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Biographie > Ils ne restent jamais trop longtemps dans leur Planks

Né à la fin de la première décennies des années 2000, Planks est un trio (post)hardcore/doom/sludge/rock allemand originaire de Mannheim qui sort sa première démo en 2007 avant de mettre rapidement en boîte un premier disque, éponyme, qui paraît en 2008 chez Narshardaa Records avant d'enchaîner avec des wagons de dates un peu partout dans sa contrée natale. Un split LP avec Tombs plus tard et le groupe se met à écumer les scènes du vieux continent avant de livrer un deuxième album long-format en 2010 avec The darkest of grays qui paraît un peu confidentiellement via Per Koro Records. Trop sans doute au regard de Southern Lord qui signe le groupe pour une réédition dudit effort et se charge également de livrer l'EP que sortent les allemands moins d'un an plus tard (Solicit to fall).
En 2012, quelques mois après un split LP avec le groupe Lentic Waters, conjointement sorti par Apocaplexy Records, React With Protest et IFB Records, Planks signe avec Golden Antenna Records, chez qui sort Funeral mouth à l'automne 2012.

Planks / Chronique LP > Funeral mouth

Planks - Funeral mouth On a trop souvent l'habitude de croire que Golden Antenna Records est un label (oui de qualité supérieure évidemment) spécialisé post-rock. La faute à un roster au sein duquel on a un jour rencontré - même si ce n'est plus forcément le cas aujourd'hui - des formations de la trempe de Daturah, From Monument to Masses ou Maserati. Seulement au fil des années, la ligne éditoriale a sensiblement évolué, laissant la part belle à des entités qui déclinaient peu à peu la mouvance post-rock vers des horizons noise (Kerretta), progressifs (Earthlimb) ou ouvertement post-métalliques et sludgecore (Tephra). Jusqu'à Planks, véritable mastodonte post-hardcore-sludge-doom de l'Enfer qui résonne comme le groupe le plus "lourd" du label .

Un groupe teuton qui avec son dernier-né, le prophétiquement très bien nommé Funeral mouth, enterre littéralement l'auditeur sous des kilotonnes de riffs colossaux. Pas vraiment étonnant de la part d'un groupe qui a notamment co-signé un split avec Tombs ou sorti des albums (en réédition) chez Southern Lord, pape de la mouvance postcore/doom/sludge/black metal extrême, ce même si "Inconsolable", le titre qui ouvre cet effort n'est finalement pas si heavy que cela. Enfin toutes proportions gardées quand même, c'est déjà bien pesant et d'une densité plutôt hors du commun dans l'expression d'une griffe de composition drôlement massive. Et là, Planks nous fait comprendre que sa définition du Hard n'est pas simplement celle à laquelle on s'attendait, bien que le résultat soit déjà d'une violente abrasion émotionnelle. On développe.

Eux ils appellent ça du gloomcore. Nous on se contente d'acquiescer et d'encaisser. Parce que dès le morceau éponyme de l'album, le propos se veut acerbe, virulent, pesant en même temps qu'il exhale une ambiance de fin des temps. Un petit quelque chose d'Apocalypse (imminente) paradoxalement contrebalancé par quelques passages plus lumineux, libérés d'un carcan extrême pour exercer leurs riffs sur des territoires post-noise-rock de grande classe.. Avant qu'Hadès ne s'empare de nouveau du sujet pour un "An exorcism of sorts" sans concession. D'ailleurs, la demi-mesure ou la retenue, ici faut de suite oublier. Planks fait parler le feu sacré d'un post-metal brûlant ("Kingdom", "Agnosia archetype"), volubile, bestial et sacrificiel. Et en sus, le groupe balance des mélodies euphorisantes qui fait passer l'auditeur par tous les états avant de sortir la très grosse artillerie post-sludgecore sur le tellurique "Weak and shapeless". Dément.

On en a déjà pris plein la tuyauterie et pourtant le groupe n'en a pas encore terminé avec nous. Il se décide alors à libérer son Kraken métallique avec un "I only see death in you" caverneux et infernal, avant de brouiller quelque peu les pistes en mêlant le gros hard qui tâche et post-rock ascensionnel ("Scythe imposter"). Le final de Funeral mouth est lui à l'aune de ce que l'on attendait du groupe en cette fin d'album. Et que ce soit avec "The spectre" ou "Desolate" il est une fois encore bluffant. Grosse claque. Grand classe.