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Si la tradition du mariachi, cette culture musicale originaire du Mexique, a dépassé des frontières au fil du temps, elle aura au moins traversée la pensée d'un groupe d'Arles à l'année 2003. C'est en effet à cette époque que Post-Trauma Mariachis se forme et déverse sa musique reflétant assez bien l'image de son pseudonyme : un mélange des styles - fusion diront certains - aux antipodes de la fête soutenus par des textes assez sombres. Une première démo 4 titres, intitulée Anonymes par vocation, voit le jour en 2006 suivie deux ans plus tard d'un premier album autoproduit, Nature morte. En 2009, le quatuor remet le couvert avec une démo de 5 titres Brown Brown espérant pouvoir attirer l'attention des fans de musiques brutes, hargneuses avec une certaine sensibilité.

Post-Trauma Mariachis / Chronique EP > Brown brown

Post Trauma Mariachis - Brown Brown Voilà déjà plus de six ans que Post-Trauma Mariachis est sur les planches et le moins que l'on puisse dire c'est que cette formation d'Arles avance doucement mais surement. Doucement car l'objet présenté à travers cette chronique est une démo alors que l'on aurait pu s'attendre à un premier ou deuxième album signé sur un label indépendant. Et surement car il s'agit de la troisième production après une démo et un premier album autoproduit intitulé Nature morte et mis en téléchargement gratuitement sur le net en 2008. En attendant le second album, Le tiers, prévu pour cette année, les Post-Trauma Mariachis nous dévoilent Brown Brown, un 5 titres sans prétention aucune au son brut et à la production limitée. Les Arlésiens pratiquent une fusion rock-métal rappée qui n'est pas sans rappeler la scène française des années 90, celle des Lofofora, No One Is Innocent, Silmarils et consorts, tout en allant flirter avec le néo-métal de la fin de cette même décennie (la fin de "Retour à l'anormal" faisant terriblement penser à Tripod). Rien de vraiment nouveau ne transparait musicalement à travers cette galette si ce n'est un chant rageur doté d'un timbre de voix et d'un flow assez unique (qui par définition ne plaira donc pas à tout le monde). Il faudra d'ailleurs une certaine attention pour suivre les paroles tellement cela va vite (même si certains ont fait pire il y a une dizaine d'années). St, chanteur qui n'a pas sa langue dans sa poche, fait indéniablement penser au fougueux Reuno tout en ayant sa propre touche. Même lorsque les chansons baissent d'un ton, à l'image de "Lien d'hérédité" ou "...", la sensibilité des mots, reflets de désillusions, passent par cette hargne que l'on retrouve chez certains rappeurs. Brown Brown respire la sincérité, l'esprit punk DIY (autant visuel que sonore) et une certaine ouverture aux styles à l'instar du dernier titre, mélange entre autres de piano, de violons et de chœurs rempli d'amertume. Malgré la bonne volonté du quatuor, on regrettera la production assez faible. Pour une démo, fallait-il s'attendre à mieux ? Voilà surement une bonne raison de patienter avant l'arrivée du nouvel effort.