metal Métal > Prejudice GVA

Biographie > le préjudice genevois

Formé par deux frères (Damien au chant et Boris à la batterie), Prejudice GVA existe quelque peu depuis 1993... Ils ont donc vécu et survécu aux années 90 et ont suivi de prés l'évolution de la scène genevoise depuis maintenant presque 15 ans ! Pendant 2 ans, ils sont à 3 et font des concerts à gauche à droite, en 1995, ils passent à 5 et enregistrent une première démo sous le nom de Prejudice. Ils signent ensuite chez Division records pour sortir un EP (Metalcake en 1996) puis un split avec Fraction Zero en 1997. C'est pour Hannibal's Records qu'ils délivrent deux maxis Inner struggle (1999) puis Opposite cycle (2000) et leur premier album : Between hapiness and self-destruction (2001, enregistré chez Jerôme Pellegrini, gratteux chez Nostromo). Autour des deux frères, le line-up fluctue et c'est avec le bassiste de Knut (Jérémy) et un nouveau guitariste qu'ils vont chez Serge Morattel (Knut, Tantrum, Membrane...) enregistrer un deuxième album L'enfer c'est les autres..., album qui sera masterisé par Alan Douches (Converge, Hatebreed, Mastodon, Ampools, My Own Vision, Strike Anywhere...) et dispo via GPS Prod (les Flying Donuts en Suisse, c'est eux !). Au passage, le groupe ajoute un "GVA" à son nom, GVA, c'est le code pour Aéroport international de Genève et ça permet de les démarquer des autres Prejudice... Depuis une dizaine d'années, le groupe a croisé pas mal de monde sur sa route et pas que des petits suisses (Knut, Nostromo, ...), citons juste Refused, Sick Of it All, Most Precious Blood, Madball, Caliban, Knuckeldust, 25 Ta Life ou NRA ! Aujourd'hui, c'est Jean-Christophe qui tient la guitare et Jean-Baptiste la basse, avec un tel album sous le bras, il devrait enfin (re)faire parler d'eux hors de Genève.

Prejudice GVA / Chronique LP > L'enfer c'est les autres...

prejudice gva : l'enfer c'est les autres... Magnifique digpak illustré par de jolies photos et un coup de crayon fusant, titre évocateur, origine Suisse contrôlée, comment avant même de l'écouter ne pas tomber sous le charme de Prejudice GVA ? Et pourtant il m'aura fallu du temps pour le chroniquer (mais cela ne vous regarde pas...) et je m'en excuse auprés des Helvètes comme de toi, lecteur qui n'aurait, par mon retard, pas encore entendu parlé ce groupe de HardCore aux émotions fortes qui est tout simplement excellent. Après Tang et Burning Each Day, c'est une nouvelle claque dans un genre où il est pourtant peu évident de savoir bien doser les ingrédients pour me plaire. Prejudice GVA s'en sort avec une facilité déconcertante, fort d'une longue expérience très hardcore, les instruments savent frapper là où ça fait mal sans pour autant répéter à l'envie les mêmes schémas, l'approche et l'accroche très rock'n'roll injectent une grosse dose d'énergie et une dynamique loin d'être aussi binaire que le laisse supposer l'adjectif "hardcore". Je ne connais pas les débuts sonores du groupe mais il y a fort à penser que le chant émo/screamo est aussi bien tenu aujourd'hui c'est qu'il s'est forgé au court des années pour atteindre ce point d'équilibre entre rage, désespoir, écorchures et agressivité. Petit bémol : la monotonie des parties chantées, si les rythmes et la puissance varient un peu, la direction générale est toujours la même, les textes étant peu perceptibles (excepté "L'enfer c'est les autres..."), c'est musicalement que les compositions se distinguent. Notons que quelques titres sont en français mais comme d'autres -Amanda Woodward, Gameness, Brume Retina...- pour bien comprendre, mieux vaut aller lire les écrits qui sont disponibles sur le digipak. Musicalement, c'est le pied total avec un hardcore'n'roll explosif (tiens, m'étonnerait pas qu'ils soient potes avec les Houston Swing Engine), l'intro de l'opus et/est celle de "No cure", le riff ne trompe pas sur la solide base rock du combo qui démontrera tout au long de ses morceaux l'importance de la variété des riffs, des sons, des breaks, de la mise en place de chaque instrument au service de l'énergie et de la puissance. Furieux ("143"), pénétrants ("Someday") et enjoués ("Life-cycle"), on ne s'ennuie jamais si on s'amuse à suivre les chemins empruntés par les instruments.
Prejudice GVA a certainement une situation plus enviable que Garcin mais vivants ou mort, L'enfer c'est les autres..., à ceci près que je préfère être en Huis clos avec l'album qu'avec ces autres...