metal Métal > The Old Wind

Biographie > Autant en emporte le vent (du nord)

Emergeant, un peu comme Terra Tenebrosa (avec lequel le projet partage des origines communes), de la partie la plus sombre de sa Scanie natale (Suède), The Old Wind est la nouvelle inception de Tomas Liljedahl, notamment connu pour être le vocaliste de feu-Breach, formation culte de la scène hard scandinave active entre 1993 et 2001. Conçu au départ pour n'être qu'un projet exclusivement studio, comme Terra Tenebrosa..., TOW devient un véritable groupe courant 2012 lorsque Tomas réfléchit à la possibilité de transposer sur scène ce qu'il prépare au format album. Il s'entoure alors de deux ex-Breach, Niklas Quintana & Kristian Andersson et s'attache les services de Karl Daniel Liden (Vaka) avant de demander à Robin Staps (le leader naturel de The Ocean) de venir leur prêter main forte. Ce dernier est également le propriétaire d'un label (Pelagic Records, qui héberge déjà Abraham, Coilguns, Khoma, Kruger ou parfois The Ocean) et The Od Wind est en train de préparer un album, c'est donc tout naturellement que celui-ci, sort au sortir de l'hiver 2013 et via la structure allemande, sous le titre : Feast on your gone.

The Old Wind / Chronique Split > Råångest

Cult of Luna The Old Wind Råångest Quel groupe de Post-Hard-Core suédois va sortir un album en 2016 ? Il y a au moins deux réponses possibles. Bien sûr, le retour de Cult of Luna te vient immédiatement en tête mais il ne faut pas oublier The Old Wind, groupe composé entre autre d'un peu de The Ocean et de Breach. Pour rendre l'attente plus supportable, Pelagic Records nous propose un split album intitulé Råångest (qu'on pourrait traduire par "anxiété que l'on ressent quand on est tombé au fond d'un puits"). Cult of Luna s'exerce au petit jeu de la reprise en obscurcissant et étirant le "Last will and testament" d'Amebix, titre qui gagne en consistance et se retrouve méconnaissable, et ce n'est pas plus mal, cette version étant bien plus intéressante à nos oreilles ! Les deux autres titres (oui, il n'y en a que 3 pour un total d'une grosse quinzaine de minutes) sont signés The Old Wind et apparaîtront sur leur prochain album. "Wooden scythe" et "Daugthers of cleanse" sont doom et gueulards à souhait avec ce je ne sais quoi de plaintif dans la lignée d'Amen Ra. Les fans remercient Pelagic Records pour ce split et tant pis si certains rageux y voient l'occasion pour The Old Wind (plus que proche du label !) de faire parler de lui en usant de la renommée de Cult of Luna...

The Old Wind / Chronique LP > Feast on your gone

The Old Wind - Feast on your gone Avec les 3/5 du line-up composé d'ex-Breach (et les deux derniers cinquièmes réunissant également des gens de talent), The Old Wind est évidemment en gros sur le radar du W-Fenec et fatalement, à l'heure de sortir son premier méfait sonore, débarque dans la tannière du zine aux longues oreilles avec une pancarte large comme c'est pas permis au vu d'un tel background. Parce que rien que sur le papier, Feast on your gone promet plutôt du lourd, ne serait-ce que de part sa sortie sur l'un des labels du moment en matière de hard européen de qualité supérieurequ'est Pelagic Records (Abraham, Coilguns, Earthship, Kruger, The Ocean)... Et va assumer son statut de projet à suivre de très près dès l'inaugural "In fields".

Intro en moins de dix secondes avec deux samples de voix d'enfant et derrière, les éléments qui se déchaînent déjà dans un tsunami sludge/postcore/doom de l'enfer. Les riffs de plomb annoncent la couleur, les hurlements qui déchirent un ciel noir comme la tombe et une densité magmatique particulièrement prégnante achèvent de poser l'ambiance. Pas de doute, The Old Wind est donc la presque "suite" attendue de Breach, une sorte de vraie/fausse sequel dans le jargon cinématographique. Et ce, sans pour autant laisser l'auditeur se prêter au (trop facile) jeu des comparaisons. Car le groupe n'a pas ici à rougir de l'héritage de son glorieux prédécesseur, surtout lorsque ce premier morceau atteint son climax, dans un nuage de cendres et de poussières, un sommet d'intensité aussi douloureuse et viscérale qui prend les tripes de l'auditeur entre ses mains, pour les retourner selon son bon vouloir.

Un titre d'ouverture qui aura donc fait bien mieux que simplement mettre la machine en route, TOW plonge l'auditeur dans son univers, fait de clairs/obscurs opaques ("I'm dead" et sa résignation écorchée vive, "Raveneye" tout en ténébreuse décadence émotionnelle) et de métaphores sonores à la violence primale, en témoigne l'éponyme "The old wind" qui emmène l'auditeur vers les profondeurs abyssales et glacées d'un univers à la beauté méphistophélique aussi cendrée que fascinante. Virtuose d'un postcore/sludge/doom magmatique, le groupe ne cherche pas plus à en faire trop qu'à suffisamment occuper l'espace créatif pour affirmer son propos. Six titres (seulement...), mais pour une durée largement suffisante tant les auteurs de ce Feast on your gone ont su parfaitement équilibrer les choses pour aboutir à une formule qui pousse autant l'humain dans ses retranchements intimes qu'elle ébrèche ses tympans juste comme il le fallait ("Spears of a thousand"). Jusqu'à parvenir ainsi, sinon à l'oeuvre "parfaite", au moins à une maîtrise d'une redoutable efficacité ("Reign"), pour un premier effort discographique qui confirme l'excellente santé du Hard scandinave. Brillant.