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Biographie > Billie ?

Norma Jean Pionner et référence de la scène metalcore US dite "chrétienne", Norma Jean est une formation originaire de Douglasville, (Georgie) située dans la banlieue d'Atlanta, active depuis 1997 et qui tient son nom du vrai patronyme de Marilyn Monroe (Norma Jeane Baker). Le groupe passe les cinq premières années de son existence dans une relative indifférence, laquelle est du reste accentuée par le fait qu'il ne sort rien, discographiquement. Ce n'est qu'en 2002 que les américains publient leur premier album studio, Bless the martyr and kiss the child via Solid State Records, label pour lequel le groupe va se révéler être une véritable locomotive (qui amènera bien d'autres futurs hits en devenir comme August Burns Red, The Chariot ou The Showdown...). Un premier effort remarqué qui va conduire le groupe à prendre quand même trois années pour réitérer avec O God, the aftermath. Un joli score dans les charts (et accessoirement une nomination aux Grammys Awards 2006) que le groupe met à profit en enchaînant dès 2006 avec Redeemer, pour l'anecdote produit par Ross Robinson (KoRn, Limp Bizkit, Machine Head, Sepultura...).
Ce deuxième album est un hit qui voit le groupe exploser à la face du monde, jouer partout en compagnie de Haste the Day ou Oh, Sleeper et susciter les attentes... qui seront comblées en 2008 par la sortie de The Anti-mother. Le meilleur score au box-office de l'histoire du groupe à ce jour. Malgré le succès ou peut-être à cause de lui, Norma Jean quitte en 2009 les rangs de son label de (presque) toujours pour rejoindre ceux de Razor & Tie (Madina Lake, Shadows Fall...). Un an plus tard, les georgiens publient Meridional, qui déçoit quelque peu, mais ne les empêchent pas pour autant de tourner massivement en compagnie d'Architects et Devil Sold His Soul.

Norma Jean / Chronique LP > Redeemer

Norma Jean : Redeemer En cette veille de grande messe populaire autour de la béatification de Karol Wojtyla aka Jean-Paul II, quoi de plus normal que de s'offrir un petit flashback sur Redeemer, album culte de la carrière de Norma Jean, depuis près de quinze ans formation leader, outre-Atlantique, de la vague metalcore dit "chrétien" ? Cela dit, on peut gloser quinze plombes sur l'état d'esprit assez conservateur du groupe, ça n'a au fait aucune espèce d'intérêt. Ce qui nous concerne par contre, ce sont donc les onze torpilles métalliques que le groupe envoie dans les conduits avec une efficacité hors du commun. On commence par le fuselé et atomique "The end of all things will be televised", on termine par un thermonucléaire "No passenger, no parasite" chargé de vitrifier le studio et entre les deux, neuf autres grenades à fragmentations qui ébrèchent les membranes les plus exercées... ça calme.

Guitares qui font saigner les tympans, une rage brute qui transpire sur les amplis par le biais de vocaux qui lâchent tout dans les micros, section rythmique qui martyrise les fûts en imprimant un tempo infernal, "A grand scene for color film" n'est que le deuxième titre présent au tracklisting de Redeemer et déjà, l'auditeur lambda rend les armes. La puissance de feu d'un croiseur et une précision chirurgicale avec visée laser, Norma Jean, frappe fort, mais précis. Et n'en met jamais une miette à côté de l'autel. Tant pis pour les tympans transformés en cratères, "Blueprints for future homes" puis "A small spark vs. a great forest" s'enfoncent tour à tour dans les brèches et marteau-pilonne à tout va, exsudant encore un peu plus cette fureur acharnée qui caractérisait déjà le tout premier titre de l'album, en sus d'une maîtrise formelle de tous les instants. Détonnant.

