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Ølten / Chronique LP > Mode

olten - mode Tiens, j'ai reçu un truc de world music à base de percus africaines... Ah non, c'est du post-hard-core sludgé quasi instrumental qui tabasse. Parce que si Ølten fait des choix douteux pour ses artworks, les Suisses ne se trompent jamais quand il faut asséner un gros coup de caisse claire ou rajouter un poil de grain à une saturation déjà énorme. A ranger alphabétiquement comme musicalement entre Moanaa (l'énorme découverte de l'année) et Omega Massif, Ølten confirme avec cette heure de musique (un peu moins mais le temps ralentit à l'écoute) tout le bien qu'on pensait d'eux et s'ils n'ont pas un article plus long qu'un "En bref", c'est que les mots (et je l'avoue le temps car on a déjà dépassé la deadline quand j'écris l'article) me manquent pour dire combien c'est beau, puissant, ensorcelant, captivant et réussi à tous les niveaux quoi que le combo fasse. Que ce soit pesant ou plus rapide ("Mamü"), avec ou sans hurlements ("Gloom" qui existe aussi en version instrumentale), intégrant ou non des parties plus douces, ça fonctionne à chaque fois alors ferme les yeux, augmente le volume, respire un grand coup et plonge.

Ølten / Chronique EP > ØLTEN

ØLTEN Nouveau venu au sein de la scène sludge helvétique qui fait mâl(e), Ølten débarque avec un premier EP éponyme composé de quatre titres qui en disent déjà long sur la capacité des Suisses à expédier dans les enceintes une belle dose de gras(titude) sonore qui remue les intestins et marque durablement l'esprit par ses saveurs particulièrement goûtues. Mais également par sa capacité à envoyer des riffs jongler entre puissance et vélocité, groove enfiévré et férocité rampante ("Péplum"). Un condensé de ce que le hard contemporain peut proposer de mieux en la matière, mais mixé à la mode suisse et appuyé par une production aux petits oignons.

On pense à Cult of Luna de par la manière qu'a le groupe de faire progresser sa narration sonore, à Russian Circles pour son amplitude post-metal/rock ("Kàpoé"), à Neurosis pour les passages les plus sauvagement intenses, la noirceur ténue doublée d'une lourdeur sentencieuse ("Tallülar"). A Omega Massif aussi par moments, mais avant tout, Ølten arrive à imposer sa griffe musicale sur des territoires sludge-rock pas si souvent explorés, grâce à cette identité artistique solidement affirmée. Basse ronronnante, riffing aussi musculeux que grésillant, mélodies pratiquant l'abrasion sensorielle comme s'il s'agissait là d'une seconde nature ("Blöm"), le groupe maîtrise son sujet et parfois même tutoie des sommets émotionnels, donnant alors à son EP éponyme tout son sens premier.

Un disque conjointement sorti par LA référence du hard au pays du chocolat et du secret bancaire, le fameux Division Records (ASiDEFROMADAY, Dirge, Rorcal, Unfold) et le label de ses compatriotes de Coilguns qui monte depuis quelques mois, Hummus Records, le premier effort signé Ølten se révèle au fil des écoutes attentives une petite pépite du genre. Un euphémisme sans doute étant donné sa provenance géographique (sorte d'assurance tous risques en termes de hard de qualité supérieure), mais tout de même une première œuvre discographique qui marque déjà durablement les esprits. On attend déjà la suite, quand le groupe devra se réinventer sur une durée adaptée au long-format, en gageant qu'il possède déjà tout ce qu'il faut pour relever le défi haut la main.

PS : la bestiole est en écoute intégrale ci-dessous.

[ch] Ølten: Bandcamp (62 hits)External ]