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Phil Anselmo / Chronique LP > Walk through exits only

Phil Anselmo - Walt through exits only Non content d'avoir déjà bien marqué de son empreinte la scène metal des trois dernières décennies avec Pantera, Superjoint Ritual ou Down, Philip Hansen Anselmo s'échine depuis quelques années à diversifier ses activités, par le biais de son label Housecore Records au travers duquel il joue les découvreurs de talents/accélérateurs de particules (on pense notamment à Arson Anthem ou Haarp par exemple); ou du festival qu'il a lui-même fondé, soit le Housecore Horror Film Festival (dédié comme son nom l'indique au cinéma de genre mais également à la musique). Et mais s'il est même allé jusqu'à participer à la création d'une attraction baptisée The House Of Shock pour un parc situé à la Nouvelle-Orléans (ça c'est pour le hors-sujet.), il ne s'était, jusqu'à il y a peu, jamais lancé en solo.

Mais ça c'était avant. Parce que depuis 2012, le bonhomme a décidé d'initier le projet Phil Anselmo and the Illegals (soit lui-même accompagné d'un backing-band à géométrie variable) lui permettant de s'exprimer hors du schéma traditionnel de bande. Une première tentative plus tard en compagnie des toujours généreux dans l'effort Warbeast (le split War of the Gargantuas NDLR) et revoici l'ex-Pantera aux commandes d'un premier album solo baptisé Walk through exits only, paru par l'intermédiaire de sa propre maison de disques soit Housecore Records donc et en partenariat avec Season of Mist. Et d'entrée, le garçon règle ses comptes avec pas mal de monde en posant une première mine bien provoc' avec l'inaugural "Music media is my whore". Musicalement sans intérêt, rédactionnellement plutôt fun à écouter, surtout quand on est un média musical. Bon, du point de vue de la partie non-média et donc de ce qui reste soit. pas grand-chose, ça ne casse quand même pas des briques.

On ne va pas se mentir, le vieux thrash des familles un peu old-school et surtout paresseux proposé par le sieur Phil et sa troupe de gais lurons, a du mal à faire trembler les murs. La puissance de feu en sourdine, une écriture somme toute assez basique pour ne pas dire primaire, une capacité à monter sur les impacts sonores passablement entravée par des liens invisibles et surtout un réel manque de corps, d'intensité viscérale, de foi dans le genre, font par moments peine à entendre ("Battalion of zero"). Quelques tentatives hardcore/sludge ("Betrayed") qui donnent tout en matière de brutalité (ou tout du moins tout ce dont Anselmo est ici capable), puis du gros thrash hargneux et bruyant ("Usurper bastard's rant"), le natif de Louisiane a beau être entouré d'une garde rapprochée et donc des musiciens (Bennett Bartley, Joe Gonzalez et Marzi Montazeri) rompus à ce type d'exercice, rien à faire, le résultat n'en demeure pas moins comme manquant singulièrement de verve ("Walk through exits only" assez pauvre), de cette sauvagerie acerbe, crue (bien que l'efficace "Bedroom destroyer" démonte quelques cloisons auditives) qui aurait fait toute la différence (malgré un léger sursaut sur "Bedridden" et un final honorable sur le groovy et quasi expérimental "Irrelevant walls and computer screens").

Un semi-échec artistique et un (très) petit cru pour Phil Anselmo, mais qui ne va pour autant pas du tout entacher l'imposante discographie d'un type qui reste l'un des grands mammamushis de la scène "metal" contemporaine. Parce que même les héros ont eux aussi le droit d'être parfois juste un peu fatigués.

Phil Anselmo / Chronique Split > War of the gargantuas

Phil Anselmo | Warbeast - War of the Gargantuas Non content d'être un personnage incontournable de la scène métallique planétaire depuis plus de trois décennies avec successivement Pantera, Superjoint Ritual puis Down ou Necrophagia (entre autres activités musicales), Philip Hansen Anselmo aka Phil Anselmo tout court, est aussi patron de label. Housecore Records que ça s'appelle et la structure compte quelques sorties remarquées, outre-Atlantique essentiellement (Arson Anthem, Haarp, Valhaal...). Désireux de développer ses activités avec sa petite maison de disques, le vocaliste/guitariste/bassiste/producteur a signé un deal avec Season of Mist pour distribuer ses productions en Europe et paie de sa personne en s'investissant artistiquement dans le label.

Premier acte : un split avec ses poulains de Warbeast (des trashers vétérans bien énervés) pour lequel il s'entoure d'un backing band, The Illegals pour sortir ça sous le nom de Phil Anselmo & the Illegals (logique). Le résultat a pour nom War of the Gargantuas (tout un programme) et comme on s'en doute vu les forces en présence, le titre et le contexte, on assiste à une grosse baston entre trashers et cogneurs (ou l'inverse). En clair du gros metal bien burné qui dès "Conflict (Nerve meets bone)" monte sur le ring pour s'en payer une bonne tranche. Le Philip, bien accompagné, est en forme et après avoir laissé entendre qu'il était peut-être trop vieux pour ses conneries sur le dernier effort de Down, rappelle qui est le patron en remontant quelques pendules.

Question d'honneur métallique, les Warbeast ripostent au napalm avec un "Birth of a psycho" qui envoie la tripaille à une vitesse folle pour une leçon de thrash-metal d'excellente facture. Les gaziers rentre dans le lard, découpent tout ce qu'ils rencontrent à la scie circulaire et posent les questions après. Un partout la balle au centre, on va jouer ça à la mort subite sur deux titres qui font s'affronter dans un sanglant duel de bourrins. Pour "Family, "friends", and associates", Anselmo et son gang ont décidé d'aller franchement, au turbin et sans gant. Le groupe saute à la gorge de l'auditeur et donne dans l'agression pure, la violence sauvage qui défouraille à pleins volumes. Bestial et dévastateur. Fatalement derrière, les garçons bouchers facturent un "It" tout en furie trash bien porcine. Le genre primaire, sans concession mais excellemment bien exécuté : d'une précision chirurgicale et aussi charpenté que salvateur.

Pas besoin de compter les points (ni les victimes), on est à égalité partout et de toutes les façons, la mission première de ce split sévèrement burné et allègrement remplie. On était venu prendre une dose de gras, de bon gros hard qui tâche et bucheronne les tympans comme pas deux, on a eu ce qu'on voulait et un même un peu plus niveau barbaque. Que demande le peuple?