metal Métal > Pelican

Biographie > The fire in our ears...


Natif de Chicago, Pelican est l'une des sensations métalliques de ces cinq dernières année. Surdoué, un peu à la manière d'un Cult of Luna, dont la trajectoire au sein du microcosme post-metal/ hardcore semble être similaire, le groupe a fait ses débuts dès 2003 avec un EP éponyme qui a d'entrée explosé à la face des critiques, mettant du même coup le public amateur du genre à genou. Le choc une fois passé, Pelican pouvait désormais faire valoir, à l'image des mancuniens d'Oceansize, son exceptionnelle capacité à mêler le quantitatif et le qualitatif. Signé chez Hydrahead Industries, label métal indépendant de référence fondé par Aaron Turner (Isis), Pelican est devenu en l'espace de deux ans, l'une des formations phares de l'écurie qui compte pourtant dans ses rangs rien moins que Neurosis, Knut, Botch, Jesu, Cave in ou Coalesce. Une trajectoire météoritique entamée via son premier EP et brillamment poursuivie avec Australasia en 2004, le premier album du groupe, et définitivement confirmée avec Pelican : March into the Sea EP et The fire in our throats will beckon the saw (2005).

Review Concert : Pelican, Pelican au Grand Mix (oct. 2008)

Interview : Pelican, Echoes of an interview (nov. 2007)

Pelican / Chronique LP > Forever becoming

Pelican - Forever becoming Sixième album studio pour le quartet de l'Illinois, le troisième depuis qu'il a rejoint les rangs du label Southern Lord (les trois précédents étaient sortis chez Hydrahead), mais le premier depuis le départ de l'un de ses membres fondateurs, Laurent Schroeder-Lebec, remplacé par un certain Dallas Thomas (du groupe The Swan King), même ci-dernier n'a pas pris part à l'écriture du présentement décrypté Forever becoming. Un opus qui était fatalement attendu au tournant, le départ de son guitariste/co-compositeur en chef et donc membre historique, n'étant aucunement anecdotique pour le pilier de la scène post-metal des quinze dernières années. Et cela va se vérifier.

Plusieurs solutions s'offraient alors logiquement au groupe : assumer ce départ opérant un virage à 180°, faire comme si de rien n'était et se prendre probablement un rocher en pleine face, mélanger les deux hypothèses, n'en faire plus qu'une et pousser sa monstrueuse puissance de feu naturelle à son paroxysme, en priant pour que l'ensemble de la structure tienne le coup en terme d'écriture. Ce que le "Terminal" d'ouverture de l'album tend à prouver. La production est extrêmement solide, le groupe, encore en rodage se contente du minimum, mais rien que ça chez Pelican suffit à donner envie de découvrir la suite qui dévoile plus clairement ses intentions avec un "Deny the absolute" de très honorable facture. Ce, même si les américains semblent reproduire un peu mécaniquement des formats, structures et motifs instrumentaux déjà vus et revus chez eux. Toujours efficaces cela dit, mais peut-être un peu léger au vu de qui on a affaire.

Mais le groupe est encore loin de devoir être enterré alors il retourne au charbon, délivre des titres à la dynamique solide et au riffing évidemment imparable ("The tundra", "Immutable dusk"), à défaut d'une créativité sans borne. Un peu condamné au minimum syndical, se reposant essentiellement sur une maîtrise formelle irréprochable (les chicagoans restant d'excellents techniciens), Pelican semble chercher un second souffle créatif et en attendant fait tourner sa mécanique instrumentale (certes d'une rare efficacité) légèrement dans le vide à défaut de pouvoir, pour le moment tout du moins, proposer mieux. Le temps de la cohésion de groupe n'était pas encore arrivé (ou plus là selon de quel point de vue on se pose et le timing de compositions des titres), force est de constater que la formation américaine est un peu rentrée dans le rang ("Threnody", "The cliff"). Et si son mélange de postcore-rock/sludge surpuissant et de métal atmosphérique fonctionne toujours plutôt bien (en témoignent notamment l'intense "Vestiges"), on reste assez éloigné de la qualité entrevue sur l'EP Ataraxia/Taraxis paru en 2012.

