metal Métal > Parkway Drive

Biographie > Drive faster, headbang harder

Devenue en l'espace de 5 ans, LA figure de proue de la nouvelle scène metalcore internationale, Parkway Drive voit le jour en 2002 du côté de Byron Bay en Nouvelle Galles du Sud (Australie). Pour faire comme tout le monde, le groupe sort un premier EP en 2004 (Don't close your eyes avant de marquer la scène metal de son empreinte deux ans plus tard avec "Killing with a smile", son premier album studio. Entre-temps, Parkway Drive s'est déjà fait repéré par Epitaph poids lourd du genre qui a flairé le bon coup. A raison puisque lorsque coreux australiens déboulent avec Horizons, en 2007, c'est le raz-de-marée métallique et la nouvelle hype du moment. Pas en France hein... mais ailleurs oui. Dès lors, le groupe tourne encore et encore partout dans le monde, en ramène même un DVD live sobrement baptisé Parkway Drive: The DVD (2009), avant de tenter la passe de trois avec un nouvel album intitulé Deep blue, (2010, Epitaph).

Parkway Drive / Chronique LP > Ire

Parkway Drive - Ire C'est avec un hit destiné aux stades que Parkway Drive ouvre Ire et si ce "Destroyer" risque de faire mouche en festival, pour mes oreilles, ça fait surtout couac. Heureusement, les Australiens remontent assez vite le niveau avec un "Dying to believe" métallique à souhait. Alors qu'on était habitué à un métalcore des familles assez homogène, sur ce cinquième album, les Aussies sont sur courant alternatif (le fameux AC/DC local) enchaînant des morceaux excellents ("Crushed", "The sound of violence", "Dedicated") à des titres alourdis par des choeurs indigestes ("Vice Grip", "Fractures") et à d'autres plus posés qui peuvent apporter quelque chose ("Writings on the wall") ou sonner faux ("A deathless song"). Tu l'auras compris, ici, on préfère largement quand ça castagne même si c'est parfois en arrondissant les angles ("Vicious") que ça drague la veuve et l'orpheline... et les quelques titres qui s'aventurent dans cette direction nous laissent sur notre faim. Atlas avait amené Parkway Drive sur le toit du monde métalcore, en changeant quelque peu son fusil d'épaule, en tentant de se réinventer, le groupe n'a semble-t-il pas fait les choix les plus judicieux, même si leurs poches devraient se remplir davantage...

Parkway Drive / Chronique LP > Atlas

Parkway Drive - Atlas A l'image de son titre, Parkway Drive s'offre une intro de titre inaugural aux textures voyageuses, sorte de petit périple musical aux débuts rock acoustique avant cette légère mais inexorable montée en puissance qui va aboutir à une grosse baston metalcore testostéronée à l'image de ce que les australiens proposent depuis leurs premiers efforts. Et là donc forcément, s'ils s'amusent avec une petite douceur en entrée ("Sparks"), c'est surtout pour s'en aller guerroyer ensuite avec une sacrée cargaison d'ogives métalliques ultra-produites et expédiées dans les écoutilles avec une précision chirurgicale. Paraîtrait même que l'Air Force américaine ferait la gueule du coup.

"Old ghosts/new regrets", les océaniens montent en front et déballent le matos sans coup férir : oui, forcément ça calme parce que rayon arsenal de metalcoreux, les Parkway Drive ont la puissance de feu d'un croiseur et parce que eux, quand ils jouent à la bataille navale, vaut mieux savoir nager en face. Rayon finesse, on repassera, ici on cause metal (sur)chargé en épinéphrine et biberonné aux moshparts qui assomment brutalement, aux breakdowns qui amochent et autres petites tendresses viriles ("Dream run", "Dark days", "Swing"), qui équarrissent les tympans à la scie circulaire. Rien à redire, c'est net, propre et sans bavure, limite trop tant la machine de guerre australienne, si elle marche à pleines turbines, se révèle parfois tellement impitoyable dans la boucherie auditive qu'elle en oublie ce petit supplément d'âme qui fait la marque des très grands.

Essentiellement taillé pour les stades - tremble public du Big Day Out, tu risques de prendre ta fessée - Parkway Drive cogne fort, frappe juste avec juste ce qu'il faut de groove rock'n'roll pour s'offrir ce petit zeste de cool qui fait du bien par où ça passe ("Wild eyes"). Et si l'ensemble reste parfois un peu trop lisse on l'a dit, le groupe, sous la férule de la mini-major qu'est en train de devenir le label Epitaph (Converge, Bring Me The Horizon, Motion City Soundtrack, Weezer tout de même), arrive à insuffler quelques grammes de finesse ("The river", "The slow surrender") à un ensemble de brutes par trop monolithique quoique d'une effroyable efficacité ("Sleight of hand"). Mais aussi épique et porteur d'un souffle metalcore sous adrénaline quelque peu surprenant à ce niveau, si bien que ce n'est qu'au fil des écoutes que cet album se dévoile un peu moins calibré que prévu (l'excellent et éponyme "Atlas").

Douze titres pour quarante-huit minutes de grosse artillerie metalcore sévèrement burnée, Atlas est donc le disque de brutasses attendu, une impressionnante collection de torpilles sonores écrasantes de puissance doublée d'un bombardement massif qui fait de jolis dégâts dans la tuyauterie auditive. Parkway Drive est venu, Parkway Drive a vu, Parkway Drive a vaincu. Par K.O.

Parkway Drive / Chronique LP > Deep blue

Parkway Drive - Deep blue Deep blue, ouep, c'est à peu de choses près là où on a envie de mettre la tête vu les températures actuelles. Sinon c'est aussi le nouvel album des coreux australiens de Parkway Drive qui dès "Samsara", envoie déjà du gros son faire fumer les amplis. Harangue métallique, double pédale collée au plancher, cris primaires en appui et belle cargaison de riffs marteau-pilon pour faire bien, un premier titre pour se dégourdir les articulations et voici que la cash machine de chez Epitaph fait péter les scores. Viril. A l'image d'un "Unrest" qui castagne sec avant un "Sleepwalker", single revendiqué vs turbo-claque metalcore armée de gros riffs bien mastoc et de vocaux bien gueulards histoire de bien montrer que le Parkway Drive cuvée 2010 n'est toujours pas décidé à jouer petits bras. Et là, normalement, tes voisins acquiescent. De toutes les façons, s'ils ne le font pas, on peut toujours enquiller une petite louche de "Wreckage" derrière avant d'arroser le tout avec un "Deadweight" bien frondeur. Là normalement, ils devraient avoir compris.
Sinon on peut les achever au soleil ou avec des brûlots sévèrement burnés de la trempe d'un "Pressures" malgré quelques soli pompiers ou "Deliver me" si on enlève son break mélodique un peu poussif (on oublie "Alone" bien trop "clichesque" pour être crédible). On l'a compris, dans le genre stéroïdé, Parkway Drive y est allé de son injection de testostérone directement en IV mais à par contre oublié au passage d'innover un peu. Parce que 13 titres qui se ressemblent plus ou moins tous, c'est certes une constante dans la sphère metalcore mais là quand même, le groupe a une légère tendance à tourner en boucle malgré quelques bonnes baffes métalliques ("Karma", "Hollow"), quand il ne loupe pas complètement le coche (piteux "Home is for the heartless"). Deep blue, c'est comme une bonne vieille série B bien cool mais un peu décérébrée ("Leviathan I"), fringuée comme un blockbuster bourrin. Sympa, fun, mais pas transcendant non plus ("Set to destroy") même si ça reste foutrement efficace. A part ça, l'artwork est quand même vraiment réussi.