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Biographie > Octavia Sperati

Octavia Sperati a pris forme à Bergen en Norvège, au printemps 2000, lorsque la neige commence a reculer et que les esprits de réchauffent petit à petit, 3 muses venues du froid décident alors de donner corps à leurs idées musicales. Alors que les groupes quasiment féminins sont rares (les Corrs ont embauchés leur frère, et Bond c'est pas vraiment ça niveau originalité), Octavia Sperati a banni le sexe opposé du groupe et trouve Silje Røyseth en tant que première batteuse. Après nombres répétitions et quelques concerts, Tone Mitgaard vient décharger en 2001 Silje Wergeland (chanteuse) de ses parties de claviers.
Le groupe enchaîne plusieurs festivals en 2001 et fait la première partie de Enslaved à la sortie de Monumension. En 2002 Octavia Sperati sort Guilty, démo 5 titres auto-financée, puis une tourne une vidéo en mars 2004 pour le titre "Lifelines of depths" qui entre en rotation sur la chaîne norvégienne NRK2 pour 4 mois. L'année se termine bien pour le groupe qui signe alors avec Candlelight Records. Winter Enclosure sort le 9 mai 2005, composé pendant l'hiver sur ce même label.

Interview : Octavia Sperati, Octaview Sperati

Octavia Sperati / Chronique LP > Grace submerged

Octavia sperati : Grace Submerged Après avoir tourné avec Enslaved, Cathedral, Paradise Lost ou Cradle of Filth, Octavia Sperati revient avec un deuxième album condensé et dense. Dix titres, tout juste, pas un de plus, Octavia Sperati ne fait pas dans la profusion et distille ses titres au compte-gouttes. De ces dix titres ressort une impression générale homogène, quand bien même chaque titre à sa personnalité, titres calmes, titres énervés, piano impétueux, guitares hurlantes, basse vrombissante, Grace submerged fait comme les bouilleurs de cru et en condense la musique.
Basse saturée cradingue à souhait, "Going north" met en effet cap plein nord, Octavia Sperati sert de foyer, réchauffant l'atmosphère avec des guitares brulantes, un riff ultra-simple mais qui cache des cordes et introduit un piano mélodieux, le titre entier se résout autour de cette ligne entêtante, au moins Octavia Sperati élime ces idées jusqu'à la moëlle, passage calme sous tension, la batterie et la basse commence alors leur travail de sape. Quand Octavia Sperati range ses guitares et s'installe au piano, on a le droit à "Dead end poem", l'instrumental "Submerged" ou le plus étrange "Don't believe a word", des paroles un peu mièvre, mais un calme avant la tempête qui ne fait pas de mal et montre le groupe là où on ne l'attend pas, une jolie mélodie, qui puise ses origines dans un Edvard Grieg et ses airs pour piano, le tout accompagné par un violoncelle.
Alors que certains s'épanchent tout en cris, "... And then the world froze" est une symphonie presque en chuchotements, guitares puissantes et un chuchotement cosmique ou un chant presque éteint, on retrouve un des atouts d'Octavia Sperati, cette balance entre batterie chaloupée, ce chant oscillant et cette guitare qui s'infiltre entre les deux.
"Provenance of hate" se fait quant à lui un peu plus hasardeux, des bonnes idées, une bonne substance, mais un truc bizarre à la batterie qui survient tout à coup, on se croirait dans un interlude hardcore à la Dead Man in Reno, le changement de tempo n'arrangeant en rien la transition, c'est dommage, le reste du titre joue un autre atout d'Octavia Sperati, ce chant un peu plaintif soutenu par des guitares survitaminés, un piano agrémentant l'atmosphère brumeuse, reprise du riff principal, coups de pression, le titre se parre de couches de fourrures successives, une montée magique qui se termine avec sublime.
Après Winter enclosure, Octavia Sperati était attendu de pied ferme, "The final rest" aurait eu d'ailleurs sa place sur le précédent album, guitares rapides, basse lente et rigoureuse, chant qui s'élève au dessus des cîmes; avec ce Grace submerged le groupe livre un opus interessant, avec des titres écrits dans une optique différente, le piano fusionne un peu plus dans les titres, la basse se fait plus omni-présente, la voix plus discrète par moments, "Moonlit" et sa tension, "Dead end poem" et son piano, ou encore "Deprivation" avec son intro très rock sont des bons exemples de cette rupture. Pour faire la jointure, Octavia Sperati se paye le luxe de reprendre le thème de "Without air (before)" sur piano sur le final "Submerged", cette approche là est plus froide, plus sombre, un peu à l'image de ce nouvel album.

Octavia Sperati / Chronique LP > Winter enclosure

Octavia Sperati : Winter Enclosure Le point distinctif d'Octavia Sperati est avant tout la voix particulière de Silje, sa chanteuse, chaude et cristallineà la fois, que l'introductif "Lifelines of depths" permet d'apprécier dès le début de ce Winter Enclosure, que l'on rapprocherait d'un The Gathering ou Nightwish. La mélodie instrospective de "Lifelines of depths" coule doucement avec persistance et s'infiltre facilement, guitares presque en retrait, en stéréo, un synthé en contrepoint, une batterie qui marque tout les temps, ces 6 notes enjôleuses et craintives à l'attaque du refrain sont majestueuses et douces, ondulent sur un lit de saturation dentelé.
C'est une approche très rock qu'à Octavia Sperati, particulièrement dans sa manière de mettre la voix en avant, une voix très claire et aux mélodies très peu métal, très travaillées et personnelles, que l'on retrouve tout au long de ce Winter Enclosure, "Icebound" par exemple avec son intro incisive et ses lignes mélodiques tressant des mirages sonores. Composé pendant l'hiver, période d'isolement et pessimiste, Winter Enclosure contraste avec une énergie créative en attendant des températures plus clémentes.
Tone met tout son talent dans "Hunting eye" ou "Hymn" où le piano tient une grande place, particulièrement sur "Hunting eye", "Future is" quant à lui expulse sur un passage feutré basse-batterie, basse creusée, presque nonchalente et une voix indignée, le tourbillon s'accélère dans une spirale de guitares effarées.
Le public d'Octavia Sperati risque d'être hétérogène, riffs métal, "Below zero" notamment, voix magnifique, et guitares aux lignes bien huilées, des premières parties de Cradle of Filth en décembre, et des chansons très calmes "Hymn", "Icebound", et d'autres météorites sonore comme l'orgasmique "Without air (after)" qui explose de saturation, de guitares, un mur sonore binaire qui cloture cet album avec cette petite mort.