Si le constat est assez rude, c'est parce que l'on parle quand même d'un groupe artistiquement un peu en panne sèche, parce que clairement convalescent créativement parlant, un quatuor qui boucle son album sur un "Perpetual dawn" dans la lignée des précédents titres, ni plus ni moins, scellant de fait le sort d'un disque sonnant comme un petit cru pour Pelican, qui restera évidemment à suivre de près dans les années à venir. Parce que nous ne nous leurrons pas : les vrais grands groupes ne meurent jamais.

Pelican / Chronique EP > Ataraxia/taraxis

Pelican - Ataraxia/Taraxis Cela fera bientôt une petite décennie que Pelican existe, jalonnant la dernière décade d'offrandes que l'on a souvent qualifiées de post-metal / post-rock ou en tout cas post-quelque chose, l'essentiel étant surtout dans l'intensité émotionnelle que les chicagoans parvenaient à mettre dans leur musique. Ataraxia/Taraxis, leur dernière cuvée en date (parue comme les deux précédentes, Ephemeral et What we all come to need, via Southern Lord) est un EP composé de quatre titres (seulement) pour quelques dix-huit minutes de musique (seulement) mais surtout une étape de plus dans une trajectoire quasi irréprochable et une pierre supplémentaire posée sur un édifice artistique à la cohérence comme à la constance... redoutable.

Quatre nouvelles compositions donc et une entrée en matière, avec "Ataraxia", à l'image de son titre... ataraxique, doom-rock enfumé aux panoramas ambient désolés, un calme avant la tempête ? Oui en quelque sorte puisque si l'auditeur sommeillait un peu, enveloppé jusqu'alors par un doux matelas de léthargie sonore, "Lathe biosas" vient secouer l'ensemble en développant un post-rock métallique volubile aux esquisses mélodiques tendant vers le désert rock puissant et évocateur. On retrouve déjà plus le Pelican que l'on connaît depuis What we all come to need, oeuvrant dans des sillons "post-stoner" que vient labourer un peu plus l'imposant "Parasite colony". La lourdeur des guitares est de retour, ce groove pesant et flottant souvent imité mais jamais réellement égalé fait toujours son effet et les Pelican livrent ici un troisième titre à l'équilibre quasi parfait.

Pour la puissance évocatrice des instrumentations, on est toujours en terrain connu : ce n'est pas encore aujourd'hui que le groupe va réellement révolutionner sa musique, même si son oeuvre n'est pas exempt de quelques petites évolutions, surtout lorsqu'il s'offre une en conclusion en forme d'échappée folk/acoustique aux effluves americana appuyée, sur un "Taraxis" tout en songwriting aussi classe que racé, avant un final ébouriffant de maîtrise et chargés en décibels bourdonnant. Belle efficacité et un énième joli coup discographique (bien qu'un peu court, mais on le savait déjà...) réalisé par un groupe qui n'est toujours pas décidé à commettre un mauvais disque. La marque des grands sans aucun doute.

Pelican / Chronique LP > What we all come to need

Pelican - What we all come to need A chaque nouvelle sortie, Pelican enrichit et complète un peu plus une discographie extrêmement homogène, jalonnée d'oeuvres post-metal de grande classe. Il y a eu notamment Australasia , The fire in our throats... ou City of echoes, What we all come to need ne déroge pas à la règle. Et si les Chicagoans ont connu une petite révolution interne, quittant Hydrahead pour rejoindre Southern Lord, ce qui faisait l'essence de leur musique, organique, puissante et en perpétuelle évolution, est toujours là. Mais pour autant, on ne pourra pas dire que le groupe ne se renouvelle pas. De fait, la clef de voûte de cet album et de l'évolution du groupe réside en un mot : "mélodie". Là où la signature des Pelican chez le label de Goatsnake ou Khanate laissait augurer un album plus sombre et massif que City of echoes, c'est plutôt l'inverse qui se produit tant l'écriture du groupe semble avoir été placée sous le sceau d'un post-stoner rock burné et addictif. En grande partie débarrassée de ses éléments les plus métalliques ("Glimmer"), la musique du groupe se veut ici plus transcendante qu'auparavant et plane en apesanteur au-dessus de riffs sculptés dans la roche d'un stoner-rock puissant, groovy et hypnotique ("The Creeper").
On ne reviendra pas ici sur "Ephemeral", déjà au tracklisting de l'EP du même nom et chroniqué par ailleurs, si ce n'est pour convenir qu'il donne un peu plus de caractère à ce What we all come to need qui n'en manquait pourtant pas vriament. D'autant qu'au fil des morceaux, on sent le groupe désireux de raffermir sa griffe musicale, l'éloignant de fait des codes de la musique dite "post" (rock/metal/hardcore) pour la rendre moins évidente à décrire mais en même temps plus évocatrice dans ses élans mélodiques. Les mélodies encore... qui prennent de l'ampleur sur "Specks of light" puis "Strung up from the sky" non sans que les instrumentations toujours solides et volubiles n'aient auparavant élagué les amplis de ses aspérités hardcore. Dans le jeu, les Chicagoans semblent avoir fait évoluer leur approche instrumentale, on le sent d'autant plus qu'ils se sont également assurés le concours d'invités prestigieux sur quelques titres (Aaron Turner d'Isis, Greg Anderson de (Sunn O))), Ben Verellen de Harkonen et Helms Alee...). Et même si le Pelican de cet album n'en a pas pourtant oublié de s'armer de quelques riffs massifs (l'éponyme "What we all come to need"), il s'éloigne des sentiers de City of echoes de part son architecture (post) stoner caniculaire ("An inch above sand") qui, à l'image de l'artwork ou de l'épilogue ("Final breath" avec du chant...), donne une nouvelle couleur à la discographie du groupe. Du grand art...

