metal Métal > Obey The Brave

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Lorsque Despised Icon (deathcore) annonce son split en 2010 après huit ans d'activité, Alex Erian, son charismatique vocaliste et frontman ne reste pas bien longtemps inactif et initie Obey the Brave, un combo hardcore/metal pour lequel il s'entoure notamment de deux ex-Blind Witness. Un premier EP est très rapidement mis en boîte (Ups and downs et sort discrètement début 2012 avant que le groupe ne signe chez le poids lourd qu'est Epitaph (Converge, Every Time I Die, Propagandhi, The Ghost Inside). Décidément pressé, OTB livre son premier album au sortir de l'été de la même année. Le titre : Young blood.

Obey The Brave / Chronique LP > Young blood

Obey the Brave - Young Blood Young blood, un titre d'album pareil, soit c'est du hardcore bien méchant, soit du black-metal à destination des jeunes filles en fleur découvrant Satan et Twilight en même temps (pas facile tous les jours). Bon ici, on rassure tout de suite le lecteur, c'est la première hypothèse qui se vérifie en onze ogives HxC vs metalcore qui castagnent sec en même temps qu'elles marteau-pilonnent du décibel en mode bûcheron du Grand Nord canadien pas content. Là on moins, on sait clairement ce que l'on va prendre dans les conduits auditifs.

BIM, ça ne loupe pas : "Lifestyle" introduit brutalement son sujet avec classe et efficacité redoutable de rigueur (on n'est pas chez Epitaph aux côtés des Converge, Every Time I Die et autres The Ghost Inside par hasard). Harangue guerrière, riffing musculeux, section rythmique qui s'est offerte une petite injection de testostérone en IV, Obey the Brave pose les premières bases de son HxC bien viril avant d'accélérer le tempo en s'offrant une cavalcade punk-hardcore, chœurs à l'appui, sur le basique mais toujours aussi bien foutu "It starts today". Et l'auditeur de se rendre compte que si ça joue vite et que ça tape fort, le groupe n'a pas oublié de mettre quelques grammes de finesse au beau milieu de trois ou quatre tonnes de gros son brut.

Evidemment, en live, dans le pit, ça doit débouchonner sec les tympans et les Canadiens prouvent qu'ils ne savent pas que taper dans les vertèbres. Impression vérifiée et confirmée au crash-test par "Self-made" et son aboyeur en chef qui en met partout dans les enceintes pendant que les gaziers tentent de suivre le rythme, drôlement frénétique d'un quintet qui a quand même sévèrement la santé dès lors qu'il s'agit de propulser ses torpilles sonores dans les tuyaux. On se dit que la recette a beau être diablement burnée, elle va finir par tourner un tantinet en rond et quand ça commence à être effectivement le cas, OTB joue de quelques lignes plus rock'n'roll et typées metalcore afin de gentiment dynamiter le tout ("Live and learn", le très massif "Garde la tête froide" en français dans le texte). Là petite surprise, dans la langue de Voltaire ou celle de Shakespeare, ça envoie brutalement la sauce et on en redemande goulument.

Un interlude électro sombre plus tard ("Grim"), Obey the Brave n'évite pas, par instants, le cliché un peu bas du front du Hardcore bourrin mais terriblement répétitif passé la première demi-douzaine de titres ("Get real"), bien qu'il se rattrape en dévorant littéralement la platine CD sur des titres carnivores et sauvages ("Time for a change", "Unstoppable"). Pour ensuite désintégrer la concurrence sur un final qui là encore sur-poutre et ne s'embarrasse pas des politesses pour casser des reins et déboîter des rotules, sur l'intense "Early graves" ou le "Burning bridges" terminal et explosif, chargés en effets bien sentis. A l'image du reste de ce premier album solidement charpenté et pas avare en uppercuts hardcore bien saignants... en pleine gueule.