Les titres se suivent, les riffs s'entrechoquent, la violence se fait toujours plus abrupte et limpide, les américains empilent les parpaings, l'auditeur encaisse. Foncièrement metalcore, monolithique et animal, Redeemer n'est pourtant pas que cela, insufflant quelques doses de rock'n'roll ou de grunge à un ensemble incroyablement bien charpenté, qui, sur des titres de la trempe d'un "Like swimming circles" ou d'un "Cemetery like stage" permet au groupe de se présenter comme le nouveau spécialiste ès-équarrissage auditif de la scène metal/hardcore nord-américaine. Les décibels concassent, l'auditeur trépasse, Norma Jean tartine les enceintes avec un "Amnesty please" parfaitement dantesque, affine son swing hardcore et balance la tripaille dans les tuyaux. Un dernier shot avec "Songs sound much sadder" et on termine là avec la démonstration de force d'un groupe qui n'a jamais fait mieux depuis. En même temps, là il y avait quand même du sacré niveau... de quoi se dire qu'on ne prend pas tous les jours une raclée pareille...et à ce petit jeu-là, Norma Jean est véritablement divin. La baffe metalcore ultime qui donne envie d'aller à la messe le dimanche. Amen.

Norma Jean / Chronique LP > Meridional

Norma Jean - Meridional O God, the aftermath (2005) était une tuerie, Redeemer (2007), idem et The Anti-mother (bien que très critiqué) pas mieux. Et donc fatalement Norma Jean est devenu en quelques années un poids lourd de la scène metalcore nord-américaine, c'est un fait avéré, indubitable et plus encore d'une légitimité implacable. Pourtant voir le groupe quitter la mini-major spécialiste du genre qu'est Solid State Records (August Burns Red, The Chariot, The Showdown...) pour rejoindre l'usine à gaz Razor & Tie (Simply Red, Brand New, Angelique Kidjo, Richard Ashcroft, Twisted Sister, etc...) où il sert sans doute de caution "metal, virilité et tronçonnage des neurones" avait quelque chose de perturbant... voire assez inquiétant quant à l'avenir artistique du groupe. Economiquement par contre, ça semble être une autre histoire, cette signature devant s'accompagner d'un joli chèque. Money is money.

Le débarquement, massif, de Meridional sur la platine CD s'accompagne donc de quelques doutes... le temps de s'envoyer "Leaderless and self enlisted" puis "The anthem of the angry brides" dans les conduits auditifs et de comprendre notre douleur. Poisseux, rageurs, excellemment produits, les deux premiers titres de l'album mettent les choses au clair. Norma Jean a beau avoir changé de crèmerie, c'est à peu près la seule chose notable que l'on pourra lui "reprocher". Par contre, niveau efficacité et robustesse des compos, rien à redire : au rayon mélodie taillées pour le live et riffing animal non plus, "Bastardizer" tranche dans le lard et "A media friendly turn for the worse" envoie le gras pendant que "Deathbed atheis" et ses refrains guerriers, vient charcuter les enceintes et éparpille les morceaux façon sport. Fin du premier acte avec l'interlude "Septentrional".

Une petite pause pour souffler un peu et on remet ça avec les garçons bouchers américains et le bien nommé "Blood burner", sanguin et méchamment burné puis le trop convenu "High noise Low output". Norma Jean met tout ce qu'il a dans les chaussettes, envoie la tripaille ou joue la carte de l'intensité émotionnelle... Si dans le premier cas, ça fonctionne plutôt pas mal (brutal "Everlasting tapeworm"), dans le second, c'est quand même moins flagrant ("Falling from the Sky : Day Seven"), le groupe ne parvenant réellement à donner sa pleine mesure qu'en restant dans un registre metalcore certes classique dans sa forme mais toujours très bien foutu. Un deuxième interlude plus tard ("Occidental") avant un final en deux volets ("The people that surround you on a regular basis" et "Innocent bystanders united") quelque peu quelconques. Et s'il ne faut surtout pas qu'il musèle sa sauvagerie, quand il se lâche, il reste l'un des meilleurs représentants du genre malgré quelques défauts de fabrication et une pochette assez immonde.