Pelican / Chronique DVD > After the ceiling cracked

Pelican - After the ceiling cracked Si l'édition DVD+CD3'' est particulièrement complète, la version promo d'After the ceiling cracked est à peu moins luxueuse mais n'en offre pas moins un bel aperçu de l'objet complet. Exit donc le CD 3" réunissant les titres parus sur le split partagé avec These Arms Are Snakes, on "n'aura" droit qu'au DVD "seul", ce qui est déjà plus que correct il faut bien le reconnaître. Au programme des festivités donc, l'intégralité du live donné par le groupe à la Scala de Londres le 20 décembre 2005 et une collection de vidéo live, d'interviews, images d'archives et clip vidéo archivées entre 2003 et 2006. De quoi rassasier l'inconditionnel de base des Chicagoans.
En live, Pelican, pour qui ne les a jamais vu en "direct", c'est quelque chose de très compact, rock, post-metal et immersif. Pas forcément évident à appréhender pour le néophyte, le cocktail instrumental surpuissant et saturé des américains ampli la salle et le groupe déploie alors tout son arsenal musical. Le résultat est à la fois envoûtant, hypnotique et dévastateur comme sur "Autumn into summer", où le groupe se révèle impérial. Même dans sa bulle, par instant de manière quasi autistique, Pelican parvient à communier avec l'assistance en la regardant à peine. Car ici, les américains ne restent pas simplement concentrés sur leurs instruments, exécutant leur partition avec maestria, ils ne font plus qu'un avec eux et vivent l'exercice du live comme une expérience sensorielle unique. En témoigne notamment le rendu de titres phares de la discographie du groupe comme "March into the sea", "Last day of winter" ou "Aurora Borealis".
De fait, le vrai problème d'un tel DVD vient du fait que par essence, ce type de musique et plus particulièrement celle de Pelican, l'une des figures de proue du genre ne se prête pas facilement à la captation vidéo, mais est plus à vivre directement dans la salle avec le groupe. Comme la plupart des groupes certes, mais là c'est encore plus marquant. Mais After the ceiling cracked ne se limite pas au seule live enregistré à la Scala. L'intérêt ici étant que la rubrique "Live collection" permet, comme son titre le suggère, d'avoir quelques extraits live du capturés à Seattle, LA, Richmond ou Portland, donc en dehors du contexte d'un set complet comme celui de la Scala, le tout entrecoupé d'extraits d'interviews où l'on découvre (pour ceux qui ne les ont jamais croisés) des musiciens très simples et dispo avant d'être des professionnels rompus aux codes de l'interview bassement promotionnelle. Classe...

