metal Métal > Pitbulls in the Nursery

Biographie > Tel chien tel maître

Pitbulls in the Nursery est de retour dans les bacs ! Depuis son album Lunatic sorti en février 2006 puis le départ de son chanteur fondateur en 2007, le groupe était un peu dans le brouillard, répétant un temps avec Céd (Supertanker) puis trouvant en Tersim (début 2011) celui qui tiendrait le micro de cette nouvelle étape de la vie du groupe. S'ensuivent des concerts (avec Loudblast, Benighted, Trepalium, Eths, 7 Weeks...) et beaucoup de boulot jusqu'à l'enregistrement d'Equanimity au Dark Wizard Studio par François (leur bassiste) en 2014. L'album est ensuite masterisé par Alan Douches puis délivré par Klonosphère en mai 2015.

Pitbulls in the Nursery / Chronique LP > Equanimity

Pitbulls in The Nursery - Equanimity Equanimity, non, ce n'est pas un néologisme qui claque, c'est bien une notion qui existe et que je la découvre grâce à Pitbulls in the Nursery, c'est le fait de ne pas ressentir d'émotions, d'être complètement dans une bulle où rien ne nous touche, que ce soit en positif ou en négatif. Une sorte de neutralité affective totale qui permet d'accepter le réel et prendre les meilleures décisions. Un truc qui est davantage un objectif spirituel qu'un passe-temps mais le concept est intéressant. Difficile pour autant de rester équanime à l'écoute de l'album qui regorge de bonnes trouvailles et qui nous fait vivre différentes sensations, parfois brutales ("Insiders"), parfois douces ("Rule the plight" où les plaisirs sont variés et rappellent en cela la science de (dé)composition de Gojira), toujours enlevées et bien amenées. Parce que le grand talent de Pitbulls in the Nursery, c'est de trouver du liant à des passages assez différents les uns des autres, on peut passer d'une guitare acoustique à une basse nerveuse à un rush vocal en quelques secondes ("Your dream's not mine") sans que cela ne sonne ni téléphoné, ni abrupt, un vrai tour de force qui font de certains morceaux assez "progressifs" des titres purement métal qui charmeront ceux qui n'aiment pourtant pas les circonvolutions prises de tête.

Concevoir le métal comme le fait Pitbulls in the Nursery est certainement plus facile en 2015 qu'il y a 10 ans, en effet les Porcupine Tree (Fear of a blank planet), Gojira (From Mars to Sirius) et autres Opeth (Ghost reveries) ont cartonné avec des albums complexes et ont réclamé aux auditeurs une attention particulière pour profiter de toutes les subtilités. Aujourd'hui, on savoure donc plus aisément ces titres qu'on aurait jugé "expérimentaux" ou "pour les intellos" à une époque où il fallait être simple (voire simpliste) et se concentrer sur le rythme et la puissance avant de réfléchir. Pitbulls in the Nursery combine tout avec dextérité et classe. Chapeau bas !