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Phantom Winter / Chronique LP > Sundown pleasures

Phantom Winter - Sundown pleasures Une année après un Cvlt inaugural, massif et impressionnant de crasse, les Phantom Winter sont de retour avec six nouveaux morceaux compilés sous le titre appétissant de Sundown pleasures. Je ne sais pas quels sont ces plaisirs, mais on doit davantage être dans la torture SM au fond d'une cave humide que dans le sirotage d'apéro sur une terrasse.

Avec un artwork qui doit exciter plus d'un nécrophile et une typo qui hésite entre coups de couteau dans la roche (pour le nom du groupe) et jolis arrondis (pour le nom des chansons), on ne sait toujours pas si les ex-Omega Massif veulent nous faire du bien ou du mal. On ne sait pas non plus à quel point ils sont sérieux (musique grave dans tous les sens du terme) ou aiment la déconne (est-ce que "Black hole scum" est un clin d'oeil au tube de Soundgarden ?). Ce qui est sûr, c'est qu'ils repoussent les limites du post-hardcore et celles de toutes les musiques les plus sombres, du black metal au drone caverneux en passant par le sludge cradingue.

Plus sourds, plus lents, cette nouvelle collection de titres glauques laisse moins passer la lumière que la précédente et rapproche Phantom Winter de SunnO))) ("The darkest clan" !) en les éloignant des codes "classiques" du post-core. Plus rapides et plus criards/gueulards à d'autres moments, on pénètre complètement dans une antre black ("Bombing the witches"). La seule constante, c'est le malaise que procure l'intensité que le groupe met dans ses compositions comme si tout cela était plus que de la musique. Carrément flippant. Forcément impressionnant.

Phantom Winter / Chronique LP > Cvlt

Phantom Winter - Cvlt Omega Massif a été l'un des fleurons du doom-sludge-post-hardcore allemand pendant dix ans et puis STOP. Tristesse. Et très rapidement espoir quand deux de ses architectes (notamment Andreas au chant et à la guitare) annoncent la création d'un autre groupe, forcément prolongement du précédent : Phantom Winter. Et ce nouveau combo n'a pas chômé puisque depuis avril on a dans les feuilles leur premier opus : Cvlt. Cinq titres mais pas un en dessous des 6'55", du gros, du gras, du lourd, du doom, du sludge, du post-hardcore (mais moins), Phantom Winter ne décevra pas les amateurs d'Omega Massif ou de musique distordue, lente et abrasive en règle générale (Amen Ra, ça te dit quelque chose ?). Le chant est au diapason des guitares, lugubre et oppressant, il nous asphyxie en anglais (et pour le "message", tu passeras par le digipak, sinon, bon courage), ne relâchant jamais la pression... Contrairement au rythme qui, lui, sait se calmer pour donner de la lumière à l'ensemble ("Finster wald") ou au contraire pour éterniser la souffrance ("Svffer", oui les gars aiment mettre des V à la place des U comme les romains). Epiques mais pas grandiloquents, enlevés bien plombés, les morceaux de Cvlt sont plus que prometteurs puisqu'ils nous font oublier (déjà) qu'Omega Massif n'est plus...