Pelican / Chronique EP > Ephemeral

Pelican - Ephemeral EP Après 3 albums, une poignée de splits et un DVD sortis chez Hydrahead Industries (Cave in, Isis, Jesu, Torche...), les Chicagoans de Pelican ont ressenti le besoin de changer de crèmerie... et ont trouvé refuge chez Southern Lord (Burning Witch, Khanate, Sunn O))), Thrones), structure sans doute plus orientée "extrême" que leur précédent label. Une petite nuance qui n'est pas sans déteindre très légèrement sur cet Ephemeral, premier aperçu de ce qu'est le "nouveau" Pelican (toutes proportions gardées, nous n'assistons quand même pas à une révolution chez le groupe).
Car après un "Embedding the moss" assez classique, un morceau s'inscrivant dans la lignée de ce que les américains avaient pu proposer sur City of echoes, le groupe durci un peu son jeu sur le morceau titre d'Ephemeral en opérant un léger retour en arrière vers les racines de ce qui faisant la puissance post-metal tendance hardcore d'Australasia, le premier album long format du groupe. La production (comme souvent monstrueuse) s'alourdit, le riff est plus heavy, incisif, lesté de plomb de manière à rendre le son plus gras, doomesque et écrasant. Le groupe semble avoir décidé de s'éloigner un peu des rivages post-rock vers lequel il tendait de plus en plus avec son dernier disque, pour de nouveau plonger dans des eaux plus tourmentées. Des profondeurs abyssales traversées par des courants stoner/doom majestueux qui trouvent leur écho dans la collaboration avec Dylan Carson (l'homme de base de Earth) qui referme l'EP.
"Geometry of murder", originellement composé par les maîtres du doom que sont les membres de Earth depuis Extra-capsular extraction, permet aux Pelican de boucler idéalement la boucle. Intro languissante toutes en atmosphères embrumées, puis grosse déferlante saturée, le crossover des deux groupes fonctionne à merveille et permet à Carlson de ralentir encore un peu plus la rythmique des compos des natifs de Chicago alors que ceux-ci permettent au morceau original de prendre un peu de hauteur et de s'élever progressivement dans la stratosphère. Quand bien même cette reprise se révèle toute à fait réussie, on préfèrera néanmoins le Pelican des deux premiers titres de l'EP. Puissant, tellurique, solide et inspiré... indéniablement ravageur.

Pelican / Chronique LP > City of echoes


Pelican - City of echoes Celui là, c'est peu dire qu'on l'attendait de pied ferme. Après un Australasia dantesque et tellurique, un The fire in our throats will beckon the saw massif et majestueux, voici donc City of echoes... le troisième album du groupe, celui pour lequel Pelican aurait enfin l'occasion de fusionner ses deux premiers efforts en un seul, avec la matûrité en plus. Et d'entrée de jeu, "Bliss in concrete" met les choses au clair, la machine rythmique se met en branle avec une précision d'orfèvre et une puissance de feu pour le moins impressionnante. A la manière d'un Tool, post-metal, les chicagoans livrent une véritable démonstration technique qui ne se contente pas d'en mettre plein les tympans, mais parvient également à convaincre par son écriture, pas forcément d'une complexité extrème, mais finement structurée et plutôt inspirée. On assiste alors à un véritable déballage de riffs aussi puissants que ravageurs et de rythmiques qui envoient du gros son. Chirurgical. Après cette mise en jambe solide et burnée, Pelican varie son jeu. Passant d'un metal terrien à un post-rock stratosphérique et vice-versa, le groupe livre une musique à la densité inégalable, profonde, intense et toujours inventive (l'éponyme et brillant "City of echoes"). A ce jeu-là, contrairement à ce que l'on a pu lire ailleurs, City of echoes n'a pas à rougir de ses prédécesseurs. "Spaceship broken", ou "Dead between the walls" font cracher les guitares, sulfureuses, orageuses et toujours aussi incandescentes qu'auparavant, sans jamais se laisser aller à la facilité.
Certes la prod est plus ronde, moins crue et brute de décoffrage que par le passé, mais du coup, la musique du groupe apparaît plus variée que jamais. Si Pelican semble délaisser l'urbain pour se faire le porte-parole de la colère de mère-nature, ce livrant par là-même à une violente diatribe instrumental et tumultueuse dont seuls les formations de la trempe d'un Cult of Luna ont le secret. Les riffs s'entrechoquent, la tension permanente, la collision métallique est imminente, "Lost in the headlights", emballe l'ensemble par quelques envolées lyriques maîtrisées et inspirées, alors que City of echoes s'autorisait une petite respiration post-folk avec le surprenant "Winds with hands". Entre metal instrumental à la maestria technique bluffante et post-rock frissonnant au songwriting racé, les premières secondes de "Far from fields" évoquent les murs de son du premier effort éponyme de Jesu. Mais la suite démontre que les natifs de Chicago ne veulent pas céder à la linéarité trop facile. Poursuivant leur oeuvre en faisant évoluer leur musique vers des horizons post-rock à la Oceansize, celle-ci se fait un temps moins massive et plus tentée par le rock alternatif avant de renouer (on ne se refait pas) vers quelque chose d'extrèmement dense et organique. Car la musique de Pelican est l'évocation naturelle d'un puit musical sans fond et duquel on ne peut s'extraire après en être entré. Si ce nouvel album avait eu jusque là une certaine tendance à délaisser les ambiances pour livrer des morceaux très frontaux, bétonnés et directs, "A delicate sense of balance" vient boucler la boucle en corrigeant le tir. Là où certains n'auront vu que la surface de ce City of echoes en considérant qu'il était seulement moins massif et violent qu'Australasia et The fire in our throats..., donc moins bon, on peut penser que c'est parce que le groupe a cherché à livrer un album différent, plus aéré, cérébral et insaisissable. Sans aucun doute afin de ne pas s'enfermer dans sa propre virtuosité formelle. Classe.

