metal Métal > One More Season

Biographie > Les quatre saisons d'OMS


One More Season a vu le jour en 2001 à Montpellier, suite à la rencontre de Caroline (batterie) et Nadège. Le duo officie alors dans un style "screamo hxc" évoquant Cave In, Boysetsfire etc... et sort en 2003 et 2004 deux démos Prelude et Delivrance, lesquelles s'attirent les faveurs de la presse internet spécialisée. Quelques changements de line up, pas mal de scènes notamment aux côtés de Daïtro, Mihaï Edrisch, Gameness, Eyeless, Marvin ou Time to Burn, le groupe se stabilise en 2005 avec un line up définitif : Lucille, Krystel, Mathias et Nadege composent désormais OMS. En Mai 2006, le groupe rentre en studio chez Christian Carvin (Romeo is Bleeding, Eths, Ownslaught, Curtiss, None Shall Be Saved, Caedes, Kamran...) pour enregistrer leur premier album, lequel sera aussi le dernier. Le groupe splitte en effet peu de temps apres l'enregistrement, le disque tombe dans l'oubli. Ou presque, puisque Posthumes sera mixé un an plus tard au studio Le Deven par Loran Saulus, avant de sortir le 31 octobre 2007 via le label Target Practice, qui exhume le disque en lui offrant une distribution indépendante posthume, près d'un an après la disparition du groupe.

One More Season / Chronique LP > Posthumes


one_more_season_posthumes.jpg Seul et unique album long format signé One More Season, Posthumes porte malheureusement bien son nom. Ultime témoignage discographique d'un groupe disparu avant de pouvoir réellement le défendre, ce disque ne doit son existence qu'à la persévérance de Cédric (ex-Overcome) du label Target Practice Records, sans qui l'album serait sans aucun doute tombé dans l'oubli. Merci à lui... d'autant que dès les débuts de "Radiant Oblivion", complètement happé par la beauté de ces choeurs féminins qui survolent un titre introductif délicat et organique, on ne peut que souligner la pertinence de sa démarche... "29th July" vient soudainement briser le calme apparent. Assaut de la batterie, riffing épileptique et salvateur, on assiste alors à une véritable démonstration post-noise métallique complètement sublimée par un chant évoquant une Maura Davis (ex-Denali, ex-Ambulette, Glös...) tout droit sortie de son univers pop douceureux pour s'essayer à quelque chose de plus métallique et ravageur. Porté par des instrumentations au diapason, le chant instille avec une élégance folle des mélodies délicates aux envolées stratosphériques. Le magnifique dyptique "Mirobolis Consternatus Part I & II" est, à ce titre, symptomatique de la musique du groupe. Difficile de ne pas succomber...
Entre mélodies éthérées façon Mogwai, noise à la Made out of Babies, post-metal/hardcore évoquant autant Envy que Pelican, One More Season trouve sa place dans un style musical pourtant parfois galvaudé. Rythmiques psychotiques à la Botch, guitares saignantes, mélodies envoûtantes, les montpeliérains jouent avec les contrastes, mettant un point d'honneur à livrer un album brut de décoffrage enveloppé de douceur atmosphérique, menant d'une main de fer des compositions qui prennent toute leur intensité quand elles sont exécutées munies d'un gant de velour. Section rythmique qui martèle son propos, chant au diapason, quelques nappes électro projettant l'album dans un univers parallèle, on pense autant à Björk ("Impatience" et ses textures trip-hop) qu'à Cave In ou Knut pour les vagues de décibels et d'émotions saturées qui s'abattent sur nos conduits auditifs. Ceux-là même, pas fâchés du traitement sonique infligé par le groupe ("Eros salvation"). Au rayon prod, c'est à la fois dense et feutré, massif et délicat, Christian Carvin est décidément un excellent producteur mais au vu du CV du bonhomme, est-il encore utile de le souligner ? Toujours est-il que la première partie d'"Emotional work" est un modèle de puisance chaotique quand la seconde développe une dramaturgie musicale maîtrisée de la première la dernière ligne... ce, pour se refermer sur un final intense qui trouve son prolongement naturel sur le très long et majestueux "Elusive". Une véritable ode pop électro à fleur de peau, d'une mélancolie rare, où les vocaux masculins/féminins s'entrêmelent inexorablement jusqu'à l'ultime crescendo et un épilogue en forme de "ghost track" ("Tokyo"), trip-rock et gracile. Comme un dernier mélange musical pour souligner l'étendue de la palette artistique développée par One More Season autant que son talent rare et malheureusement trop tôt disparu... Magistral... Indispensable...