Öxxö Xööx Vous êtes bien assis ? Non parce que là on tient un truc du genre velu. Öxxö Xööx que ça s'appelle (mot compte triple au scrabble, boucherie assurée et les félicitations de mamie en prime) et dans la catégorie "groupe pas commun", on ne voit pas ça tous les jours dans la boîte aux lettres du webzine aux longues oreilles. Bon, déjà le concept du terme "Öxxö Xööx" - accrochez-vous, c'est que là que ça se complique un chouilla : est à la fois tiré du Yin et du Yang, de l'Ouroboros (kesseucé ?) et du langage binaire (0110=6 1001=9). Soit. En l'occurrence les "X" remplacent les "1" du langage binaire accentuant de ce fait encore plus l'opposition avec le "O", chaque voyelle (sauf le Y) possède un tréma afin de donner un accent propre au langage du groupe (bon ça on s'en cogne un peu) et le résultat donne donc Öxxö Xööx. Vous n'avez rien compris ? Vous inquiétez pas, ici non plus. Bon, en fait, c'est juste une allusion sexuelle puisque signifiant... : 69 (tout ça pour ça). On ne va pas donc pas faire un dessin (quoi que ça aurait pu être marrant) mais derrière ça, le groupe en question ose tout un délire intellectuallo-mystique un peu verbeux (ok beaucoup) dont les explications se trouvent en fin de chronique (non je déconne). Mais bon, sinon le 69, c'est sympa aussi.

Pour les courageux qui auront tenu jusque là - merci à eux -, Öxxö Xööx, c'est aussi de la musique et ce n'est pas plus mal d'ailleurs. Enfin, presque, mais on y revient. Parce que le délire sous acide, ça va bien deux minutes, mais à un moment, faut arrêter de couper les cheveux en quatre en imaginant dix-sept hypothèses sur le sens de la vie, de l'univers et de tout ce qui est. Et accessoirement de la flexibilité de la queue de la vache par grand vent. Bref, revenons à nos moutons, musicalement, Öxxö Xööx c'est un mélange de musique gothique et baroque, de doom avant-gardiste, de cold-wave mystique et de black metal d'opérette, cette dernière partie étant la plus délicate mais une fois qu'on s'y fait, ça passe aussi. Les gars auraient pu rajouter un brin de musette voire de zouk histoire d'y aller franchement dans la déconne mais c'était sans doute un peu "too much". Plus sérieusement sur le papier, tout ceci ressemble à un beau bordel sauf que bizarrement, ça se tient plutôt bien dès que le groupe met ça en forme. Oui, Rëvëürt est donc typiquement l'album que l'on aurait pu dépecer à la tronçonneuse mais, même avec pas mal de mauvaise volonté, derrière le ridicule du propos (si, quand même...), se cache un vrai travail de composition, un théâtre d'expression artistique au sens strict qui mérite un peu plus que des vannes. Même si le groupe les cherche quand même, hein...

Utiliser un clavecin, fallait oser ou alors prendre le risque de s'abandonner à des clichés bien plus qu'éculés (rien à voir avec le 69) mais là aussi, le groupe s'en sort bien, cet instrument si particulier dans la texture sonore qu'il instille contribue à aliéner un peu plus la partition d'un groupe qui virevolte en permanence entre musique gothique à la fantasmagorie affirmée et metal-doom surgit des profondeurs de la terre. Et sinon ? Bah, il y a des idées, beaucoup d'idées même sauf que bizarrement, on a du mal à tout s'enfiler d'un seul coup (toujours rien à voir avec le 69) et qu'au final, on ne saura pas dire si c'est vraiment très bon ou inversement (ah on y vient au truc sexuel) simplement très mauvais. Bon sinon l'objet est sympa quand même.