Salut Richard ! Comment ça va ? Porcupine Tree - Richard Barbieri
Plutôt bien, on vient juste de finir les balances. Les derniers concerts étaient vraiment fantastiques, tous complets, ça n'aurait pas pu mieux commencer ! On est vraiment impatients pour ce soir, c'est vraiment une salle extraordinaire. On a déjà joué ici une fois, mais sans afficher complet, mais ce soir est différent. C'est une salle historique, magnifique.

Robert Fripp (King Crimson) ouvre pour vous ce soir, c'est un événement !
Oui en effet ! Sa musique fait beaucoup parler, j'espère que le public appréciera.

Vous avez déjà collaboré par le passé, vous avez préparé quelque chose de spéciale pour le concert de ce soir ?
Oui c'est vrai que nous déjà joué ensemble, mais nous n'intervenons pas dans les shows live de chacun. Mais il est une réelle influence, surtout pour Steven, il est vraiment fan. Pour moi l'influence vient plutôt de ses collaborations extérieures, comme avec David Bowie. Je ne connais pas très bien King Crimson en fait.

The Incident, votre dernier album, vient de sortir...
Et on en est très fiers ! Je pense que cet album est un vrai challenge, pas nécessairement facile d'accès pour ceux qui l'écoutent. Mais jouer The Incident en live est un vrai plaisir, il y a beaucoup de changements de dynamiques, c'est vraiment une belle œuvre musicale.

Près d'une heure de musique sans interruption, c'est assez dur à jouer en live non ?
Oui c'est difficile, ça demande énormément de concentration. Mais on a bien répété.

Pour Porcupine Tree, les répétitions d'avant tournée, c'est combien de temps ?
Tout juste cinq ou six jours. Beaucoup de groupes répètent des semaines entières. Nous travaillons à la maison avant de se retrouver, donc le gros du travail est déjà effectué lorsque l'on débute les répétitions à proprement parler.

Quelle approche avez-vous développées pour écrire cet album ?
En réalité il y a eu deux processus d'écriture. La plupart des titres sont composés par Steven, qui nous les propose ensuite. Puis on joue, on interprète, on arrange tous ensemble. Mais on passe aussi du temps à écrire, en studio, tous ensemble. On a vraiment trouvé une balance entre les deux méthodes. En général, Steven finit par écrire seul les deux tiers d'un album, le tiers restant correspondant à ce que le groupe a composé.

Apparemment, Steven avait, à peu de choses près, déjà tout écrit avant d'arriver en studio...
Oui il avait déjà écrit "The Incident", le premier CD. Mais le second disque est issu du travail de groupe que nous avons fait en studio. Il y a aussi deux ou trois titres de The Incident qui viennent aussi des sessions communes.

Steven est donc arrivé en disant "salut, voilà ma chanson de 55 minutes" (rires)?
Oui en effet (rires) ! Puis nous avons arrangé ça tout ensemble. On a complété l'ensemble.
The Incident est en fait une et une seule chanson, mais séparée en 14 titres...
Oui il y a beaucoup de plages, mais ce n'est pas comme ça que nous l'avons enregistré. En fait on avait séparé la chanson en cinq sections, toutes de même tempo, avec la même tonalité. Mais chaque plage n'est pas un titre à part entière. C'est marrant car on voudrait que certains titres se développent plus, mais non, ça s'arrête (rires) ! On peut trouver de très beaux refrains. On voudrait qu'ils durent, mais non, c'est déjà fini (rires) ! C'est bizarre en un sens, et certainement inattendu. Quand j'ai écouté The Incident pour la première fois, je l'ai trouvé vraiment ambitieux, et je l'ai tout de suite trouvé intéressant.

Pourquoi 14 titres alors ?
C'est une question qu'il faudra poser à Steven lui-même. Je ne sais vraiment pas pourquoi c'est séparé de cette manière. Il y a probablement un concept derrière ou quelque chose comme ça. C'est certainement lié aux paroles. Mais la chose intéressante est que ça ne suit pas un plan pré-déterminé. Il y a des hauts et des bas, des moments doux et d'autres assez violents, des mélodies... Du coup c'est très intéressant à jouer en live.