Pelican / Chronique LP > The fire in our throats will beckon the saw

pelican_the_fire_in_our_throats.jpg On va le dire une fois pour toutes, lorsqu'il s'agit de signer un groupe qui va nous mettre une bonne mandale auditive, les gens de chez HydraHead Records ne sont jamais bien loin (ça c'est fait). Après nous avoir mis à genou avec des groupes tels que Jesu, Knut, voilà que l'on se lance (avec un peu de retard il faut bien le reconnaître) dans l'oeuvre de Pelican. On avait été prévenu pourtant, ce groupe-là, c'était soit-disant du lourd, du béton armé qui nous allait nous terrasser d'un coup sec derrière la nuque et nous laisser au sol sans que l'on puisse se relever... Et c'était vrai. Mais Pelican, c'est également une musique aérienne, stratosphérique même, qui nous marque dès les premiers titres par l'affolante maestria technique qu'il s'en dégage. A peine à t'on eu le temps de poser l'oreille sur ce The fire in our throats wil beckon the saw (profitez-en, je n'écrirerai qu'une fois le titre de l'album... non pas parce que j'ai la flemme, mais parce que je sais que je vais finir par en laisser une partie en route... sic), que l'on est de suite happé par l'intensité et ses monologues instrumentaux aussi interminables que majestueux. La meilleure expression de l'effet que procure cet album restant quand même son impressionnant climax qu'est "March into the sea". Un déluge de guitares, une section rythmique bétonnée jusqu'à l'os, pour un véritable manifeste post-hardcore tellurique qui rompt avec les volutes stratosphériques et tortueux d'un "Lady in the water" ou d'un "Aurora borealis". L'orage gronde, le chaos s'approche, la terre semble à deux doigt de s'ouvrir sous nos pied et lorsque l'on sent la fin imminnente, finalement les nuages s'estompent soudainement pour nous emmener dans des sphères familières des amateurs d'Explosions in the Sky ou Red Sparowes. A deux visages, la musique de Pelican joue complètement de ses deux facettes. L'une, post-rock, enlevée, aérienne et très mélodique, l'autre plus torturée, souterraine et massive. Le point commun entre les deux, ce petit "truc" en plus qui lie inexorablement tous les morceaux du puzzle, c'est la complexité des structures mises en place par le groupe. Celui-ci a semble-t-il cherché à composer une pièce d'orfévrerie metallique à l'architecture complexe mais pensée dans ses moindres détails. A cet égard, The fire in our throats will beckon the saw (et oui, finalement, le copier-coller, ça aide...) est un disque puissant et passionant, pour peu que l'on fasse l'effort de s'immerger en lui. Une oeuvre compact et d'une rare intensité où les éléments se déchaînent les uns après les autres. Car telle est la quête de Pelican : les affronter chacun en duel pour mieux les vaincre et ainsi se faire une place au soleil entre les Isis, Neurosis et autres Cult of Luna pour imprimer sa marque sur un genre qui n'en finit plus de nous livrer des perles.