metal Métal > Nojia

Biographie > "un prénom plus qu'un nom de groupe"

C'est à Toulouse et en 2007 que Rudy convainc deux potes pour monter un groupe, guitariste, il emmène dans son projet Frédéric (bassiste, déjà chez Eryn Non Dae) et Mickaël qui bien que guitariste occupera le poste de batteur jusque l'arrivée quelques temps plus tard de Franck qui prendra les baguettes et laissera Mickaël récupérer son médiator. Assumant complètement les influences de Neurosis, Isis et Cult of Luna, le quatuor veut mélanger le post-hardcore de leurs références à des constructions plus alambiquées voire psychédéliques ! Ils vont enregistrer en "live" avec Vidda (zicos chez Manimal ou Psykup, derrière les manettes pour Dwail) à la fin de l'été 2010. Il faudra attendre plus d'un an pour que le groupe puisse sortir ce premier album intitulé Solarchitect grâce à Klonosphere.

Nojia / Chronique LP > Solarchitect

Artwork Nojia - Solarchitect De la musique qui mêle la puissance du métal et la douceur de riffs lumineux, bienvenue au rayon post-hardcore où les têtes de gondoles s'appellent Isis, Neurosis, Pelican ou Cult of Luna. Comme c'est ici plus lumineux que ténébreux, on se dirigera davantage vers Khoma ou Oceansize que vers Amen Ra ou Omega Massif et comme on a absolument aucune ligne de chant, on pense plus facilement à Russian Circles qu'à Dirge. Voilà pour une partie de la liste de noms de groupe qu'on adore et qu'on peut rapprocher des ambiances développées par Nojia sur Solarchitect. Et malgré le grand nombre de combos évoluant dans ce style, les Toulousains arrivent à proposer leur truc, à nous plonger dans leur univers et à nous faire oublier tous les autres. Il faut dire que quatre de leurs cinq compositions explosent les dix minutes au compteur et que leurs constructions permettent un décollage sans heurt mais peut-être aussi sans retour...
La maîtrise technique du quatuor est impressionnante, ils ont enregistré "live" cet album et n'avaient donc pas le droit à l'erreur, à l'écoute, qui le devine ? Et on peut être irréprochable avec son instrument, ce n'est pas pour autant qu'on sait écrire une musique prenante, réfléchie, lumineuse, Nojia a donc tout et en plus a réussi à choisir un titre d'album comme un artwork qui correspond vraiment à ce qu'ils font. Des constructions solaires qui défient la gravité, voilà le message verbal, pictural et donc musical de Solarchitect. C'est aussi le nom de la quatrième plage, un gros quart d'heure avec un long passage hypnotique et un délicat moment de percussions qui m'a rappelé Agora Fidelio, l'apocalypse sait attendre son heure et le son des guitares n'en est que plus gras et gros... Un peu plus long en temps, "Fracture" est plus nerveux, plus tendu, plus stressant, d'autant plus que si la menace pèse, l'atmosphère ne craquera jamais... Comme si le groupe avait déjà donné trop d'énergie notamment sur le somptueux "Shattered species" et ses riffs rampants ou s'était trop élevé en altitude avec un "Natural surge" aux pistes tentaculaires.
Avec ce premier effot, Nojia frappe très fort et on peut parier sur le fait que ce combo devienne rapidement le chouchou des frenchies amateurs de post-hardcore instrumental et que certains programmateurs de salles obscures se battent pour les programmer...