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Prejudice GVA > Chronique LP / L'enfer c'est les autres...
Magnifique digpak illustré par de jolies photos et un coup de crayon fusant, titre évocateur, origine Suisse contrôlée, comment avant même de l'écouter ne pas tomber sous le charme de Prejudice GVA ? Et pourtant il m'aura fallu du temps pour le chroniquer (mais cela ne vous regarde pas...) et je m'en excuse auprés des Helvètes comme de toi, lecteur qui n'aurait, par mon retard, pas encore entendu parlé ce groupe de HardCore aux émotions fortes qui est tout simplement excellent. Après Tang et Burning Each Day, c'est une nouvelle claque dans un genre où il est pourtant peu évident de savoir bien doser les ingrédients pour me plaire. Prejudice GVA s'en sort avec une facilité déconcertante, fort d'une longue expérience très hardcore, les instruments savent frapper là où ça fait mal sans pour autant répéter à l'envie les mêmes schémas, l'approche et l'accroche très rock'n'roll injectent une grosse dose d'énergie et une dynamique loin d'être aussi binaire que le laisse supposer l'adjectif "hardcore". Je ne connais pas les débuts sonores du groupe mais il y a fort à penser que le chant émo/screamo est aussi bien tenu aujourd'hui c'est qu'il s'est forgé au court des années pour atteindre ce point d'équilibre entre rage, désespoir, écorchures et agressivité. Petit bémol : la monotonie des parties chantées, si les rythmes et la puissance varient un peu, la direction générale est toujours la même, les textes étant peu perceptibles (excepté "L'enfer c'est les autres..."), c'est musicalement que les compositions se distinguent. Notons que quelques titres sont en français mais comme d'autres -Amanda Woodward, Gameness, Brume Retina...- pour bien comprendre, mieux vaut aller lire les écrits qui sont disponibles sur le digipak. Musicalement, c'est le pied total avec un hardcore'n'roll explosif (tiens, m'étonnerait pas qu'ils soient potes avec les Houston Swing Engine), l'intro de l'opus et/est celle de "No cure", le riff ne trompe pas sur la solide base rock du combo qui démontrera tout au long de ses morceaux l'importance de la variété des riffs, des sons, des breaks, de la mise en place de chaque instrument au service de l'énergie et de la puissance. Furieux ("143"), pénétrants ("Someday") et enjoués ("Life-cycle"), on ne s'ennuie jamais si on s'amuse à suivre les chemins empruntés par les instruments.
Prejudice GVA a certainement une situation plus enviable que Garcin mais vivants ou mort, L'enfer c'est les autres..., à ceci près que je préfère être en Huis clos avec l'album qu'avec ces autres...
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