Sur le second disque de The Incident figure "Black Dahlia", signée Richard Barbieri...
Oui c'est moi qui ai composé la musique. J'avais ce morceau déjà écrit et je l'ai amené lors des sessions d'enregistrement. On a commencé à jammer dessus, je crois qu'on a ajouté un refrain en plus, mais la majorité est d'origine. Steven s'est ensuite absenté pendant une heure, de retour il avait les paroles ! Quand on travaille en studio, il nous arrive de travailler dans des salles différentes. Quelqu'un arrive avec quelque chose de nouveau, un autre retravaille ça de son côté avant de revenir avec autre chose encore... c'est un processus assez intense.

Tu as certainement écouté l'album solo de Steven. Tu penses que ça été une influence sur The Incident ?
Honnêtement, je ne pense pas. Steven dirait probablement le contraire. Mais The Incident est du 100% Porcupine Tree, le meilleur de Porcupine Tree à vrai dire. Il y a un peu de chaque album. L'album solo de Steven est bien différent de The Incident, c'est un style différent, bien plus expérimental.

Porcupine Tree 2 - Olympia 2009 Porcupine Tree 2 - Olympia 2009 Quel est la position des claviers dans Porcupine Tree ? Construire une base pour les guitares, ajouter différentes couches de sons ?
C'est une question assez difficile... Les synthétiseurs permettent d'assumer bien des fonctions différentes. La guitare, la basse, les claviers, ont un son bien défini et une tessiture limitée. Avec les synthés, je peux jouer bien plus grave que la basse et bien plus aigu qu'une cymbale par exemple. Je peux passer de sons dissonants à des mélodies... Donc pour moi les possibilités sont bien moins limitées. Ce que j'essaye de faire est de trouver la bonne approche de l'espace sonore. Quelques fois, les synthétiseurs ne sont pas indispensables, donc je ne joue pas. Mon rôle est plutôt de jouer la bonne note au bon moment pour créer une ambiance, une atmosphère, des textures particulières.

Donc tu ne te considère pas comme un virtuose du clavier comme Jordan Rudess (Dream Theater) peut l'être ?
Oh non ! Je suis l'opposé complet (rires) ! Je ne veux pas jouer vite, et je suis heureux de ne pas pouvoir jouer vite. En fait, il n'y a aucune raison de jouer vite (rires) ! Pour jouer quelque chose de très rapide aux claviers, il faut garder un son assez basique, pour bien distinguer la répétition des notes. Ce que j'essaye de faire est de jouer la bonne note au bon moment, et trouver LE son qu'il convient.

Les concerts précédents, ainsi que celui de ce soir, étaient complets. Comment vous accueillez ce succès ?
Oh c'est vraiment fantastique ! On a travaillé longtemps, beaucoup tourné, donc les choses finissent par changer. Mais je ne comprends pas trop notre succès. Peut-être que les gens croient en nous parce qu'ils savent que nous-mêmes croyons en notre musique et que nous n'essayons pas d'être dans une démarche commerciale, ni de plaire à qui que ce soit.

De plus en plus de jeunes s'intéressent à Porcupine Tree et à un genre de musique que l'on ne s'attend pas à être écoutée à 16 ou 20 ans...
Oui c'est vrai, c'est curieux d'ailleurs ! Les jeunes ont plutôt tendance à écouter Muse, même s'ils sont assez prog. Ou encore Radiohead. Je ne sais pas... sans doute qu'ils nous trouvent cool après tout (rires) !

Un DVD live devrait sortir bientôt visiblement !
Oui, au printemps, en mars ou avril. Le DVD a un rendu exceptionnel, de haute qualité. Je crois qu'il y avait environ 16 caméras qui filmaient, et en plus ça sonne vraiment vraiment bien. Ce live sera un document complet sur la tournée Fear of a blank planet, à l'occasion de deux concerts en Hollande. Encore une fois ce sera un magnifique objet.

Merci beaucoup d'avoir répondu à W-Fenec Richard !
Merci à toi, c'était un plaisir !