foncièrement salvateurs comme aux épisodes les plus épurés de l'album (notamment à "Pluie" et ses atmosphères dark-folk ombrageuses ou "A thousand trees in my closet") voire au grand huit émotionnel que propose l'excellent "Backward".

Gueules noires pour une musique qui s'essaie à quelques passages plus post-rock/hardcore sans pour autant verser dans la facilité ou la prise de risques inconsidérés. L'équilibre est ici trouvé entre l'immédiateté spontanée du hardcore/punk/rock et le calcul post-rock/core à la métrique qui ne doit rien au hasard ("The never ending end"). Entre-temps, The Prestige n'oublie donc pas de varier les tonalités comme les approches, s'offrant quelques purs moments de rockin'hardcore des familles qui envoient sévèrement la sauce ("Forward") façon exutoire made by Converge, The Ghost of a Thousand ou Norma Jean pour les influences même éloignées (on pense également à Every Time I Die et The Carrier aussi). Lesquelles transparaissent de temps à autre sur les huit premiers morceaux de Black mouths, comme les deux derniers, sans pour autant trahir ce qui fait la "griffe" plutôt atypique des parisiens : à savoir mêler les backgrounds respectifs de chacun des membres du groupe sans forcément s'enfermer dans des certitudes préconçues et ainsi laisser des ouvertures stylistiques, même si le "genre" abordé est assez clairement établi. Du rock au hardcore, du punk au postcore ou l'inverse dans le désordre, The Prestige fait ce qu'il veut avec une aisance confondante, jusqu'à s'offrir un épilogue mélodique en forme de petite pépite à la classe imparable...

Histoire de nous en mettre littéralement... plein la gueule oui. Mais pas que.

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The Prestige / Chronique EP > A series of catastrophes and consequences

The Prestige A series of catastrophes and consequences n'est pas un virulent pamphlet contre la situation politico-économique de l'hexagone natal de The Prestige, même si on pourrait le penser ne serait-ce que de part l'ironie du patronyme de cet EP inaugural des franciliens. Par contre pour la rage brute et contaminatrice qui donnerait envie de s'indigner et de tout brûler, ça, on est en plein dedans. "Baby, they just want your body" débaroule sur la platine gorgé de cynisme et porté par une sacrée envie d'un découvre. Hardcore rock/punk métallique jusqu'à la moelle, une puissance d'impact ravageuse dans les rucks et des riffs de tueurs qui viennent s'encastrer dans les quatre murs du studio, le groupe renvoie à leurs chères études la quasi totalité des formations européennes évoluant dans le même registre pour métaphoriquement taper à la porte des groupes de chez Deathwish Inc. (les Converge, Loma Prieta, Touché Amoré et autres Trap Them...). Certes, on n'y est pas encore, le groupe ne livrant là que son premier EP mais alors qu'un album est dans les starting-blocks, on sent déjà chez ces gars-là cette capacité à faire tomber la foudre à n'importe quel moment.
Déflagration "hargne-core", les murs qui tremblent et le pilonnage systématique des tympans qui reprend jusqu'à nous coller au siège, The Prestige n'en a pas eu assez de déchaîner les éléments avec son premier essai, alors il en remet une couche le temps d'un "Painters & novelists" plus rock'n'roll mais pas moins effréné ni passionnel. Effet garanti et véritable, les franciliens envoient le bois et ne veulent pas jouer petits bras. On se dit alors qu'ils mettent tout ce qu'ils ont dans les tripes sauf qu'en fait, "A view from..." démontre quelques instants plus tard qu'en fait... bah pas du tout. Les guitares tendent à alourdir le propos, la section rythmique marteau-pilonne jusqu'au sang et le vocaliste s'époumone pour nous en mettre plein la gueule. Evidemment ça fonctionne. Jusqu'au quatrième et implacable dernier titre de l'EP : "The lakeshore" sur lequel le groupe prend bien soin de calmer le jeu quelques instants afin de soigner son intro pour mieux décharger une dernière fois son incandescence hardcore rock punkisante aux reflets métalliques. Rayon prod', on n'en a pas parlé parce qu'il n'y avait pas grand chose à dire, c'est impeccable. Pour le reste, The Prestige se révèle comme une véritable sensation hexagonale à suivre de très très (très) près. Un album est déjà dans les cartons à l'heure où sont rédigées ces lignes (ça nous apprendra à chroniquer des trucs 2 ans après la bataille) et promet du lourd. Nous voici donc plus que prévenus.

PS : L'EP est en téléchargement libre juste ci-dessous. Enjoy.

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