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Old Man Gloom Né en 1999 à Santa Fé (Californie) sous l'impulsion d'Aaron Turner (Isis, Grey Machine, House of Low Culture, Jodis, Lotus Eater, Mamiffer, Split Cranium...) et Santos Montano (Zozobra), Old Man Gloom devient rapidement une véritable congrégation de talents de la scène post-hardcore/doom/sludge métallique nord-américaine lors du déménagement du projet du côté de Boston, où il s'enrichit des arrivées de deux éminents nouveaux membres : Nate Newton (Converge, Doomriders) et Caleb Scofield (Cave In, Zozobra).

Quelques mois après sa naissance, le projet accouche d'un premier album, Meditations in B par le biais du label Tortuga Recordings et enchaîne en 2001 par deux sorties simultanées avec Seminar II: The holy rites of primitivism regressionism et Seminar III: Zozobra. Suite à cela, le groupe livre un EP en 2003 (Christmas Eve I and II + 6) puis un quatrième album studio intitulé Christmas, toujours (comme depuis ses débuts) chez Tortuga Recordings, qui outre, les albums dOMG, a notamment sorti entre 1997 et 2010 des productions de 5ive, Tusk ou Scissorfight. Puis silence radio.

Old Man Gloom, alors que ses membres voient leurs agendas respectifs largement bookés par leurs différents groupes et autres side-projects, notamment Aaron Turner, puisque celui-ci, outre ses activités de musicien, est également un graphiste très demandé et last but not least le co-fondateur du label Hydrahead (Isis, Jesu, Pelican...). Structure via laquelle OMG va faire son retour sous les feux de la rampe en 2012, avec l'album No, son cinquième opus studio, enregistré avec le concours de Kurt Ballou (Converge, Ken Mode, Gaza, Rise and Fall, Today is the Day, Torche, Trap Them...).

Old Man Gloom / Chronique LP > No

Old Man Gloom - No Ils sont (enfin) de retour. Huit ans après leur dernier méfait studio, les Old Man Gloom reviennent aux affaires par le biais d'Hydrahead (Isis, Jesu, Pelican, Torche...), avec cet alliage de sludge/doom de plomb et de post-hardcore en acier trempé ici identifié sous le patronyme de No. Là autant dire qu'on en prend plein les écoutilles parce qu'en une petite huitaine d'années écoulées, les membres du groupe - pour rappel il y a ici du Cave In, Converge, Doomriders, Isis, Zozobra - ont emmagasiné tout ce qu'il fallait comme background artistique pour livrer un disque à la fois brutalement acerbe et sauvage, frontalement violent, insidieusement aliénant. Choc thermique assuré.

Une violence crue, viscérale qui suinte par tous les pores des sept pièces qui font suite à l'inaugurale et ténébreuse intro qu'est "Grand inversion", Old Man Gloom ne se sera caché que quelques deux minutes et vingt-quatre secondes d'une mise en place énigmatique et ambiancée, patiente mais déjà sournoisement annonciatrice d'un chaos imminent. Le calme (relatif) avant une première poussée de tension qui conduit à l'explosion de rage brute survenant lors de "Common species". Débordant de haine et de sauvagerie lourde, de cette bestialité massive qui ébrèche les tympans avec un sentiment d'accomplissement total, ce premier vrai morceau de l'album ne cherche pas à cogner pour cogner mais plutôt à poignarder l'auditeur de manière à lui laisser des traces indélébiles. Engeance diabolique d'un album nihiliste et misanthrope (d'où le No du titre ?) ce premier morceau, comme ses successeurs, refuse de manière catégorique la simple notion de concession. Quitte à provoquer de sérieux dommages collatéraux.

Des cicatrices émotionnelles le meurtrissant dans sa chair et un déferlement qui se poursuit avec un court, mais intense, "Regain / rejoin" à la bestialité maîtrisée. omniprésente. Un condensé de ce que le groupe a de plus violent en lui et qui exsude sur des compositions de la trempe d'un "To carry the flame" brutal au groove rock vaporisé par un tsunami post-sludge-doom-hardcore thermonucléaire ("The forking path"). On pense avoir tout vu, tout entendu, tout subi. et c'est alors qu'Old Man Gloom décide de laisser l'auditeur, pourtant exsangue, mariner dans un bain d'acide bruitiste se reposant aux confins du drone/ambient, avant de lui faire subir une véritable séance de trépanation auditive avec "Shadowed hands". Le coup de bluff ultime et le pire, c'est qu'il remet ça quelques instants plus tard avec "Rats". Carnassier, OMG dévore alors goulument la platine et aliène son auditoire jusqu'à le perdre sur un "Crescent" crépusculaire mais subrepticement inquiétant, puis de tout lâcher sur un "Shuddering Earth" monstrueux de puissance déflagratrice.

Rien à redire, cet Old Man Gloom-là porte en lui quelque chose de viscéral et définitif, sorte de solution ultime aux turpitudes d'un genre trop souvent galvaudé par les temps qui courent. Mais ça, c'était avant. avant que les grands mamamushis de la catégorie ne reviennent remettre les choses en place, histoire de redéfinir les règles jeu. Rien de moins. Rien que ça.