metal Métal > Parween

Biographie > 50% de Stroll + Incipit

Parween est un jeune quartet formé en 2004 sur les cendres de deux formations avec d'un côté Sylvain -batteur- et Mathieu -guitariste- de Stroll (que nous avions découvert sur le split partagé avec Feeding et ????), de l'autre deux frères Michaël -chanteur- et Matthieu -bassiste- qui ont un projet parallèle pour le moment dénommé Incipit. Les quatres gaillards ont donc une certaine expérience, se mettent au screamo, ont joué avec Feeding, Revok, Time to Burn, aiment le vert et enregistrent au studio RBS (Klone, Leto) un premier album éponyme qui sort en janvier 2006 chez Musicast.

Parween / Chronique LP > Point

Parween - Point
Quatre ans après la sortie d'un album qui n'avait pas franchement reçu mon adhésion (sic), Parween revient avec un nouveau batteur (Jospeh), un joli packaging (un carnet en carton épais limité à 200 exemplaires) et des titres quand même bien plus faciles à écouter. Enfin, pour les amateurs d'un rock noisy saturé très écorché ! Mais cette fois, si le chant reste encore fragile par moments (mais c'est aussi ce qui fait en partie son intérêt), les textes ne sont pas un poids (mort) comme sur Traité pour une nouvelle croyance de l'événement, ou alors bien plus rarement, et l'oreille peut profiter des belles distorsions, des envolées vite explosées, de passages plus calmes et clairs et des grands élans de folie douce de ces Parisiens qui n'ont artistiquement peur de rien. En effet, mélanger, amalgamer, triturer les sons, les ambiances comme les influences est leur jeu favori. Et Point est le creuset, le réceptacle, la cocotte-minute où tout ça bouillonne en permanence ! Attention donc en ouvrant cette marmite de ne pas se faire éclabousser par une ligne de basse énervée, un riff brûlant ou un rythme tranchant, c'est que la cuisine musicale un peu hors-norme, ça les excite ces gars-là...

Parween / Chronique LP > Traité pour une nouvelle croyance de l'événement

Parween - Traité pour une nouvelle croyance de l'événement Parween m'avait en partie conquis avec son premier EP éponyme, frais mais perfectible, on sentait le groupe motivé et capable de faire bien mieux. Le suivant, Géographie croisée, n'est pas passé par notre boîte aux lettres, j'étais donc un peu plus impatient de mettre leur Traité pour une nouvelle croyance de l'événement dans le lecteur à sa réception... "Le début des temps du temps avant le temps" (c'est le titre du premier morceau) commence, le son est bon, les instrus ont l'air inspirés et le chanteur débute une sorte de litanie qui font tressaillir mes oreilles, en voici le texte : Alors voilà, ça à débuté comme ça... On marchait, on marchait encore et on marchait. Presque sur nous même, du vert plein les semelles. Autour que du grand vert, du qui monte et qui descend, tient le regard de partout. Alors voilà, on marchait et marchait. Si un pas est un nouveau né alors nous sommes mille millions à avancer. Nous avions pris cent douches l'une sur l'autre. Autant dire que l'on se connaissait bien... C'est ainsi que ce vert est apparu, ce vert de chewing-gum, ces plaines de fond d'écran.... Et ce n'est que le premier tiers du texte. Imbuvable. Est-ce qu'ils s'essayent au surréalisme, abandonnant toute construction raisonnée et tout intérêt pour l'esthétique ? Ou alors est-ce une plongée dans le dadaïsme et sa rupture avec les conventions ? Ou bien est-ce une sorte d'hommage à l'ouvroir de littérature potentielle et je n'ai pas compris l'exercice imposé... Dans tous les cas, c'est raté. Parce que, passée la déception d'un tel premier titre, je me suis dit "ils auraient pu le mettre en titre caché", on retrouve des fragments plus ou moins longs de ce texte tous les 2-3 morceaux, ce qui au final rend l'album indigeste. Les autres textes sont moins mauvais mais comme le ton est plus ou moins le même et comme on n'écoute plus que la voix, oubliant la qualité des instrus, on assiste donc au suicide textuel de Parween.
Peut-être que certains comprendront mais ce n'est pas mon cas, pour les expériences écrites poussées au rayon screamo, je préfère réécouter Amanda Woodward.

Parween / Chronique LP > Parween

parween Avant de parler de la musique délivrée par Parween, il faut s'attarder quelques secondes sur le boîtier du CD, un "cristal transparent" sans aucun booklet, sans papier, rien, à l'intérieur : uniquement le cd "vert fluo-pétant", seuls des stickers sont collés sur le boîtier, devant : de petites images peu identifiables assemblées, sur la tranche : le nom du groupe, au dos : la liste des titres difficilement lisible. Chaque CD est ainsi unique (les stickers étant collés à la main) et pour peu qu'on se soit pas "flashé" (amateurs de Counter Strike, bonsoir) par le vert, on ne peut que saluer cette idée (en vrai, c'est nettement mieux qu'en .jpg !).
Musicalement, ça démarre avec une intro brouillonne intiulée "Benoise et le viol d'Iphigénie", c'était dispensable mais ça a tout de même comme effet de donner tout de suite beaucoup de relief à "Cycle" qui corrige le tir avec un gros son, au screamo qui saute à la gorge, Parween ajoute rapidement quelques mélodies claires, ça joue vite, ça joue bien et le premier break abyssal calme tout le monde, à la qualité des enchaînements de tempo on sent que le combo a une bonne expérience dans la construction des compositions. Si le chant screamo est correct, si les mélodies sont plutôt agréables (sans être sensationnelles), le chant marque ses limites quand il est forcé ("Au dehors au-dedans", "Goutte à goutte"), quand il s'alourdit il est vraiment trop banal et trop bancal, quand les instruments le suivent dans les profondeurs on s'ennuie et s'enlise dans la facilité ("Com/") alors que si les guitares préfèrent zébrer l'atmosphère de riffs mouvementés on s'éclate bien davantage ("Monologue"). Au coeur de Parween (aprés l'interlude "Benoise et la vengeance de l'enfant tronc" qui fait piteusement écho à l'intro), on a donc comme un passage à vide. Je préfère donc le début de l'album avec la mise en place d'atmosphères oppressantes ("Fonte et armature"), les ambiances tendues avec des guitares sur le fil du rasoir ("Histoire de dire") et la fin et ses écorchures vocales et instrumentales ("Puzzle"). Le morceau caché est anecdotique, un titre heavy assez délirant, une sorte d'hômmage au titre "Poésie" de Inconnus...
Si tu es plutôt screamo chanté en français avec des guitares claires et déchirées, tu vas trouver ton bonheur chez Parween et si tu préfères les côtés sombres, lourds et poussés, tu pourras certainement y trouver ton compte également...