metal Métal > Phoenix Avenue

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Des groupes estampillés metal indé, l'hexagone en compte des milliers. Heureusement ou malheureusement car la profusion ne fait pas tout. Et pour un groupe désireux de ne pas faire forcément ce qui marche dans les bacs, ou suivre un modèle qui cartonne, combien de formation bassement à la traîne des têtes de gondoles du rayon indé/ metal des enseignes culturelles ? Evidemment, plus la quantité est importante, plus il y a de chance de trouver au détour d'un mp3 qui tabasse, une petite poignée de formations qui cultivent leur indépendance, tant artistique qu'économique. Des groupes pour lesquels vendrent son âme au profit du tout marketé est impensable et avoir un minimum d'exigence musicale, une condition sine qua non pour sortir un disque... Dans le genre, des combos comme Counterfeit, Empty Look Masses ou S-Pam et quelques autres ont su récemment tirer leur épingle du jeu. Du reste, c'est chez un membre des derniers cités que Phoenix Avenue, le groupe qui nous intéresse aujourd'hui, a enregistré son premier album studio : Egregor. Trio originaire de Tours et évoluant ensemble depuis 2004, le groupe est, comme souvent, d'abord passé par la case démo, afin de se rôder, de mettre en exergue ses défauts avant de passer à l'étape suivante, celle du premier abum. Complètement autoproduit, celui-ci voit le jour début 2007 et permet notamment au groupe de partager la scène avec LND ou Lofofora.

Phoenix Avenue / Chronique LP > Egregor

phoenix_avenue_egregor.jpg Egregor ou "la résonance vibratoire émise par la psyché d'un groupe de personne vibrant sur une note déterminée", honnêtement, là, en fin de journée, c'est pas vraiment évident à saisir comme concept. Toujours est-il que Phoenix Avenue, via un artwork aussi nébuleux que le titre de son album surprend et déroute au premier abord. Car ce qui nous était présenté comme un album dit "metal", début par une longue intro acoustique alternative ("Aurore d'un egregor"), inventive et fascinante mais à aucun moment à rapprocher de ce que l'on aurait imaginé. Se serait-on trompé de CD ? L'éponyme second morceau de l'album nous vient infirmer l'hypothèse. Rythme à la Prong, riffing massif, chant en anglais (mais avec un accent à couper à couteau... dommage), Phoenix Avenue met les choses au clair, les mecs ne sont pas là pour rigoler, mais malgrés des arrangements assez inventifs, semblent manquer un peu de puissance pour étayer leur propos.
Un constat qui revient sur le morceau suivant ("A red wne stain"), sur lequel le groupe évolue dans des sphères proches du néo/ emo metal sans pour autant se complaire dans la médiocrité crasse chère à nombre de groupes actuellement en haut de l'affiche. "Blackberry" passe la vitesse supérieure et envoie carrément la sauce direct dans les enceintes. D'autant que malgré un manque relatif de puissance, les Phoenix Avenue compensent par le coeur qu'il mettent à l'ouvrage et un talent pour produire des vagues de riffs particulièrement inventifs et les insérer dans des structures qui parviennent à sortir constamment de l'ordinaire. Ce qui fait que l'on ne s'ennuie jamais à l'écoute des onze titres de cet Egregor pas vraiment commun ("", ""). Quelques influences carrément old-school (80's/ 90's), d'autres bien plus modernes, Phoenix Avenue parvient à trouver son chemin entre nombre de références plus ou moins encombrante, même si encore une fois, le chant à parfois tendance à pêcher par manque de prises de risques : un accent anglais trop français, des textes en français un peu mellow... comme en témoigne le très poussif "Portrait". Par chance pour nous... et pour eux, les tourangeaux retrouvent des couleurs sur l'excellent "Old marionette" et le ravageur "Fangs for sale", preuve que ces mecs en ont dans le ventre et qu'avec un peu plus d'expérience, ils pourront faire vraiment mal ("N" ou "Mémoire de l'egregor", dans deux genres complètement opposés). Voilà qui est déjà pas mal.